‹ Histoire de la Troisième République de 1897 à 1899Chapitre 7 sur 54 · I.E FAUX DU COMMANDANT HENRY · texte numérisé non relu

I.E FAUX DU COMMANDANT HENRY

A ce moment, le commandant Henry, qui connaissait les sentiments et les intentions du lieutenant-colonel Picquart et qui les combattait par tous les moyens en son pouvoir, résolut de détruire l'effet de ses recherches et de ses efforts en fabriquant une pièce secrète destinée à démontrer, de façon irréfutable, la culpabilité de Dreyfus. Le 31 octobre 1896, il reçut, par le cornet habituel, une lettre sans signification, écrite par l’attaché militaire italien Panizzardi, qui coopérait avec Schwarzkoppen pour l’espionnage. Conservant l’en-tète et la signature, il les mit sur une pièce de 1891, pour remplacer les mêmes fragments qu’il enleva sur cette dernière. Il eut ainsi un en-tête et une signature pour son faux qu’il rédigea ainsi qu’il suit (1) :

Mon cher ami, j'ai lu qu’un député va interpeller sur Dreyfus. Si on me demande, à Rome, nouvelles explications, je dirai que jamais j’avais des relations avec ce juif. C’est entendu ! Si on vous demande, dites comme ça. Car il faut pas que on sache jamais personne ce qui est arrivé avec lui. — Alexandrine.

(1) L’emploi de ces fragments permit plus tard au capitaine Cuignet de découvrir le faux, les quadrillages des papiers n’étant pas exactement pareils.

Profitant de l’absence du lieutenant-colonel Picquart, le commandant Henry remit ce faux au général Gonse, qui le porta au général de Boisdeffre. Ce dernier le transmit au ministre de la guerre.

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