‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 76 sur 293 · Xênopuon, Mémorables, m · texte numérisé non relu

Xênopuon, Mémorables, m

de ceux dont, sans ce secours, ils n'auraient possédé que les corps *. *

Souvent, on a reproché à Voltaire sa haine ou du moins son mépris pour le moyen âge : certes, il y eut de sa part ignorance et incompréhension de cet art, si peu plastique, mais où Tascétisme s'aggravait de mysticisme. Voltaire, ne l'oublions pas, est avant tout im classique ; toutefois, il est aussi xm intellectuel ; il préféra toujours les idées aux formes: mais quelles idées pouvaient lui plaire dans cette période de ferveur religieuse, de superstition et de fanatisme ?

Car c'est en vain que les apologistes modernes de la civilisation chrétienne ont voulu réhabiliter le moyen âge à tous points de vue; tentative utile, d'ailleurs, en ce qui concerne l'art, et peut-être même la littérature, mais dont le résultat le plus important fut à coup sûr d'avoir mis en relief l'influence néfaste de l'oppression ecclésiastique sur l'évolution de la pensée humaine. D'abord, on a voulu nier que le moyen âge ait été triste. « Parmi les nombreux préjugés littéraires, dit Cantu, dont ces déplorables écoles de nos jours se sont servies pour obscurcir les intelligences, il en est un qui fait du moyen âge une époque sombre, mélancolique, de pénitences et de jeûnes, de pèlerinages et de flagellations, de démons et de sorciers ; ime époque où la menace de l'autre vie troublait la vie présente, en faisant un désert aride, un asile expiatoire, où les âmes tremblaient devant les puissances mystérieuses, avides de la douleur, et qu'on ne pouvait fléchir que par la douleur ^. » C'est bien là, si l'on s'en rapporte aux données accumulées par la critique moderne, un tableau exact de la vie humaine durant ces huit ou dix siècles qui séparent la fin de la domination romaine du début de la Renaissance. Mais le défenseur de l'Eglise ne l'entend pas ainsi ; il affirme que, nulle part et à aucune époque, il n'y eut plus de sympathie, d'humanité que

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