Ibid. et lettre CLXXV
iî. Cf. Paul Janet, op. cit., ihid.
« Agir autrement, disait-il, ce serait rendre le mal pour le mal.Si nous voyions un de nos ennemis qui,dans le transport lie la fièvre, courrait à un précipice, ne serait-ce pas lui rendre le mal pour le mal que de lui permettre de s'y jeter, si nous pouvions l'en empêcher en l'enfermant * ? v A quoi Bayle répondait : « »Se peut-il rien voir dans le fond de moins solide que cette comparaison de saint Augustin, entre un ])hrénétique que l'on lie jk)ut l'empêcher de se jeter par une fenêtre, et un hérétique que Ton empêche par force de suivre les mouvements de sa conscience * ? » Combien saint Augustin, si confiant dans l'infaillibilité de sa religion, aurait dû méditer ce que lui écrivait un jour Maxime de Madaure : « Puissent te conserver les dieux, par l'entremise desquels nous tous, mortels qui habitons la terre, nous honorons et adorons, sous mille modes divers et dans une discordante harmonie, le père commun des dieux et des mortels ^ î »
Mais l'intolérance devait triompher, soutenue qu'elle était pa,r l'éloquence des Pères, parla puissante organisation de l'Eglise orthodoxe, enfin, et surtout peut-être, par l'opportun ^me des derniers empereurs. Valentinien P' et, jusqu'à un certain point, son second fils, Valentinien II, manifestèrent encore quelque modération ; on en profita pour les accuser de cruauté, bien qu'ils eussent montré « à tous ceux qui sont nés pour gouverner que, si deux sectes déchirent un Etat, trente sectes tolérées laissent TEtat en repos» *. Mais, sous leurs successeurs, la répression des hérésies devint plus énergique et plus sanglante ; Maxime. usui*pateur de l'empire d'Occident et compétiteur de Théodose, ne fut pas moins intolérant que cet empereur Gratien dont il avait pris la place ; sous l'impulsion d'évêques espagnols, il fit