Cf. Bulle Inter muUiplice* d'Alexandre VI. W
ardente et voluptueuse, où jamais le christianisme n'avait pu établir ses dogmes primitifs de renonciation et d'ascétisme.
De ce retour à la nature résulte le positivisme des Guichardin et des Machiavel, avec qui la politique passera, sans intermédiaire, de l'état théologique à l'état positif. N'est-ce pr.s Guichardin qui résumait son opinion en matière religieuse dans ce simple précepte : ♦ Ne vous mettez jamais en opposition avec la religion, ni avec les choses qui paraissent dépendre de Dieu, parce que cet objet a trop d'empii'e sur l'esprit des sots » * ?
D'autre part,dans r£glise,la contradiction entre ces tendances nouvelles et la doctrine morale ducatholicismedevait naturellement provoquer des scandales. Déjà les controverses des deux siècles précédents et l'apparition dans l'éloquence de la chaire du burlesque,ou plus exactement du trivial (procédé que Luther devait bientôt utiliser h son tour), avaient singulièrement modifié l'aspect général de l'Eglise chrétienne en révélant ses faiblesses et ses contradictions. Les abus de ]a papauté avaient soulevé les protestations indigni^îs de Pétrai^que et de Dante, qui tous les deux d'ailleurs vécurent à la cour pontificale et furent par conséquent à même de juger en toute connaissance de cause. Bientôt,Boccace, moins passionné mais plus sarcastique, flagellera les vices et les désordres des moines, raillera les vendeure de reliques dans son Frère Cipolla, stigmatisera les fausses conversions dsbnsSire Ciappelleto, tout en manifestant d'ailleurs ses tendances rationalistes dans sa célèbre nouvelle : VAnnello, On s'indignait que l'Eglise osât s'abandonner aux excès les plus contraires à sa doctrine au moment même où, poiu* quelques opinions nouvelles, ses chefs faisaient brûler Jean Huss, massacrer les partisans de son hérésie, et jeter p.u vent les cendres de Wiclef . Il serait fastidieux d'énumérer