Cf. Copuey-Cbristie, op. cit., p. 24 sq
ne le sont pas pour la religion *. Malgré l'intolérance de l'Eglise, ces tendances nouvelles se manifestèrent bientôt dans toute la péniasule, et cette philosophie relativiste fut d'ailleurs favorisée par le voisinage devenu immédiat entre l'Italie et les conquérants musulmans de la Grèce *. Les principes de l'islamisme et, d'autre part, les doctrines de l'Eglise grecque, longtemps dissimulés par les clercs, ou déformés à plaisir lorsqu'ils daignaient en parler, furent alors examinés en eux-mêmes, ce qui était la condition nécessaire, sinon suffisante, pour qu'ils fussent jugés équitablement. Ainsi, la science des religions se coastituaît, à l'état purement embryonnaire, il est vrai, mais dans une mesure assez large pour que, chez les philosophes, le conflit entre les divers dogmatismes religieux et métaphysiques fît naître cet état d'esprit que les sceptiques grecs appelaient la sus- I)ension du jugement, et qui paraît être la résultante du rationalisme et de son complément logique indispensable : le relativisme. Voici donc une des principales conditions nécessaires à l'établissement de la tolérance qui semble prête à se réaliser.
Mais c'est seulement au milieu du XV*' siècle qu'un fait d'une importance capitale va donner une puissante impulsion à ce mouvement philosophique, et en modifier aussi la direction générale et pai^ suite les conséquences : vers 145(» parurent les pre&iîères Bibles imprimées. Jusqu'alors, les manifestations de la pensée s'étaient trouvées en général isolées, ou du moins n'avaient pu se répercuter au delà d'un cercle assez restreint, où il avait été facile à la censure ecclésiastique de les localiser, puis de les étouffer *, Du jour où fut inventée l'imprimerie, du jour où, pour dix florins, on put lire, et même avec plus de facilité, un livre qui en valait auparavant cent cinquante, n'est-il pas compréhensible que