A^Bante, Divina Comtdiay Parad., XXIX
toutes les satires que Poggio, Spagnuoli le Mantouan, Vinciguerra, Jovianus Pontanus, et d'autres encore lancèrent contre le clergé et les ordres religieux. Il convient de rappeler cependant les imprécations que TArétin adressait aux moines dans son LihelluiH contra hypc>cri(u8 *. Les « libertins « italiens ne faisaient d'ailleurs que manifester,sous une forme littéraire, les opinions que partageait la majorité du public. T^a meilleure preuve en est que les chrétiens les plus convaincus et les plus sincères étaient les premiers à signaler les abus de la cour pontificale et la décadence morale de TEglise.Clémengis décrivait à Gerson tous les trafics qui déshonoraient la cour de Rome, et, en I5l2, un neveu du fameux Pic de la Mirandole osait lire devant le concile de Latran, et en présence de Léon X, un mémoire De reformandis moribns que les réformés réimprimèrent en 152 J '.
On sait d'ailleurs que la papauté, tant par sea prétentions politiques que par ses abus de toutes sortes, semblait s'efforcer de justifier ces attaques. Un pontife tel qu'Alexandre VI ne craignait pas de faire brûler le mj'stique Savonarole, que l'on ne pouvait même accuser d'hérésie, mais dont les attaques passionnées étaient dangereuses pour le pouvoir ecclésiastique. Jules II, en cherchant encore à affermir le pouvoir temporel de la papauté, suscitait des protestations émanant de polémistes les plus divisés en toute autre occurrence, tels que Guichardin, Budé, Eraj^me et Hutten. Mais, en même temps, il s'abandonnait déjà au mouvement artistique de la Renaissance, qui bientôt, sous Léon X, allait faire triompher les tendances prof ânes à la cour pontificale. Ce nouveau pape fut élu en 1513, à l'époque du cinquième concile de Latran. On commençait à redouter que l'imprimerie ne favorisât dans une trop large mesure le développement de la pensée libre, et le concile institua par décret la censure ecclésiastique sur toutes les publications imprimées.