‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 28 sur 145 · SFAX, DJERBA, GABÈS ISU · texte numérisé non relu

SFAX, DJERBA, GABÈS ISU

rues, p&sae à l'ordre do jour. > La coufiance s'y trouvait, mais combien atténuée ! En même temps qu'elle l'exprimait, la Chambre approuvait les critiques si fondées des députes algérîeas et de H. Heuri Brisson.

Pour déterminer « les responsabilités encourues, » le Gouvernement remplaça le général Osmont, à la tôte du 19° corps, par le général Saussier et le général Cerez, & la tête de la division d'Oran, par le général Delebecque. Pour assurer la sécurité de l'Algérie, il dégarnit de troupes la Tunisie et les mouvements des Arabes pillards se produisirent presque instantanément sur les frontières de la Tripolitaine : Sfax est occupé par eux et les Européens doivent se réfugier sur notre escadre. Il fallut bombarder Sfax, s'emparer de l'île Djerba et de Gabës, pendant que le général Logerot contenait les tribus frémissantes de l'intérieur, pour rétablir l'ordre dans la Tunisie et refouler les pillards dans la Tri poli lai ne. Le Ministère fut soupçonné d'avoir des visées sur la Tripolitaine comme il en avait eu sur la Tunisie et le duc de Brogite interpella H. Barthélémy Saiut-Hilaire à cet égard. En quelques mots, le ministre des Affaires Étrangères se défendit d'avoir jamais eu une pensée aussi extravagante. Ce n'était pas le moment d'étendre notre action, quand, à des signes certains, on reconnaissait que le monde musulman était profondément agité dans toute l'Afrique septentrionale, qu'il s'était partout levé & l'appel du Sultan contre les Roumis. D'ailleurs le mois d'Août approchait, les élections allaient avoir lieu et il fallait qu'elles se fissent avec les apparences de la paix. Le Gouvernement, au moment de la séparation des Chambres, se débattait au milieu des difficultés constitutionnelles et militaires qu'il s'était créées, en se refusant à avouer qu'il s'agissait d'une vraie guerre et qu'il fallait la préparer sérieusement et régulièrement.

Pendant les vacances l'attention du public, d'abord absor-

160 Le HINISTËBE ÙE JULES FSBRT (!3 Sepl. 18S0-14 Nov. 18«1)

bée par les élections générales, ne tarde pas h se reporter sur les affaires extérieures. L'entrevue du vieux Guillaume et du nouveau czar Alexandre III à Danlzig émeut médiocrement l'opinion. Elle reste, par malheur, à peu près aussi indifférente aux graves événements qui se passent en Egypte et qui menacent si sérieusemenl notre influence dans ce pays. Nos intérêts essentiels sont sacrifiés k un désir exagéré d'entente avec l'Angleterre. Aux conseils de H. de Ring, notre consul général au Caire, qui aurait voulu que l'on ne s'aliénât pas le parti national égyptien, l'on préfère ceux de H. de Blignières, le contrôleur général français, et après l'émeute militaire du 1" Février 1881 , H. BarLhélemy Saint-Hilaire rappelle en France H. de Ring. Dès lors les Anglais ont le champ libre. Au mois de Septembre le soulèvement d'Arabi Pacha amène la destitution de Riaz Pacha et la nomination de Cherif Pacha que les Anglais approuvent et sanctionnent, bien que ces événements soient un coup sensible porté au contrôle anglofrançais : mais les Anglais devaient se retourner à temps et exploiter h leur profit l'esprit d'insubordination militaire, aussi bien que les velléités parlementaires des notables que Cherif-Pacha avait convoqués.

Le Nord de l'Afrique, de la Tripolitaine au Maroc, était alors trop profondément agité pour que notre diplomatie pût veiller d'un peu près à ce qui se passait sur le Nil. Au mois de Septembre le Gouvernement français, par les décrets dits de rattachement, avait adopté le système le mieux fait pour enlever toute autorité au gouvernement général de l'Algérie et pour soustraire & toute responsabilité le gouverneur lui-même et les ministres, dont il dépendait. Au lieu de le subordonner à un ministre unique, on le subordonnait k tous les membres du Cabinet, et tous ses services étaient rattachés & ceux des administrations centrales. Quant au

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