‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 31 sur 293 · Epitre aux Romains · texte numérisé non relu

Epitre aux Romains

et Barnabe avaient raison de manger des viandes défendues avec les nouveaux chrétiens étrangers, et de s'en abstenir avec les chrétiens d'origine juive S en un mot toutes ces subtilités déjà byzantines, démontraient qu'il y avait dès lors dans le christianisme des principes de négation. Les sectes plus ou moins dissidentes vont se multiplier ; car Jésus avait si peu parlé des dogmes, « que chaque société chrétienne qui s'éleva après lui, eut une croyance particulière » *. « Theudas, Judas, ajoute Voltaire, s'étaient proclamés messies avant Jésus ; Dosithée, Simon, Ménandre, se dirent messies après Jésus. Il y eut, dès le premier siècle de l'Eglise, avant même que le nom de chrétien fût connu, une vingtaine de sectes dans la Judée. — Les gnostiques contemplatifs, les dosithéens, les cérinthiens existaient avant que les disciples de Jésus eussent pris le nom de chrétiens. II y eut bientôt trente évangiles, dont chacun appartenait à une société différente ; et, dès la fin du premier siècle, on peut compter trente sectes de chrétiens dans l'Asie Mineure, dans la Syrie, dans Alexandrie, et même à Rome ^. » Or ces discussions incessantes, si favorables au développement de l'intolérance, avaient pour cause fondamentale des survivances de la doctrine israélite dans l'esprit des nouveaux chrétiens. Les tendances politiques des anciennes théocraties réapparaissaient chez ces disciples égarés du sage GaUléen sous forme d'esprit de corps ; en un mot, la notion d'Eglise se précisait. On la trouvait déjà chez les apôtres. « Puisqu'il y a un seul pain, écrivait Paul aux Corinthiens, nous formons, tout nombreux que nous sommes, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain K » On pouvait aussi découvrir cette notion dans les Actes des Apôtres. Bientôt, elle se fortifia de dogmes secondaires, tels que « la doctrine du péché originel, la doctrine des œuvres méritoires,

\. Cf. Voltaire, Dictionnaire philosophique, crt. « Tolérance », ITI.

Page 1