JiTUEN. Lettre VII
72 IIISTOIKK DE LA TOLÉRANCE RELIGIEl'SE
justice contre les chrétiens, dit -il encore, ils sont plus dignes de pitié que de haine ; car il n'y a pas de plus grand malheur que d'abandonner le culte des dieux immortels pour adorer les morts et les reliques des morts *. » Et, dans cette même lettre, il protestait aussi contre les accusations des chrétiens : « Sous mon prédécesseur, disait-il, plusieurs chrétiens ont été chassés, emprisonnés, persécutés ; on a égorgé une grande multitude de ceux qu'on nomme hérétiques, à Samosate, en Paphlagonie, en Bithynie, en Galatie ; en plusieurs autres provinces, on a pillé, ou a ruiné des villes. Sous mon règne, au contraire, les bannis ont été rappelés, les biens confisqués ont été rendus. Cependant, leur fureur est telle qu'ils se plaignent de ce qu'il ne leur est plus permis d'être cruels et de 8e tyranniser les uns les autres *. p D'autre part, il faut convenir que J ules Simon fut assez mal inspiré en voyant une preuve de l'intolérance de Julien dans ce passage bien connu : « Les Galiléens qui appartiennent à l'Eglise arienne , gorgés de richesses se sont jetés sur les Valentiniens, et se sont portés dans Edesse à des excès qui ne fussent pas arrivés dans une ville bien policée. Cela nous a engagé à leur venir en aide pour raccomplissementd'unprécepteadmirable de leur loi, et nous avons fait distribuer à nos soldats l'argent de l'église d' Edesse et placé ses autres richesses dans notre trésor. Nous les avons ainsi rendus pauvres et dignes du royaume des cieux qu'ils attendent \ ^ Ceci ne prouve-t-il pas, au contraire, que Julien, en sévissant contre les chrétiens, ou plus exactement en leur imposant une amende, ne faisait que réprimer un de leurs incessants soulèvements ? C'est dans une circonstance aneJogue qu'il écrivit aux Alexandrins, meurtriers du patriarche Georges : « Quoi, au lieu de me réserver la connaissance des outrages que vous subissez, vous vous êtes laissés empciter à !a colère, vous