Obioène, Karà Ké/iov. 1. III, ch. VIII
3. Voltaire, Hist. de V (tabllssemcnt du Christianisme^ XI II.
ne fut pas non pins à Tordinaire par absolutisme d'autoc rate soupçonneux, tel l'accès de fiu-eur de ce Domitien, qui persécutait aussi bien les écoles philosophiques que les sectes religieuses. Si, après que les Antonins eurent été tolérants à tel point que, sans la crainte d'un soulèvement populaire, ils eussent probablement admis le christianisme, si, dans la seconde moitié du IIP siècle, les persécutions réapparurent, et principalement dans les provinces, ce fut souvent parce que les discussions entre chrétiens et les schismes si fréquents dans cette religion à peine établie provoquaient des rixes et des meurtres incessants : c'est à propos d'une discussion de ce genre entre Carthage et Rome que l'empereur Décius, en l'an 25 1 , dut « réprimer ces fureurs par quelques supplices » '. « Souvent, a dit Voltaire, le martyr était regardé comme un apostat pas ses frères *, » Parfois aussi, les persécutions (et ce fut peut-être le cas pour celle de Dioclétien, en l'an 303) furent provoquées par des excès des chrétiens les plus exaltés à l'égard des païens ; souvent, ils se contentaient de briser les statues et d'incendier les temples, mais, parfois aussi, ils s'attaquèrent aux personnes elles-mêmes. Les outrages aux divinités romaines et le caractère politique, on pourrait même dire administratif, de cette religion d'Etat, n'expliquent-ils pas au surplus ce qu'on a voulu voir de dogmatique dans cette persécution ? C'est à ce sujet que Marillier a dit avec raison : « C'est à la colère des dieux que la populace de Rome att ri tuait bien souvent les disettes, les inondations, les défaites ; cette colère, c'était quelque outrage qui l'avait provoquée. Si les magistrats romains obligeaient les chrétiens à sacrifier aux dieux, c'était sans doute pour les contraindre à faire acte de soumission, à s'incliner devant la majesté de l'empereur : mais il n'est pas certain que ce fût là la seule raison. Les chrétiens refusaient d'adorer les dieux protecteurs de l'empire ; qui aurait pu croire que les dieux n'en