‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 32 sur 293 · l^"^EpHre aux CorifUhicns, X · texte numérisé non relu

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l'antiquité et le christianisme 4Î>

celle des mérites surérogatoires des saints » '. Les apôtres, de simples propagateurs qu'ils étaient, deviendront des chefs de communautés religieuses; c'est par là d'ailleurs que le christianisme devint une religion, mais c'est par là aussi qu'il devint dangereux et entraîna à sa suite l'intolérance.

Pénétrés de cette idée, si souvent développée par Jésus, que la mort physique n'est rien ^ et qu'il faut haïr notre vie terrestre éphémère pour obtenir la vie étemelle \ ils s'enthousiasmèrent pour une dangereuse propagande où, de part et d'autre,la liberté de conscience devait nécessairement subir plus d'une atteinte. Ils avaient hâte de mettre à profit la prédiction du fondateur : «J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas dans cette bergerie ; il faut aussi que je les amène : elles entendront m a voix et il y aura un seul troupeau , un seul berger *. » Mais trop souvent ils oubliaient, dans leur zèle de convertisseurs,que Jésus avait dit aussi : « Tous ceux qui se serviront de l'épée périront par l'épée » ", et que l'apôtre Paul avait écrit : « Tout ce qu'on ne fait pas par conviction est péché ^ »

C'est ainsi qu'en passant de leur exclusivisme religieux, fondamental et légitime en lui-même,à un dogmatisme étroit en opposition directe avec la doctrine primitive, les chrétiens modifièrent la mentalité du peuple romain, le plus tolérant à coup sûr de l'antiquité païenne, et lui enseignèrent l'intolérance civile.

Le christianisme fut longtemps ignoré des Romains,oudu moins ceux-ci, pendant plus d'un demi-siècle, confondirent

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