VOLTAIBE, MahoUtt ou le fanatisme, acte P^ se. I'« et IV
A des peuples sans mœurs, et sans culte, et sans rois,
Donnèrent aisément d* insuffisantes lois.
Je viens après mille ans changer ces lois grossières ;
J'apporte un joug plus noble aux nations entières.
J'abolis les faux dieux, et mon culte épuré
De ma grandeur naissante est le premier degré.
Ne me reproche point de tromper ma patrie :
Je détruis sa faiblesse et son idolâtrie.
Sous im roi, sous un Dieu, je viens la réunir.
Et, pour la rendre ilUustre, il la faut asservir ' .
Le Mahomet de Voltaire est donc un politique aux conceptions vastes, et qui voit simplement dans la religion un moyen d'action sur les peuples conquis. En apparence, sa conduite est basée sur :
.... la religion, à qui tout est soumis,
mais,, en réalité, le motif le plus puissant pour lui, c'est :
.... la nécessité, par qui tout est permis*.
S'il n'est pas lui-même un fanatique sincère, s'il avoue avoir « trompé les hommes » ^, du moins s'eflForce-t-il de fanatiser les sectateurs qui constituent son armée. Il leur rappelle l'exemple d'Abraham :
Si la Mecque est sacrée, en savez-vous la cause ? Ibrahim y naquit et sa cendre y repose :
Ibrahim, dont le bras docile à l'Eternel Traîna son fils unique aux marches de Tautel, Etouffant pour son Dieu les cris de la nature *.
Il leur dit encore :
Promettez, menacez, que la vérité règne ;
Qu'on adore mon Dieu, mais surtout qu'on le craigne * !