CHAPITRE PREMIER
L'Antiquité et le Christiaiiisme.
« Les plus anciennes civilisations dont le sonvenir soit venu jusqu'à nous, affirme Jules Simon, reposent sur le principe de l'intolérance ^ » Ne serait-il pas plus exact de dire que le principe des antiques civilisations orientales était en réalité la tyrannie ; cette tyrannie fut, il est vrai, sacerdotale, mais simplement par le fait que les dieux étaient alors les protecteurs et, par suite, les chefs suprêmes des peujdes qui les adoraient ; or, les prêtres étaient les indispensables intermédiaires entre ces souverains invisibles et leurs sujets: ils 4 débitaient », selon l'expression de Voltaire ', les oracles divins; en un mot, ils gouvernaient au nom de leurs dieux. L'histoire des religions et du sacerdoce chez les anciens peuples de l'Orient démontre, en effet, que la religion était alors « chose sociale » ', et qu'elle occupa toujours une place prépondérante parmi les rouages pohtiques peu compliqués de ces civilisations primitives. Comme l'a dit Voltaire, «il semble que la plupart des anciennes nations aient été gouvernées par une espèce de théocratie » \