MARILT.IER, op. cit., p
3. MiCHEt^ET. Histoire de France, 1. IV, ch. II (éd. Flammarion), t. n, p. 241.
et bientôt Frédéric Barberousse livra Amoldo au pape Alexandre VI ; tandis qu'on brûlait, selon l'usage, le réformateur, Barberousse, « homme d'ordre qui détestait les révolutions » *, laissa ses soldats égorger un millier de Romains. Mais naturellement, le pape s'inquiéta bientôt de l'indépendance que l'empereur manifestait à son égard ; ils se brouillèrent à nouveau, et,tandis que Frédéric retournait en Allemagne, Alexandre VI se réconciliait avec le peuple romain. La lutte recommençait, mais plus dangereuse pour l'empereur, car le pape avait réussi à constituer la ligue lombarde, qui devait, en définitive, obtenir par le traite de Constance l'indépendance de ritalie,ou du moins des restrictions importantes à l'autorité de l'empereur sur les régions septentrionales de la péninsule.
Enfin, lorsquel'empereur Frédéric II ,plus finet plus souple que ses prédécesseurs, voulut s'insurger, lui aussi, contre les prétentions d'Innocent III, deGrégoireIXetd'InnocentIV, la lutte prit un caractère nouveau ; la papauté s'inquiétait déjà au sujet de son domaine spirituel, et elle lança contre l'empereur des accusations tout au moins hasardées : on sait qu'on lui attribua, par exemple, le fameux opuscule De tribus impostoribu/i, avant de s'être assuré si ce pamphlet existait en réalité. Il est vraiment difficile de voir en Frédéric II un hérétique ou même un protecteur des hérétiques : « Homme d'ordre, dit Cantu, il vit dans les hérétiques des rebelles, et condamna indifféremment les sectes dualistes, en leur appUquant les lois les plus sévères de l'empire : il fit la translation solennelle des reliques de sain tCharlemagne; il honora celles de la bonne sainte Elisabeth de Hongrie, sur la tête de laquelle il posa une couronned'or,commeuntémoignage public qu'il rendait à ses miracles. Cependant, des papes l'ont accusé d'hérésie, mais de quelle hérésie sexendit-il coupable ? Voilà ce qu'on ne sait pas bien *. » Peut-