‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 75 sur 293 · Marillikr, op. c//., p · texte numérisé non relu

Marillikr, op. c//., p

elle n'est, à vrai dire, qu'une application de la morale socratique : « Les choses justes et tout ce qui se fait par vertu sont choses belles et bonnes, et ceux qui les œnnaisseni ne peuveni leur préférer autre cho.^e ^ » Socrate, et tous ceux qui pensèrent ainsi, avaient de la raison humaine une idée vraiment trop favorable ; quelle que soit la force inhérente aux notions morales justes et nécessaires, il est évident que jamais elles ne s'imposèrent d'elles-mêmes et de prime abord : touiours il leur fallut soutenir des luttes contre les préjugés, absurdes en général et parfois cruels, et toujours elles ne durent la victoire qu'à l'influence de certains vulgarisateurs dont l'intelligence et la verve agissaient puissamment sur les foules.

Cependant, il y a dans les idées utiles une force d'expansion invincible ; elles s'affirment lentement, graduellement en général, mais du moins on n'en peut arrêter la marche ; et Diderot n'avait pas tort lorsqu'il disait : « Instniire une nation, c'est la civiliser > ; car les principes justes se transforment toujours avec le temps, et k l'aide des esprits novateurs, en lois sociales. Mais encore faut-il que ces idées se révèlent, et qu'on ne les empêche ni d'éclore ni de se répandre. Or, ce fut précisément la préoccupation constante de l'Eglise au moyen âge que de s'opposer par tous les moyens à l'éclosion des idées nouvelles et à leur vulgarisation. « Quand le clergé, dit Jules Simon, vit sa domination intellectuelle et son influence temporelle solidement établies, il ne songea plus qu'à se maintenir. Attentif au moindre bruit pour l'étouffer, on eût dit qu'il voulait seul élever la voix dans l'univers soumis et silencieux. De la doctrine chrétienne ses prétentions s'étaient étendues à la politique, à l'ordre .«social, aux lettres, à la science. Sacrés et protégés par lui, les souverains n'hésitaient pas à exécuter ses décrets. Ils croyaient obéir à Dieu, en obéissant aux prêtres. Ils comprenaiertt confusément que l'Eglise leur donnait les âmes

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