‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 47 sur 293 · Tbbtvllikn, Apologétique, V · texte numérisé non relu

Tbbtvllikn, Apologétique, V

l'antiquité et le (CHRISTIANISME 67

érudition construisait \ » C'est d'ailleurs à l'époque de Marc-Âurèle que Lucien, tout en se moquant de la doctrine du « sophiste crucifié » dans sa Mort de Pérégrinua, parlait cependant avec modération des chrétiens *.

Mais le seul païen qui, dès cette époque, ait nettement posé la question de la liberté de conscience, fut un oontemporain de Lucien, le philosophe platonicien Maxime de Tyr. Pour lui, « tout culte est \m hommrge phis ou moins raisonnable que les hommes rendent à la divinité ; quelques graves erreurs qui puissent s'y mêler, il repose sur le aentiment le plus élevé de notre nature; il est respectable, parce qu'il est une tentative de la faiblesse humaine pour adorer Dieu * ^ On peut donc r^arder ce philosophe comme le premier de ces tolérants à qui nous voulons consacrer notre étude, car ses idées, qui furent reprises plus tord par le paganisme persecuté,avaient alors le mérite d'être exposées par un homme qui parlait au nom de la justice elle-même, et non en faveur de telle ou teUe secte.Qu'importe en effet que l'apologiste Justin ait dit : « Rien n'est plus contraire à la religion que la contrainte » ^ ? Qu'importe que Tertullien ait affirmé : « C'est une impiété de supprimer la liberté de la rehgion, d'interdire aux hommes le choix d'une divinité, de ne point me perm^re d'honorer qui je venx et de me forcer à honorer qui je ne veux pas. Personne ne veut des honneurs oontramts, pas même un homme : n'est41 pas inique de forcer des hommes libres à sacrifier malgré eux » ' 'i Qu'importe enfin que Lactance résume ces formules en disant : «C'est^ dans la religion seule que la liberté a élu domicile. Elle est avant tout volontaire, et nul ne peut être contraint à adorer ce qu'il ne veut pas adorer. D peut le feindre, mais non pas le vouloir. Quelques-uns, vaincus par la crainte des suppli-

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