‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 13 sur 145 · CRISE MINISTÉRIELLE DE DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

CRISE MINISTÉRIELLE DE DÉCEMBRE

l'exclusion de rUaiou républicaiae. Celte erreur va ae contî- Duer sous les deux Ministères suivants, au grand détriinenl de le chose publique, au détriment de l'apprenlissage parlementaire des députés, au détriment de l'éducation de la démocratie. C'est dans des coaditioas relativement favorables, quoi qu'il en ait dit le 4 Décembre, que M. Waddington avait pris la direction des alFaîres au 4 Février. Le lendemain de l'élection de H. Grévy,il sufQsaitd'un peu de netteté de vues et de fermeté de main pour gouverner avec suite, sinon avec éclat, pour choisir un personnel respectueux de la Conslilution, pour faire voter des lois utiles, pour contenir et dominer un Parlement dont les deux Chambres étaient pleines de bonoe volonté et d'espérances parfaitement réalisables. H. Waddington n'avait pas su être cet homme d'État énergique eL prudent & la fois ; il tomba du pouvoir, après dix mois d'une administration plus bruyante que bien remplie, qui fut une déception pour ses amis et qui le révéla notoirement inférieur k la lâche dont H. Grévy l'avait cru capable.

Tel fut le premier Cabinet de la Présidence Jules Grévy. Il donna le spectacle et il laissa le souvenir d'une administration faible, hésitante, impuissante. H. Waddington et ses collègues, livrés à eux-mêmes par l'abstention systématique du Président de la République, ne surent ni discipliner les Gauches, ni mériter et retenir leur confiance. La majorité de 1877, excellente pourlecombat, fui impropre au gouvernement, par sa faute, sans doute, mais aussi par celle du Cabinet qui ne parvint ni tise tracer un programme limité, ni & l'appliquer hardiment, ni, eu exécutant les réformes nécessaires, ù répondre aux vœux évidents de l'opinion publique. La fermeté, la prévoyance, l'esprit de décision, c'est ce qui manqua le plus&M. Waddington. Parmi les 300 républicains de IHTi, portés au chiffre de près de 400 par les élections partielles qui avaient suivi la grande consultation du 14 Octobre, il ne

S8 LE HINISTËRB WADDINGTON (4 ¥éi.-U Décembre 1S79J

réussît pas à constituer ua noyau solide de 280 députés, décidés à soutenir son administration; il ne réussit pas à empêcher les couQits et les compétitions de personnes; il inaugura, non pas faute de lumières ou de bonne volonté, mais faute d'énergie, cette période de crises et d'instabilité qui affaiblit, aux yeux du pays, le prestige du parti républicain et ût douter de sa capacité gouvernementale. La situalion, à la Qn de l'année 1879, était certainement moins favorable qu'au lendemain de l'élection de U. Grévy et, par malbeur, personne ne discernant les vraies causes de ce changement, elle va s'aggraver jusqu'au 14 Novembre 1881,

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