I. J. Simon, op. cit., p
l'antiquité et le christianisme 63
particulièrement moral de la doctrine, et l'absence en elle de tout dogme politique rendaient plus odieuses encore les cruautés de ses fidèles. Cette alliance offensive et défensive entre l'exclusivisme religieux et l'absolutisme civil constitua l'avènement de la véritable intolérance. Celle-ci régnera sur le monde pendant plus de quinze siècles, non pas toutefois sans contestations ni même sans restrictions.
En J.857, Jules Simon écrivait : « Depuis le jour où, par l'avènement d'un culte intelligent et fortement constitué, la liberté de conscience est devenue plus que jamais nécessaire,vou8 traverserez toute l'histoire jusqu'aux temps les plus voisins de la révolution de 1789, sans trouver un philosophe qui enseigne le principe de la tolérance civile, ni un peuple qui l'inscrive dans ses lois '. i> S'il est exact que la tolérance civile n'ait fait son apparition dans les lois européennes qu'au XVIII® siècle, n'est-il pas étonnant cependant d'entendre affirmer par un savant et un penseur des plus autorisés, et d'ailleurs à une époque où l'érudition moderne, par l'emploi d'une méthode plus scientifique, avait déjà rectifié bien des erreurs, que l'idée de tolérance ne trouva grâce auprès des moralistes qu'au jour où elle fut invscrite dans les lois ? Non seulement, en effet, on constate des appels à la tolérance dès le moyen âge, non seulement on entend les premiers chrétiens la réclamer à grands cris et pour cause, mais encore on peut trouver, dans les œuvres mêmes de certains Pères de l'Eglise contemporains de l'empire chrétien et chez les derniers représentants du paganisme, un exposé souvent doctrinal de ce principe.
D'ailleurs,lontgemps avantqu'elle fût analyséeet démontrée, la liberté de conscience avait été respectée implicite-