‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 29 sur 145 · TROUBLES DANS LB SUD ORANAIS · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS LB SUD ORANAIS

budget algérien, il était rattaché par morceaux inégaux aux chapitres du budget national. C'élaît l'organisation administrative du désordre, de la confusion et surtout de la non -responsabilité. Ce [système vicieux devait ft la longue produire de funestes résultats, même en temps de paix. Dans l'Algérie troublée de \SH\, l'annihilation du gouverneur |a des conséquences immédiates qu'il serait iujuste d'imputer au seul M. Albert Grévy.

Les incendies accompagnent toujours les mouvements du fanatisme musulman : 60 kilomètres carrés de forêts sont brûlés dans la province de Coostantine. Qui punit-on? Les tribus les plus voisines du sinistre, lesquelles sont plus victimes que coupables. Dans la province d'Oran, Négrier rase la mosquée d'El-Abiod-Sidi-Cheikh et transporte à GiTyville le corps. du marabout. Ses mesures ont été si mal prises qu'il n'a pu mettre la main que sur des reliques peu authentiques. A Figuig les tribus pillardes peuvent s'approvisionner impunément d'armes et de munitions : personne ne fait obstacle à cette contrebande et à ce banditisme. Convient-il de rendre le ministre de la Guerre responsable de ces fausses manœuvres, de ces mesures incomplètes, de ces contradictions? Non pas, car l'action militaire du général Farre est contrariée par l'action politique de ses collègues du Cabinet. Au début du mois de Septembre il décide avec leur assentiment de maintenir sous les drapeaux la classe 1876. Le n Septembre le vent a tourné : il rapporte ses ordres et ta classe de 1 876 est renvoyée dans ses foyers.

La même incohérence se constate dans nos rapports avec la Tunisie: Mus tapba benismaïl.le premier ministre du Bey, qui nous est hostile, est remplacé par Mohammed Kassadar, chef du parti vieux musulman. Cette mesure a été trop tardive, mais les bons effets ne tardent pas à s'en faire sentir : les troupes beyiicales sortent de leur inertie et livrent il Edg. ZevoHT. — TroiïiëiDe République. lu. — tl

i6i LE MINISTKRG DE JULES KERRÏ (-î 5ept. I880'14'»OT. 1881)

Teslour un combat heureux aux insurgés, le 27 Septembre. Nous-mêmes, nous nous décidons à montrer plus d'activité. Nous entrons enfin à Tunis le 10 octobre et nous préparons habilement et vigoureusement la marche concentrique du général ÉLienne qui part de Sousse, des généraux Logerot et Sabattier qui parlent de Zaghouan, du général Forgemol qui part de Tebessa pour se rencontrer à Kairouan. Cette belle manœuvre, qui fit honneur au général Saussier, fut admirée en Europe par tous les hommes compétents. En France l'impopularité du Cabinet était si grande que l'on accueillit la nouvelle de l'entrée de nos troupes à Kairouan, qui coïdcida avec la réunion de la nouvelle Chambre, avec des huées, des exclamations ironiques ou des sourires méprisants. Il semble, à lire le compte rendu officiel de la séance de la Chambre des députés, que le Président du Conseil ait voulu faire une bonne plaisanterie dont personne n'a été dupe. Dès le i Novembre M. Jules Ferry avait déclaré que le Cabinet était démissionnaire ; aussi les interpellations ou plutôt les explications sur les affaires d'Afrique, qui occupèrent quatre séances, se rattachent-elles plutôt à l'histoire du Ministère suivant.

Le 10 Novembre, la démission du Ministère Ferry était ' remise officiellement au Président de la République et cette administration, sous laquelle s'étaient accomplies de grandes choses, prenait fin au milieu d'uue indifférence à peu près générale. C'est que l'on sentait bien que le Ministère n'avait plus qu'une existence nominale depuis le renouvellement de la Chambre ; c'est que les événements du Sud oranais et de la Tunisie avaient inquiété ou lassé l'opinion ; c'est que les attaques sans mesure de la presse opposante, conséquence trop prévue de la loi nouvelle, avaient perverti le bon sens public et créé un état d'esprit aussi peu favorable que possible aux jugements équitables.

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