‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 78 sur 293 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

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providence divine ; vandalisme maladroit, qui prouvait combien le christianisme se sentait impuissant à lutter dialectiquement contre une philosophie même primitive.

A toute innovation, l'Eglise s'inquiétait. Au XI^ siècle, Lanfranc se méfiait déjà des «piperies » de la philosophie aris< totélicienne ; deux siècles plus tard, on défendit, mais en vain, la lecture publique des œuvres d'Aven'oès ; le péripatétisme des Arabes et le néo-platonicisme n'en devaient pas moins imprégner la philosophie scolastique; mais on sut, il est vrai, les rendre inoffensifs par de subtiles interprétations. En un mot, comme disait Voltaire, on passa simplement * de l'ignorance sauvage à l'ignorance scolastique ji» *. On encourageait les clercs, dès le IX* siècle, à faire des sermons en langue vulgaire plus accessibles à la multitude ; mais l'EgUse s'inquiétait lorsqu'on traduisait des passages des livres saints ; c'est dans le même esprit que le pape Jean XXII recommanda, dans une bulle datée de 1325, d'entourer d'ime surveillance aussi étroite que possible l'enseignement des langues orientales *. Peut-être même faut-il regarder comme un procédé destiné à entretenir les superstitions ce rituel barbare par lequel l'Eglise excluait les lépreux du monde vivant ^ ; mais peut-être aussi n'y faut-il voir qu'une preuve de l'ignorance dans laquelle était tombé le clergé lui-même à force d'obscurantisme.

Pour ne citer que deux grands exemples de l'intolérance philosophique de l'Eglise au moyen âge, rappelons les noms célèbres de Roger Bacon et d' Abailard. Le premier fut condamné propter quasdam novitates suspectas *, et en particulier parce qu'il voulait qu'avant d'admirer Aristote, il fallût le comprendre, parce qu'il appelait Thomas d'Aquin : vir erroneics et famosris, et enfin parce qu'il se permettait de

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