Cf. J. Simon, op. cit., p. 122, note L
2. MiCHELET, Histoire de France^ I. VI, ch. I**^ (in éd. Flammarion), t. IV, p. 320-2.
provoqué par ceux que l'Eglise avait initiés à la philosophie antique, et dont eDe n'avait pu brider la pensée, ni pai* ]a tyrannie des dogmes, ni par la lourdeur de la logique scolastique.
Toute cette campagne menée par l'Eglise contre l'indépendance des philosophes devait donc échouer. « C'était, dit Jules Simon, même au moyen âge, une tâche difficile que d'enchaîner ainsi la pensée. Ces barbares étaient des hommes, pourtant; ils avaient les passions et toutes les aspirations de l'homme. 11 y a eu, n'en doutons pas, bien des Luthers avant Luther ; bien des Galilées, bien des Descartes avant Galilée et Descartes. L'histoire, aujourd'hui si pénétrante, ne saura jamais tous les efforts contenus, toutes les tentatives avortées, toutes les éloquences rendues muettes, tous les génies réduits à l'impuissance '. » Il ne faut pas songer, en effet, à reconstituer complètement l'histoire de la pensée libre au moyen âge ; on ne peut même songer à établir un historique succinct de la notion de tolérance, à cette époque où le fanatisme n'admettait pas même les protestations platoniques. Tout ce que l'on peut faire, c'est rechercher quels furent les écrivains et les penseurs du moyen âge qui professèrent une doctrine favorable au réveil de l'idée de tolérance.
Pour que cette notion fût admise,' trois conditions devaient être réalisées : d'abord l'avènement d'une philosophie rationaliste qui fût poussée logiquement jusqu'au relativisme ; puis la conception de la nature réeDe des religions, de leur essence toute sentimentale et non plus poUtique, ce qui, à cette époque, ne pouvait résider qu'en la notion de l'indépendance du pouvoir temporel à l'égard du pouvoir spirituel; enfin, une certaine transformation de la mentalité