‹ Histoire de la Troisième République de 1897 à 1899Chapitre 40 sur 54 · ENQUÊTES · texte numérisé non relu

ENQUÊTES

Un incident se produisit, à la suite des comparutions de M. Picquàrt. M. Quesnay de Bcaurepaire, président de la chambre civile, donna sa démission avec éclat le 8 janvier 1899, quoicpie n'ayant pas encore droit à sa retraite — - qu’il perdit — ■ pour dénoncer la partialité de certains membres de la Cour de cassation dans l’enquête en cours. Et il publia, dès le lendemain, dans YEcho de Paris , une série d’articles où il exposa les causes de sa démission, exprimant son indignation de la conduite de quelques-uns de ses anciens collègues qui avaient ouvertement manifesté leur opinion en faveur de M. Picquàrt. Il annonça « qu’il frapperait d'inanité l’arrêt qui se préparait et qu’il vengerait notre armée et scs chefs des injures qu’il leur fallait subir en silence ».

Déjà, un député, M. Massabuau, avait demandé au garde des sceaux, en décembre, une enquête sur l’attitude de certains membres de la Cour de cassation, et celui-ci en avait chargé M. Mazeau, premier président, qui, après avoir reçu les déclarations de M. Ouesnay de Beaurepaire, de M. Loew,. président de la chambre criminelle, de M. Bard, conseiller, de M. Ménard, greffier en chef, et du capitaine de la garde républicaine Herqué, avait fourni un rapport à la suite duquel une note de l’agence Havas avait annoncé que les accusations lancées avaient été reconnues sans fondement (31 décembre).

Mais, après la démission de M. Oues îay de Beaurepaire, M'. Lebret. garde des sceaux, ordonna, le 12 janvier 1899. à M. le premier président Mazeau

d’ouvrir une seconde enquête, avec l'aide de deux conseillers, qui furent M. Dareste, doyen de la chambre civile, et M. Voisin, doyen des la chambre des requêtes, après MM’. Petit et Lepelletier, éliminés parce qu’ils s’étaient occupés de la demande de révision. Après avoir entendu beaucoup de témoins, entre autres M. Cavaignac, le général Roget et le capitaine Cuignet, cette commission conclut que, sans suspecter « ni la bonne foi ni l’honorabilité des magistrats de la chambre criminelle, il serait sage de ne pas laisser à cette chambre seule la responsabilité de la sentence définitive ». Elle avait constaté un « déchaînement inouï de passions ». Après l’instruction, les juges pouvaient « n’avoir plus le calme et la liberté morale indispensables » (27 janvier).

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