‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 52 sur 293 · Lettre III · texte numérisé non relu

Lettre III

'2. Ibidem.

3. Lettre XLIII. — Cf. J» Simon, op. cit., p. 117, et ibid., n»^te 2.

VOUS êtes livrés aux mêmes excès que vous reprochez à vos ennemis ! Georges méritait d'être traité ainsi ; mais ce n'était pas à vous d'être ses exécuteurs. Vous avez des lois ; il fallait demander justice *. » Enfin, nous ne pensons pas que Julien,en fermant les écoles chrétiennes, ait inauguré les persécutions perfides *, car peut-être n'avait-il pas tort de penser queles sectateurs de la nouvelle reUgion pouvaient bien étudier Matthieu et Luc ^ mais qu'ils n'étaient guère qualifiés pour interpréter la poésie, l'histoire ou la sagesse antiques, tout imprégnées de principes hostiles à leur croyance.

La preuve même que Julien ne fut jamais à vrai dire un intolérant, c'est qu'Ammien Marcellin, son panégyriste convaincu, fut en même temps le plus modéré parmi les écrivains païens de l'époque. On lui doit, en effet, un passage bien caractéristique, et surtout en conformité avec les idées de l'école alexandrine, sur la liberté de conscience : « La liberté, dit-il, et, par conséquent, la variété est pour la religion, comme pour les arts et pour les sciences, la condition du progrès et de la vie ; et l'accord absolu de toutes les opinions, ce rêve des hommes ignorants, ne peut que déplaire à l'auteur de la nature, parce que cet accord absolu n'est pas autre chose que la mort et l'extinction de la pensée *. » Point de vue singulièrement original que cette apologie de la libre concurrence dans le domaine des idées. D'ailleurs, comme le constatait déjà Montaigne, le libéralisme de cet historien philosophe était tel, qu'il ne lui permettait pas de comprendre certaines nécessités de la politique : ceci explique pourquoi, en certains cas, il crut devoir blâmer les procédés de Julien à l'égard des chrétiens. Le savant rhéteur Libanios, qui fut cependant un ami de Julien, laissa, lui aussi, échapper quelques récriminations à

1. ViU' par Voltaire, Dictionnaire philos., ait. % Apostat ».

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