Acte général de Bruxelles (2 juillet
Les puissances colonisatrices constatèrent que la
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liberté du trafic des armes rendait impossible la pacification des pays africains et contribuait à la dépopulation. L’alcoolisme exerçait aussi des ravages effrayants, et d’immenses territoires étaient menacés de devenir déserts. Les nations civilisées comprirent la nécessité d’une nouvelle entente. L’Acte général de Bruxelles défendit d’introduire en Afrique des armes, des alcools, tout ce qui pouvait être nuisible. Il fut prescrit des mesures préventives pour arrêter la contrebande de guerre. Ces dispositions ne furent pas observées, comme nous le montrerons dans la relation de la campagne du Dahomey.
Divisions de l’Afrique.
L’occupation de l’Afrique se fit avec tant de rapidité, que, dès 1890, il n’y avait plus un territoire inoccupé sur les côtes. L’Acte général de Berlin avait complété les principes du droit international et établi un droit public colonial. Aussi, à partir de 1885, malgré toutes les explorations, les missions et les expéditions rivales, les conflits furent évités par de nombreuses conventions, souvent remaniées. Peu à peu, les délimitations se trouvèrent fixées.
A l’heure actuelle (1912), les seuls Etats indigènes indépendants sont l’Abyssinie et la République nègre de Libéria (le Maroc est passé sous le protectorat de la France, et la Tripolilaine sous celui de l’Italie ; l’Egypte est occupée par l’Angleterre). Tout le reste du continent est au pouvoir des puissances européennes ci-après :
1° La France, qui a la plus grande partie du territoire;
2° L’ Angleterre, qui possède la Gambie, le Sierra- Leone, la Côte -de -l'Or, le pays des Achanli, l'Afrique australe, l’Afrique orientale, l’Egypte, le Soudan anglo-égyptien, des ports sur la côte des Somali; puis, parmi les îles, Ascension et Sainte-Hélène, dans l’ Atlantique, l'île de France et Rodriguez, les îles Séchellcs, dans l’océan Indien;
3° L’Allemagne, qui, arrivée en dernier lieu, n’est pas moins parvenue à gagner rapidement un domaine colonial considérable; il comprend le Togoland, le Cameroun, le Sud-Ouest africain, l’Est africain;
4° L’Italie, qui a la partie orientale de la côte des Somali, l'Erythrée, sur la Mer Rouge, enfin, la Tripolitaine;
5° L’Espagne, qui occupe toute la côte méditerranéenne au nord du Maroc et Larache à l’ouest, avec tous les territoires situés au sud de celle côte, sur une profondeur variant de 40 à 80 kilomètres; la région environnante cl’Ifni, à l’ouest du Maroc, jusqu’au Riode-Oro (1); le Rio-de-Oro, sur le littoral saharien; l’archipel des Canaries; les îles Fernando-Po et Annobon, au fond du golfe de Guinée; en face, la Guinée espagnole ;
6° Le Portugal, qui garde encore les colonies considérables de la Guinée portugaise, d’Angola et de Cabinda, sur l’ Atlantique; de Mozambique, sur l’océan
fl) Ces possessions, fixées par un traité secret de 19U4, passé entre l’Espagne et la France, ne sont pas encore délimitées et donnent lieu à des pourparlers diplomatiques; mais l’accord s’est établi, et le traité doit être signé au mois de novembre 1912.
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Indien; avec les îles du Cap-Vert, l’îlc du Prince et Saint-Thomas ;
7° L’Etat indépendant du Congo, qui est devenu une colonie de la Belgique depuis 1908.
One d’efforts héroïques, que de sang versé, que de sacrifices sublimes représente l’empire africain qu’a obtenu la France ! Que de luttes incessantes contre des adversaires tenaces et sournois qui multipliaient les embûches sous les pas de nos explorateurs et qui jetaient sans cesse des hordes sauvages sur nos officiers et sur nos troupes ! Que de dévouements pour vaincre tant de difficultés opposées par les hommes, par le climat, par le sol ! Et l’histoire n’en a récompensé qu’une infime partie ! Combien demeureront ignorés, et ce ne sont pas les moins méritoires ! Que d’humbles ont accompli des prodiges et dont nous ignorons le nom !
Notre pays, trop absorbé par des incidents sans valeur, par des disputes mesquines, par des rivalités d’ambitions politiques, plutôt méprisables, n’a pas assez porté son attention sur ces dévouements et ces courages, sur ces exploits lointains, sur ces milliers de combats meurtriers, qui ont absorbé l’existence des meilleurs de ses enfants, fanatisés par l’espoir de contribuer à faire une France plus grande, plus riche et plus glorieuse.
Hisl. V République.