‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 15 sur 145 · MORT DE JULES FAVRE BT DE BEHSOT · texte numérisé non relu

MORT DE JULES FAVRE BT DE BEHSOT

de toute autre forme gouvernementale et suivi H. Thiers dans son évolution. M. Léonce de Lavergne, économiste tressage, monlra la même sagesse en politique quand, au lieu de s'opposer h l'inévitable, il associa ses elTorts à ceux de MU. Luro et Wallon pour opérer, entre le Centre droit et les Gauches, le rapprochement d'où sortît la Constitution de 1875. Jules Favre enfin, l'admirable avocat, l'héroïque et glorieux lutteur de l'Empire, le mélancolique et infortuné ministre de la Défense Nationale et de M. Thiers, mourut deux jours après son prédécesseur au quai d'Orsay, H. de Gramont, dont il avait, avec toute la France, si cruellement expié les fautes. Crémieux, son collègue, son confrère, son ami, le suivit peu après dans le repos linal, laissant un nom que les souvenirs de la Délégation à Tours et à Bordeaux avaient un peu obscurci, mais sur lequel un généreux sacriTice pourla libération jeta comme un dernier reflet.

L'Université, comme la politique, eut un grand deuil quand la mort, une mort qui fut une délivrance, frappa le sage et le juste que Jules Simon avait placé à la tête de l'École normale. Bersot fut un directeur idéal et nous prenons le mot directeur dans son sens ecclésiastique. Jamais conscience plus scrupuleuse et plus délicate n'exerça une action plus pénétrante sur d'autres consciences. Jamais esprit plus fin n'imprima sur d'autres esprits une marque plus profonde. Jamais maître plus écouté n'inspira & ses disciples un plus affectueux respect. Jamais plus noble figure, ravagée par la douleur, ne porta plus éclatants les signes de la bonté exquise et de la grandeur morale.

Presque tout le mois de Février, à la Chambre des députés, fut rempli par la discussion de nos relations commerciales, A celte époque, vingt ans après 1860, on n'était pas encore entré hardiment dans la voie de la protection. Le ministre de l'Agriculture et du Commerce, H. Tirant, était plutôt

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libre-échangiste; plusieurs de ses collègues du Cabinet avaient la même opÎDion et, dans la Cliambre, beaucoup de membres inclinaient encore de ce côLé. Aussi le très habile rapporteur de la Commission, H. Méline, eut-il soin de déclarer qu'entre la Commission et le Gouvernement il n'y avait pas conflit de doctrines ou opposition de principes. D'un commun accord on voulait rester dans le domaine des faits et la Commission, non contente d'admettre les traités de commerce, qui sont déjà une atténuation à la rigueur absolue du principe libre-échangiste, consentait à conserver de l'œuvre de Napoléon 111 et de M. Rouher l'exemption des matières premières. Le nouveau tarif fut divisé en quatre lois distinctes : matières animales et végétales, maliëres minérales, fabrication, surtaxes d'entrepât. Dans ladiscussion des articles, les chilfres proposés par le Gouvernement furent généralement volés, de préférence auï cliidres proposés par la Commission. M. Méline, toujours sur la brèche, fut souvent battu par MH. Tirard, Hénier, Nadaud et Rouher.

Les seuls incidents parlementaires du mois de Mars furent le vote par les deux Chambres de la loi sur l'êlat-major et le dépôt, par M. Léon Renault, sur le bureau de la Chambre, du rapport de la Commission sur la proposition Naquet tendant b rétablir le divorce.

L'ancien corps d'état-major est dissous. Les officiers qui sortent brevetés île l'École supérieure de guerre passent quatre années h faire fonctions d'officiers d'état-major ; puis, pour se pénétrer de tous les détails de la vie du soldat, trois ans dans un régiment. Il y a, sur le pied de paix, 25 colonels, 25 lieutenants colonels, 100 chefs d'escadron et autant de capitaines d'élat-major placés hors cadre. Un service spécial de géographie est établi au dépôt de la Guerre comprenant 2 colonels, 'â lieutenants-colonels et T chefs de bataillon ou d'escadron également hors cadre.

RBORGANtSATION DES AKFAIEES ÉTRANGh':BES 77

Le dépôt du rapport de M. Léon Renault sur le divorce n'est signalé ici, bien avant la discussion publique, que pour faire connaître l'opinion, nullement inattendue, de Léon Xin sur le sacrement de mariage, la subordination parle Saint Siège de la puissance civile & l'autre puissance i< qui a reçu le dépôt des choses célestes, u et l'affirmation que « l'Ëglise seule peut el doit disposer et statuer sur les sacrements. » En pareille matière le langage de Léon XIII ne pouvait différer du langage de Pic IX.

M. de Freycinet, dans son département ministériel, donna enfin une salisfaclion, trop longtemps attendue, à l'opinion républicaine, aux Chambres, à tous les rapporteurs du budget des Affaires Étrangères depuis 1876. Il opéra la réorganisation des services de l'administration centrale par les décrets du 23 Janvier et du l'" Février, l'assimilation et les équivalences de grades par le décret du 23 Février el il compléta ces heureuses mesures parle décret du 18 Septembre concernant les vice-consuls, drogmans ou interprèles. La direction politique, la direction commerciale, la direclion diplomatique el consulaire sont conservées ; maïs les attributions des trots directeurs en matière de règlement des dépenses, de traitements, de frais d'établissement et de service des agents, is, de frais de voyages et de tournées passent à un u directeur, celui du personnel, qui travaille directement avec le ministre. Le service des archives, fondu avec la comptabilité, ne forme plus qu'un bureau d'enregistrement, bien que la direction établie en 1830 soit conservée. Le contentieux forme également une direction avec deux sections distinctes, celle du droit public et celle du droit privé, qui embrassent toutes les questions intéressant les étrangers en France et les Français à l'étranger. Outre que le travail fut mieux réparti par cette réforme, la domination despotique des directeurs qui disposaient autrefois du personnel et des

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fonds fut définilivement brisée. Ajouloas que les riches archives des Affaires Étrangères, si longtemps et si obstinément fermées aux historiens, furent libéralement onvertes par M. de Freyciiiet.

Le ministre pensait, comme M. Spuller, qu' « aucun Gouvernement sérieux ne peut accepter d'être desservi par ceux qu'il emploie > et il mit à l'administration centrale et dans les postes extérieurs des fonctionnaires dévoués à la Constitution républic;iine. M. Say, puis H. Challemel-Lacour furent nommés & Londres, H. Duchâtel à Vienne, M. John Lemoinne à Bruxelles. On peut seulement regretterque M. Léon Say, appelé à la Présidence du Sénat, n'ai t fait que passer à Londres et que M. John Lemoinne n'ait pas même été jusqu'il Bruxelles : il y fut remplacé par M. Decrais.

La politique étrangère de M. de Preyciuet, pendant les premiers mois de l'année 1880, ne fut pas très aciive ; elle était, du reste, commandée par l'attitude que M. Waddingtoa avait prise. Le ministre l'a indiquée, avec cette mollesse de contours que l'on trouve parfois en ses écrits, plus encore qu'en ses discours, dans la circulaire qu'il a adressée k nos agents, le 16 Avril 1880. Noire politique extérieure est avant tout une politique de paix et de conciliation. Elle ne poursuit que la mise en œuvre du traité de Berlin et la consolidation du nouvel état de choses créé en Orient, autrement dit la reconnaissance définitive de la principauté de Roumanie et le règlement des frontières entre la Turquie et la Grèce. D'autres questions de moindre intérêt, nées comme les précédentes au Congrès de Berlin, sont en voie de solution : la question de frontière entre la Turquie et le Monténégro, entre la Roumanie et la Bulgarie, les questions de propriété foncière à restituer aux réfugiés de la Serbie, de la Bulgarie «t du Monténégro rentrés dans leurs foyers. Abordant ensuite la grosse affaire, qui touche la France plus per-

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soDDellement, de l'entente avec l'Angleterre au sujet tie l'Egypte, H. de Freycinet s'exprime en ces termes : « L'Egypte est une terre arrosée autrefois de notre sang. Fécondée aujourd'hui par nos capitaux, riche en produits qui alimentent notre trailc dans la Méditerranée ; elle constitue un débouché nécessaire pour notre activité iaduslrielle et commerciale et elle se rattache h la France par tout un ensemble de traditions que nous ne saurions laisser péricliter sans qu'une des sources de noire grandeur nationale fût atteinte. » Ces fiëres paroles, les seules qui aient un peu de relief dans la circulaire du 16 Avril, ne pouvaient faire prévoir la triste défaillance de 1882. M. de Freycinet expose ensuite le fODCtiounemeut du système des contrôleurs généraux européens et de la Commission spéciale de liquidation, composée de deux Anglais, de deux Français et de trois représentants pour les trois autres puissances ayant des intérêts en Egypte : l'Autriche, l'Allemagne et l'Italie. Il conclut en justifiant le Gouvernement fran<;ais d'avoir refusé l'extradition d'Hartmann è la Russie, « dont l'amitié nous est précieuse, » et en affirmant que les décrets du 29 Mars » n'affecleot en rien les conditions de notre protection & l'égard des missionnnires à l'étranger. »

Nous avons dit que la politique extérieure de H. de Freycinet fut un peu plus active dans l'été de 1880. La France s'était mise d'accord avec l'Italie et l'Angleterre pour proposer un tracé de la frontière turco-grecque et une Conférence s'était réunie à Berlin, lel6 Juin, qui adopta le tracé français à l'unanimité. Le 16 Juillet une Note des puissances fut remise aux ministres des Affaires Étrangères de Turquie et lie Grèce, leur imposant une ligne qui suivait le thalweg du Kalamas de son embouchure à sa source, les crêtes séparant les bassins de la Wouïtza, l'IIaliacmon, le Mavroueri au Nord, de ceux du Kalamas, de l'Arta, de l'Aspropotamos et

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du Salymbrias au Sud, la crèle de l'Olympe jusqu'à son extrétnilé orientale sur la mer Egée. Les grandes puissances étaient également d'accord pour proposer h la Porte d'abandonner au Monténégro le port de Dulciguo et pour lui conseiller d'introduire des réformes en Arménie. La Porte, secrètement encouragée par l'Allemagne, répondit comme toujours d'une fagon dilatoire ; elle poussa la Ligue albanaise h s'opposer h la cession de Dulcigno, tout en chargeant Riaz Pacba d'occuper celte ville pour la livrer au Monténégro et elle n'accepta qu'en principe le nouveau tracé turco-hellénique. C'est alors que fut préparée la démonstration navale de Dulcigno qui, autant que les résistances et la mauvaise foi de la Porte, remettait tout en question. Le successeur de H. de Freycinet, adoptant une attitude moins nette, devra afiirmer, dès le lendemain de son avènement, le â4 Septembre, notre volonté de garder la paix.

C'est également sous le Ministère de M. de Freycinet qu'avaient commencé entre la France et l'Italie les premiers dissentiments au sujet de Tunis ; l'acquisition par la Compagnie italienne Rubbatino, & un prix exorbitant, de la ligne de la Goulette à Tunis avait été suivie de concessions faites par le Bey à la Compagnie des Batignolles et à la Compagnie Bônc-Guelma qui uunulaient entièrement l'importance de l'acquisilion italienne. De plus M. Etoustan obtint du Bey qu'il ne concéderait aucune ligne nouvelle de chemins de fer sans avoir obtenu l'agrément du Gouvernement français.

M, de Freycinet, au moment de sa retraite volontaire, laissait donc la situation indécise sinon compromise en Orient, très nette au contraire en Tunisie, grftce à la fermeté de M. Roustan.

L'histoire parlementaire du mois d'Avril offre peu d'événements notables. Hors session MM. Clemenceau et Ploquet firent approuver leur attitude politique dans des réunions

LE GOUVERKEMENT GËHÉ8AL DE l'aLGÉRIE M

soigDeusemenl formées et l'on put coDstaler une nuance dans leur radicalisme. M. Floquel, approbateur momentané de la politique du Cabinet, déclara qu'il restait du parti de la RéTolutioD et de l'expulsion des Jésuites. M. Clemenceau, plus logique sinon plus politique, allirma que l'on n'avait abouti ë. rien, qu'il n'y avait qu'une manière de résoudre la question religieuse, c'était de séparer l'Église de l'Ëlat et il qaaIiQa en ces termes la conduite générale du ministère : « Le principal résultat de la politique des résultats est de faire une politique sans résultats. > M. Clemenceau recherchait dès lors ces formules à prétentions lapidaires qui dissimulent imparfaitement le vague des doctrines et le néant des programmes. En session, l'interpellation de M. Codelle sur la lettre de M. Journaull permit à la Chambre d'approuver, indirectement et sans enthousiasme, le choix qui avait été fait de M. Grévy (Albert) pour les hautes fonctions de gouverneur général de l'Algérie. Le secrétaire général du gouvernement, H. Journault, s'était plalnl, dans une lettre rendue publique, d'avoir été laissé, en l'absence du gouverneur, sans iostnictions et sans pouvoirs. L'opposition s'était emparée de ce désaccord et H. Godelle, un bonapartiste, avait moins cherché à obtenir des éclaircissements sur l'administration de l'Algérie qu'à atteindre le Président de la République par-desaus son frère. Très constitutionnellement le ministre de l'Intérieur, M. Lepère, couvrit M, Albert Grévy; celui-ci, bien que couvert par son ministre, se lit entendre comme commissaire du Gouvernement; il défendit son administration avec plus d'optimisme satisfait que de connaissance approfondie des choses africaines et, après une nouvelle incartade de M. Godelle, qui lui valut la censure avec exclusion temporaire, l'ordre du Jour de confiance réunit l'unanimité de Zii volants.

Le général Farre avait fait signer le iO Février un décret Em. ZevDBT. — Troisième République. m. — G

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relatif aux grades de l'armée territoriale; il en poursuivait lentement mais sûrement l'application. Tous les grades de la territoriale étaient réservés aux officiers de l'active retraités. Si ces grades étaient déjà occupés par des afiiciers n'ayant pas la même origine, et le cas était fréquent, ces ofCciers étaient mis à la suite. On fît cesser ainsi le scandale qui s'était fréquemment produit sous les précédents ministres de laGuerre. Tous les hauts grades ayant été réservés par ces ministres à des réactionnaires, il arrivait qu'un chef de bataillon retraité était commandé par un ancien sous-lieutenant. En vertu du décret de Février le chef de hataillon prit le commandementet l'ancien sous-lieutenant, non dépossédé de son grade, servit à la suite.

C'est au mois de Mai, dans la deuxième délibéralion sur le droit de réunion, que le Ministère éprouva son premier échec, et cet échec fut l'occasion plutôt que la cause de la retraite de M. Lepëre, ministre de l'Intérieur. Les 8 premiers articles du projet avaient été adoptés, conformément aux indications du Gouvernement et avec les réserves qu'il avait introduites dans la loi pour sauvegarder l'ordre public. L'article 9 qui conférait au commissaire de police le droit de dissolution, s'il était requis par le bureau et en cas de collisions et de voies de fait, ne fut adopté que par 348 voix contre âlO, après l'intervention de MM. Lepëre, Ribot et de Freycinet. Mais l'article fO, qui conférait le même droit en cas de troubles imminents, fut rejeté par 2u6 voix contre lâ6. Dans ces deux votes l'Union républicaine s'était séparée du Gouvernement : aussi le représentant de ce groupe dans le Cabinet, M. Lepère, crut-il devoir se retirer. Abandonné par ses amis, M. Lepère avait obéi à un sentiment de dignité froissée. C'était fort bien. Hais en quoi M. Lepère élaitil plus atteint que ses collègues par ce vote sur un article de loi f II fut, d'ailleurs, remplacé par un collègue du

N. CONSTANS A l'iNTÉRIBUR 83

m6me groupe, par son soua-secré taire d'Elat, M. Conalans, et celui-ci eut pour successeur M. Fallières au sous-secrétariat. Le Cabinet ne fut donc pas modiOé dans son essence : il resta aussi peu homogène, sans communauté de vue?, sans solidarité ni cohésion entre ses membres.

A peine installé M. Constans eut à soutenir la discussion d'une proposition de H. Loustalot, modificative de la loi WaddingtOQ, et d'une interpellation de H. Clemenceau. La loi 'Waddinglon accordait un conseiller général à chaque canton, quelle que fût sa population. M. Loustalot aurait voulu que l'on proportionnât la représentation cantonale à ta population, ce qui était logique. Le Gouvernement consentit seulement à ce que tes cantons comptant plus de 30000 habitants eussent un conseiller général de plus, ce qui était bien arbitraire. Un ordre du jour de confiance, qui réunit 299 voix contre 38, cl6tura l'interpellation de M. Clemenceau sur la manifestation du Père-Lachaise, eommémoralivedu 23 mai 1871,

Entre temps la Chambre continuait la discussion du tarif général et le Gouvernement, qui semblait décidément ne pas avoir de doctrine économique, faisait majorer le droit sur la soude et réduire le droit sur les vins. Dans la revision de la législation des patentes, revision attendue depuis l'établissement des impôts qui avaient été comme la rançon de la guerre, on releva de près de 5 millions les taxes de Paris, on dégreva les autres de près de 10 millions et l'on frappa les sociétés anonymes d'un droit fixe de 0 fr. 30 pour 1 000 de leur capital nominal, réalisé ou non.

Nous aurons achevé de mentionner l'œuvre législative de la Chambre à la reprise de la session d'été, en rappelant le vole de la loi qui supprimait la lettre d'obédience, malgré l'opposition de trois membres de la Droite, MM. Boyer, de la Basselière et Keller. HM. Jules Ferry et Paul Berl n'eurent

84 LE MINISTÈRB DIS KKEÏCINET (38 DEC. iS7»-23 Sept. tSSIi)

pas de peine à démoalrer l'ignorance incurable des bénéficiaires delà lettre d'obédience.

Le Sénat qui venait de placer à sa tête M. Léon Say, en remplacement de H. Martel, démissionnaire pour raisons de santé, tint un engagement pris sous le précédent Ministère par M. Le Etoyer, en reconnaissant même valeur aux examens passés de 1875 à 1880 devant les jurys mixtes qu'aux examens passés devant les jurys d'État. Il confirma ensuite, sans résistance sérieuse de la part de la Droite, l'abrogation votée parla Chambre de la loi du 18 Novembre 1814 sur le repos du Dimanche.

L'un des plus hauts postes de l'État, la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, fui confié, après la mort du général Vinoy, à l'un des héros de la Défense Nationale contre l'Allemagne, au général Faidherbe,

Une véritable révolution s'accomplit dans l'art, en ce printemps de 1880 : l'État, fort heureusement inspiré, abandonna la gérance du Salon annuel, pour la remettre aux artistes réunis en Société. L'influence de l'État, l'inDuence plus lourde encore de l'Académie cessèrent du même coup, au grand profit de l'indépendance artistique, de la spontanéité, de la libre expression des qualités natives. Les pessimistes prévoyaient, à ce propos, un changement qu'ils qualiliaient de douloureusement inévitable; ils annont^aient que les exhibitions annuelles de tableaux n'auraient plus rien à voir avec l'art ; que les vrais peintres, les vrais sculpteurs se renfermeraient de plus en plus dans la solitude de l'atelier. Les pessimistes se sont trompés. L'artiste ne peut réaliser son rêve que dans l'atelier; mais le rêve, l'idéal entrevu, il voudra toujours les produire en public et les Salons, régis par l'État ou par les Sociétés libres, ne sont pas menacés de voir décroître leur clientèle.

Dans les mois qui suivirent l'opinion, tout entière h la

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