‹ Histoire de la Troisième République de 1897 à 1899Chapitre 13 sur 54 · DÉBATS AU PARLEMENT (DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉBATS AU PARLEMENT (DÉCEMBRE

Le gouvernement eut à répondre à trois questions posées par MM. Sembat, Castelin et le comte d’IIénin. M’. Méline, président du Conseil, afin d’empêcher toute discussion, s’empressa de faire la déclaration suivante : « Pour rassurer la conscience publique sur ce qui s’appelle l’affaire Drey fus. je dirai tout de suite — ce qui sera la parole décisive dans ce débat — qu’il n’y a pas d’affaire Dreyfus. 11 n’y a pas en ce moment et il ne peut pas y avoir d’affaire. » 11 s’éleva contre la campagne de presse qui faisait sortir cette cause du domaine judiciaire par une instruction parallèle dans les journaux, qui pouvait « exposer le pays à des difficultés imprévues ». La question fut transformée en interpellation, et M. Méline ne put en obtenir l’ajournement. M. de Mun s’étonna de ne pas voir, dans un débat aussi grave, le ministre de la guerre à son banc. On le fit appeler. Le général Billot monta à la tribune pour affirmer une fois de plus que l’affaire avait été « régulièrement et justement jugée ». Il approuva l’enquête que le général de Pellieux avait « poursuivie avec loyauté, avec rapidité, avec conscience ».

— Pourquoi, demanda M. Millerand, le ministre n’a-t-il pas usé de la faculté que lui donne la loi sur la révision des procès?

— Parce que. répondit M'. Méline, M. Sclieurer- Kestner n’a apporté aucune pièce probante et s’est contenté d’indiquer la loi du 8 juin 1S95.

M. Millerand prit à partie M. Scheurer-Kestner, puis M. Reinach.

Troisième République 1 18' 17-1890)

HISTOIRE 1 >l£ LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE

La Chambre vota un ordre du jour affirmant le respect de la chose jugée (484 voix contre 18), rendant hommage à l'armée (511 voix contre 18), et flétrissant la campagne de révision (148 voix contre 73, à la séance de nuit).

Les attaques de M. Millerand lui valurent un duel au pistolet avec M. Reinach. Des balles lurent échangées sans résultat (5 décembre).

Au Sénat, M. Scheurer-Kestner interpella à son tour, le 7 décembre. Il expliqua sa conduite et demanda pourquoi le bordereau, qui avait déterminé la condamnation, n’avait pas été examiné dans l’enquête du général de Pellicux, malgré , son insistance (1). Le général Billot affirma encore le bien jugé du procès de 1894 et se refusa à toute action qui remettrait ce jugement en question. Mais il se trouva engagé à promettre une expertise, et le Sénat accorda un vote de confiance.

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