‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 70 sur 293 · Ibid., acte II, se. III · texte numérisé non relu

Ibid., acte II, se. III

D'ailleurs, il convient sans peine que « son cœur est né pour haïr » *, et que ♦ la persécution fit toujours sa grandeur »*. Et il semble que l'esclave Pahnire résume l'opinion de Vol^ taire lorsque, mourante, elle crie à Mahomet :

Tu dois régner : le monde est fait pour les tyrans '.

Toutefois, il ne faudrait pas conclure à la légère que l'auteur de Mah&inet ou le Fanatisme voyait dans le prophète un politique haineux et sans scrupules : on sait trop qu'avec Voltaire, il faut toujours lire entre les lignes, et que, lorsqu'il parle d' « écraser l'infâme *, ce n'est pas au fanatisme musulman qu'il songe en particulier.

Il semble cependant que Voltaire se soit véritablement illusionné sur le caractère réel de Mahomet. 11 le compare, en effet, dans son Essai sur les mœurs (supplément, IX* remarque), à Cromwell : « Tous deux, dit-il, employèrent leur esprit et leur courage à faire réussir leur fanatisme ; mais Mahomet fit des choses infiniment plus graves, parce qu'il vivait dans un temps et chez un peuple où l'on pouvait les faire. » Et ailleurs, il dit encore : * Mahomet, dans ses premiers combats en Arabie contre les ennemis de son imposture, faisait tuer sans miséricorde ses compatriotes renégats. Il n'était pas alors assez puissant pour laisser vivre ceux qui pouvaient détruire sa religion naissante ; mais, sitôt qu'elle fut affermie dans l'Arabie par la prédication et par le fer, les Arabes franchirent les limites de leur pays, dont ils n'étaient point sortis jusqu'alors, et ne forcèrent jamais les étrangers à recevoir la religion musulmane. Ils donnèrent toujours le choix aux peuples subjugués d'être musulmans ou de payer tribut... Ils voulaient piller, dominer, faire des esclaves, mais non pas obliger ces esclaves à croire Le

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