VoLTAiBE, Essai sur les mœurs, ch. IJV
s I^k T"LERJk>VK RELIGIEUSE
^ itr.^u -trcte RHioète ' La tolérance des musulmans
.;%». -^ ue oià&>aa ^jncrture Mimirable, et ne pouvaient-ils à
^ .» ir>.ii -n«uv'"r -it^ ïiiotifs d^inquiétude dans ces pêleri-
*.^r<> -^ s • 'Uj> LÙus ttoaibnfux et plus importants ? Ainsi,
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• :» irv^^uait -< 1\^ peut dire, un article d'exportation. n>fci<'< ne f-urent pas seulement intolérants : ik com-
c aa:s^ i î» u: prv^pc^. de* excès si évidents que les.
î:<. îi> A"< vlu< ûvonibles à TEelise furent eux-mêmes
♦*.»i\x^ àe W AvvHier. Voltaire s'est naturellement indigné vv:ifv * vv::e :\urvur- i^ultmique qui dura deux cents années, ^t v' .. •*.;: -s^jI'tv/.'çv r^AT î»Hires les omautos, toutes les perfidies, :■ uu^ \^ vi^ »*;;vhos, toute la démence dont la nature hu- M;A:ro o>t oai abV ♦ 11 a rappelé que, dans la première expéviiîx iK une trvHijv de on>isés, passant par F Allemagne, firent wvu à\%:v»xvtT tous les juifs qu'ils rencontreraient sur leur K»uu\ et ils AvxvmpUrent ce programme avec des raffinemou i Je oruHUte inouïs, à Spire, Worms, Cologne, Mayence oi b^îàîiotort *. Kntin, si le témoignage de l'apôtre de la to- IvUiMoe M.*mMe sxisjnvt, nous emprunterons à Guizot ces .;^iouiu\\s deuuW sur la prise de Jérusalem par les croisés : « * .; îUN v»u V>i ieataux,les lùstoriens portent à 70.000 le nom- Kv vuv% {luiNiiliuans massacrés sur les remparts, dans les •..v'ovjUvWN. vluu< W rues, dans les souterrains, partout où ils .. .v^» i-oai Ue se réfugier;chifïre supérieur à celui des habi- ,^ . , y ii.v^ lie la ville et de sa garnison. La fureur des comv^ . u >oit Je la vengeance, la férocité, la grossièreté, Tavir.v s v'u>vNN ksH {.msfiùons haineuses se satisfaisaient sans scru- \ .X %.< uv*ai Je leur sainte cause \ » Quant aux juifs, on les .,.v...-s* JiiU.s la synagogue que leur avaient accordée les
\ > V Nv >■•• "V****"* ^* '*'*'* hardiesses de M. Clair à propos d^un . \ \\». X V KV* CN« K\»HJtrirtiliot\ê contre les peuples, § 7. — D' Funk, V . .N ^x *.v>»*-.** x<* rruHi**', t. I, p. 392-3.
Turcs et on y mit le feu. La modération de celui qui reprendra bientôt le royaume chrétien de Jérusalem, de ce Salaheddin si humain à l'égard des vaincus, en paraît d'autant plus méritoire *.
Enfin, les croisades furent aussi une manifestation d'absolutisme théocratique, car elles avaient un but caché, la destruction de l'empire d'Orient, nécessaire à la centralisation de la politique européenne entre les mains du pape. Il y a certainement une grande part de vérité dans cette remarque de Micbelet : « Le monde du XI* siècle avait, dans sa diversité, im principe commun de vie : la religion ; une forme commune, féodale et guerrière. Une guerre religieuse pouvait seule l'miir ; il ne devait oublier les diversités de races et d'intérêts politiques qui le déchiraient qu'en présence d'une diversité générale et plus grande,si grande qu'en comparaison toute autre s'effaçât. L'Europe ne pouvait se croire une et le devenir qu'en se voyant en face del' Asie. C'est à quoi les papes travaillèrent dès l'an 1000 *. » Le but des croisades était si bien de détruire l'empire grec, que les croisés s'en emparèrent en 1 204, et le conservèrent pendant cinq uante ans environ. Mais plus peut-être qu'à l'empire, si faible déjà, c'est à l'Eglise grecque que Rome voulait s'en prendre. Ce furent en effet les deux papes les plus intolérants du moyen âge, Grégoire VTI et Urbain II, qui, respectivement, conçurent et organisèrent les croisades; ils comprirent qu'on ne pouvait songer à rétablir l'unité de l'Eglise latine par d'autres moyens que la destruction de sa rivale d'Orient ; c'est pourquoi ils jugèrent indispensable qu'on s'emparât préalablement de Constantinople. « Le but secret et véritable de ces grands armements était de soumettre l'Eglise grecque à l'Eglise latine (car il est impie de prier Dieu en grec ; il n'entend que le latin). Rome voulait disposer des évêchés de
1. GuizOT, ibid., p. 412-5. — Voltaike, Essai sur les mœurs, ch.LVI.
2. MiCHSLET, Histoire de France, 1. IV., ch. 111 (éd. Flammarion), t. II, p.270.
llf> IHsiTOIRE De LA Ti>LJÉttA:SCE RELIGIEFSE
l^odkie, de Xicomédie et du g»nd Caire; elle voulait faire couler Tor de FAsie sur les rivages du Tibre. L'avarice et la rapine^ déimiàées en religion, firent périr des millions d'hommes : elles app^àuvrirent ceux mêmes qui croyaient s'enrichir par le fanatisme qu^ib inspiraient '. »
Le seul motif légitime des croisades fut un motif absolument tmiêpendant du sentiment religieux, une survivance vfune des particularités les plus caractéristiques des peuples barbares avant la domination chrétienne : l'esprit d'aventurvs: et le réveil de ce penchant pour les entreprises lointaines s'expliquait d^ailleiws facilement à cette époque « d'oisiveté intellectuelle et de vie durement monotone » ', où seules les guerres étaient une occasion de secouer l'ennui et la torpeur d'une existence à la fois triste et rude.
Cest prêt isément à ce point de vue que les croisades eurent un résultat utile et certainement imprévu de leurs organisateurs.Condurcet a fort bien mis en relief la curieuse contradiction qui existe entre le but poursuivi par les papes et le résultat le plus important et le plus réel des croisades. « L'enthousiasme religieux, dit-il,entrama les Occidentaux H la eonciuête des lieux consacrés, à ce qu'on disait, par la mort et par les miracles du Chri8t,et en même temps que cette fureur était favorable à la liberté par l'aflfaiblissement et pai- Tappauvrissement des seigneurs, elle étendait les relations des peuples européens avec les Arabes, liaisons que déjà leur mélange avec les chrétiens d'Espagne avaient formées, que le commerce de Pise, de Gênes, de Venise avait cimentées. On apprit la langue des Arabes, on lut leurs ou\Tages, on s*instruisit d'une partie de leurs découvertes ; et, si Tonne s^éleva pas au-dessus du point où ils avaient laissé les sciences, on eut du moins l'ambition de les égaler. — Ces guerres, entreprises par la superstition, 8er\irent à la détruire. Le sjHH^tacle de plusieurs religions finit par inspirer aux hom-
l. Voltaire, Poème de Jean Plokoff aur les affaires présentes, IX. i, Vi. OrizoT, Histoire de France, t. I", p. 366.
mes de bon sens une égale indiflEérenoe pour ces croyances également impuissantes contre les vices ou les passions des hommes, im mépris égal pour l'attachement également sincère, également opiniâtre, de leurs sectateurs à des opinions contradictoires *. »
Cette influence salutaire ne devait malheureusement pas donner de résultats immédiats. La papauté devant l'échec des croisades,réfléchit qu'il valait mieux, pour le moment,songer h maintenir sa domination à l'intérieur de l'Europe que chercher à l'étendre sur d'autres contrées. En cette môme époque où la féodalité française dut s'incliner devant la prépondérance définitive du pouvoir roy aljl'Eglise, plus heureuse,réufcsit à réprimer une hérésie puissante qui s'était organisée et rapidement propagée dans le midi de la France. L'histoire de cette trop fameuse croisade contre les Albigeois n'aurait aucun rapport à notre sujet, si cette lutte n'avait provoqué la création d'un nouvel instrument d'intolérance : l'Inquisition. « Ce tribunal de l'Inquisition, a dit Jules Simon, sur lequel l'indignation se concentre, ne fut qu'une forme plus savante d'une ancienne intolérance. Comme il eut des greffiers pour écrire les noms des victimes, et des autodafés pour les brûler en cérémonie, il a laissé des souvenirs plus éclatants et plus vivaces que les persécutions antérieures. L'Inquisition estencore aujourd'hui la personnification de l'intolérance, avec son double caractère de perfidie et de cruauté. L^n inquisiteur, dans les souvenirs et dans les ressentiments de la foule, est à la fois un espion et un bourreau ^. » Rien de plus exact : ce sont les registres de l'Inquisition qui doiment à cette création nouvelle une importance toute particulière ; car les manifestations de l'intolérance se trouvèrent ainsi cataloguées, ce qui i)ermit aux historiens modernes de rectifier bien des erreurs et de venger bien des crimes. Mais c'est précisément ce fait d'avoir organisé un tribunal ecelésiasti-
1. CoNiX)RCET, Esquisse... des progrès de V esprit humain, p. 137.