Cf. CoNDORCET. Progrès de V esprit humainy p
dès lors la scienc^e, qui restait encore l'apanage d'une classe privilégiée, se soit bientôt répandue à travers toute l'Europe, et que les principes nouveaux, lentement élaborés au cours du moyen âge, aient, en moins d'un siècle, provoqué une formidable et multiple réaction contre la théocratie oppressive de l'EgUse.
L'invention de l'imprimerie explique surtout une des tendances nouvelles : l'humanisme ; et c'est ici que dévia le courant initial de la Renaissance. On vint à l'antiquité par intérêt pour les doctrines des anciens, pour leur philosophie ; mais c'est par leur art surtout qu'on fut ébloui. Ainsi le rationalisme devint paganisme, ainsi sur le scepticisme se greffa l'épicuréisme, ainsi enfin s'établit une nouvelle conception de l'idéal humain, d'où toute notion religieuse ou même simplement morale fut écartée, où l'on substitua le <t beau * au ^ bien «>, où la virlù consista simplement pour l'homme à faire de sa vie une œuvre d'art par un exercice Pubsolument libre et normal de ses facultés physiques et intellectuelles.
Ce qu'il y eut de plus important dans cette évolution de la Renaissance, c'est qu'elle sembla agir favorablement sur l'esprit des papes. Certes, vis-à-vis des Italiens, la papauté n'avait jamais témoigné d'une aussi grande sévérité qu'à l'égard des autres peuples soumis à sa domination tout au moins npirituelie. L'Italie, d'ailleurs, <le par son éclectisme même, n'était pas portée à l'iiérésie proprement dite ; elle était plus philosophe que théologieime, et sa tolérance se jjrésentait sous cette forme, la plus complète d'ailleurs, qui frise l'indifférence. Pour elle comme pour son François d'Assise, la religion était une question d'amour et d'enthousiasme, elle était basée sur le sentiment et non sur les dogmes, sur r initiative et la sincérité et non sur l'obéissance ou sur la terreur * ; en élargissant ainsi son orthodoxie, l'Italien n'en sentait plus le joug, et, d'autre part, réussissait toujours à