‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 40 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

UINISTÉRE DCCLERC-FALLIÉnES Du 7 Aoât iSB2 tu 21 Février 18B3.

Le Cabinet du T Aofit. — Que représeote In nouvelle admÎDislration ?

— La Dérlaration du K anOt. — 1^ S<:'nat pendant la rrise. — La session des Conseils K'^néraux. — Une lettre de M, Duclerc. — Le Ci>nseil municipal de Paris cl M. Floi|uel. — Mouvement diplomatique. — La Tunisie. — Développement de la crise égyptienne. — Débarque ment de sir Garnetl Wolseley. — Procès d'Arabi. — Fiu du rontrôle. — La cominissÎDD du Danube k Londres. — Ln l>éclarBtion du y Novembre. — Interpellations au Sénat. — Interpellât lu ns à la Chambre. — Extension de notre inDuenre en Afrique. — Historique du budget ait 1S83. — La discussion ù la Chambre. — La discussion au Séuat. — Le règlement délinitif du budget de 1383. — La Caisse des Renies. — La mort de <>au)betta. — Les runérailles. — Ouverture de la session ordinaire de iSt<3. — Le Manileste du Prince .Napoléon.

— Faute du Gouverne m eu t. — La proposition Floquet à la Chambre.

— Démission de MM. Jauré^iuiberr)'. Billot cl Duclerr. — Le eontreprojpl J»scph Fabre ou Sénat. — Le ronlre-projel Léon Sny à la Chambre. — Le ronire-projet Barbey au Sénat. — Démission du Ministère. — La loi uiuniripale et la réforme judiciaire Ji la Ciiambre.

— Le ministère de l'Instruction Publique et .M. Duvaux.

Après la chule du Cabinet du 30 Janvier, le Président de la République Fit successivement appet à MH. de Freycinet, Jules Ferry et Brisaon. M. de Frejcinet répondit que les sentiments de la Chambre à son égard s'étaient trop clairement manifeslés le â9 Juillet, pour qu'il pût reprendre le pouvoir. M. Jules Ferry se déclara solidaire de ses collègues du SOJanvier. M. Brisson préféra consener la Présidence de la Chambre. Devant le refus des chefs du parti républicain, M. Jules Grévy, après avoir songé à MM. Leblond, Tirard, Dccrais, de Courcel et Billot, Finit par s'adresser à un homme politique de moindre notoriété. Ministre pendant quelques

LES NOUVEAUX UINISTRES 239

1848, mêlé sous l'Empire à de grandes entreprises industrielles, H. Duclerc était entré à l'Assemblée nationale en 1871, puis au Sénat en 18"6. Pendant dix années d'une vie politique un peu obscure, il avait rendu des services par sa profonde connaissance des affaires et conquis l'estime de tous, républicains ou conservateurs : M. Thiers appréciait ses capacités financières ; le Marécbal ne dédaignait pas ses conseils ; M. Grévy rendait justice à la ferme constance de ses opinions républicaines. H. Uuclerc réussit où de plus brillants auraient échoué et, le 7 Aoùl, te nouveau Cabinet fut constitué.

Le Président du Conseil prenait la direction de nos Affaires Étrangères qui devait être presque une sinécure, dans la situation où la politique de son prédécesseur et le vote du 39 Juillet avaient placé la France. A la Justice et aux Cultes était appelé H. Devès, président de la Gauche républicaine, qui avait si vivement reproché à M, de Freycinet, quelques jours auparavant, de s'appuyer sur la Gauche radicale. Le ministère de l'Intérieur, où M. Goblet, lui aussi, avait donné quelques gages à la Gauche avancée, passait à un républicain sans épithète, M. Fallières. Aux Finances, le représentant du Centre gauche, M. Léon Say, avait pour successeur un membre de la Gauche pure, M. Tirard. Le général Billot et le vice-amiral Jauréguiberry prenaient la Guerre et la Marine. C'était également un spécialiste, M. DuvauK, ancien professeur au lycée de Nancy, qui était appelé au ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, pour lequel l'avaient désigné les fonctions de rapporteur du budget de ce ministère, exercées avec beaucoup de compétence et de ferme bon sens.

Un républicain radical, M. Hérisson, avait trouvé place dans le Cabinet Duclerc : il recevait, avec le portefeuille des Travaux Publics, la très difficile mission d'empêcher les

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agrandisse méats démesurés du plan Freycinet. L'Agricallure était donaéeàM. de Mahy, le Commerce à M. Pierre Legraud et H. Cochery restait immuable an ministère des Postes et des Télégraphes. Quelc|ues jours après, le Cabinet était complété par la nomination de cinq sous-secrétaires d'Ëlat : à la Justice, à l'Intérieur, aux Finances, & l'Instruction Publique et aux Travaux Publics. Les choix de M. Duclerc s'étaient portés sur MM. Varambon, Develle, Labuze, Logerotte et Baîhaut. Le 13 Septembre, les Cultes, détachés de ta Justice, étaient rattachés à l'Inlérieur. Cette administration avait donc dépendu, dans la seule année 1882, de trois ministères différents.

Presque tous les nouveaux ministres avaient figuré, le ±9 Juillet, dans la minorité des 1S. Une fois de plus le Président du Conseil s'était trouvé dans l'impossibilité de former le Cabinet nouveau en s'adressant exclusivement à la majorité qui avait renversé le Cabinet de la veille. MM. Devès et Cochery avaient fait partie du Cabinet Gambetta et leur présence, celle de quelques-uns des sous -secrétaires d'État, indiquaient un retour èi l'Union républicaine, une tendance évidente à s'appuyer sur elle plutôt que sur la Gauche radicale. M. Duclerc avait poussé la conciliation aussi loin que possible en prenant comme collègue M. Hérisson ; il ne fit plus d'avance à l'Extrême Gauche et celle-ci, dès le premier jour, lui refusa son concours. Le Gouvernement avait demandé aux Chambres, avant leur séparation, le vote des quatre contributions directes ; l'Extrême Gauche s'abstint et ce retour à la logique fa la vérité parlementaire, fut le premier service rendu par le nouveau CabineL Hommes et groupes reprenaient leur vraie place : c'était de bon augure (9 aoât).

La Déclaration, lue la veille, avait été très brève. Une phrase sur la politique extérieure, deux phrases sur la politique intérieure en avaient fait tous les frais. Le refus des cré-

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