LE SCRUTIN DE LISTE
C'est à peine si le scrutin d'arrondissement rencontra quelques défenseurs isolés et personne non plus, ni au Sénat ni à la Chambre, ne sembla prévoir les déceptions que le scrutin de liste réservait à ses partisans. Ces partisans étaient tous les républicains qui s'en étaient épris en théorie et, en effet, théoriquement le scrutin de liste est incontestablement supérieur au petit scrutin, au scrutin uninominal. Dans la praliquej les députés élus au petit scrutin en 1676, en 1877 et en 1881 avaient empiété sur les attributions des ministres, touché à mille questions sans en résoudre beaucoup, manqué de vues d'ensemble et d'idées générales; ils s'étaient montrés aussi incapables de discipline que de travail suivi. Pour que les députés élus d'après un nouveau mode de votation ne ressemblassent pas k leurs prédécesseurs, il fallait évidemment que le choix au scrulia de liste s'opérât par un autre procédé que le choix au scrutin d'arrondissement. Or, il n'était pas interdit de prévoir que chaque arrondissement, surtout en province, tiendrait à avoir son représentant sur la liste départementale qui serait formée par la réunion des 5, 6 ou 7 députés de chacun des arrondissements. Quant à espérer que ces députés, élus par 40.000 voix au lieu de l'être par 4.000, puiseraient dans ce nombre décuplé d'électeurs plus de largeurs de vues et cesseraient d'être les défenseurs des intérêts locaux et étroits de leur arrondissement, c'était une illusion qui conQnait à l'aveuglement. En outre la diRiculté de faire accepter un programme de gouvernement aux républicains des deux Écoles, ceux de l'École jacobine et ceux de l'École libérale, devait avoir le double résultat de faire dresser deux listes républicaines dans beaucoup de départements et de faire opposer & ces deux listes la liste unique des réactionnaires de toutes nuances qui, n'ayant à rédîgerqu'un programme de démolition, ne regarderaient pas auxdélaits et arriveraient facilement à s'entendre.
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Enrin le scrutin de liste, plus eacore que celui d'airondissèment, a besoin d'être dirigé; il lui faut un grand électeur qui mène la campagne et fasse passer avant les petits intérêts locaux les grands înléréls nationaux. Cet électeur, depuis la mort de Gambetta, n'existait plus. M, Jules Ferry, atteint par le vote du 30 Mars, est momentanément frappé d'impuissance; M. firisson a plus d'autorité dans les milieux parlementaires que sur la masse électorale; M. Clemenceau, le plus connu des radicaux, n'a pas même d'action prépondérante sur son parti.
Au milieu de l'année 188S, quelques mois avant les élections du 4 Octobre, tous les esprits éclairés pouvaient prévoir que la future Chambre, renforcée & ses extrémités, diminuée au centre, n'aurait ni programme, ni majorité; que beaucoup de départemeats, sans être monarchistes, passeraient tout entiers à la réaction; que beaucoup d'autres, sans être radicaux, donneraient la majorité de leurs suffrages & des radicaux; que dans tous la minorité serait écrasée et que la France fermement républicaine, mais aussi éloignée des violences que des chimères, ne se reconnaîtrait pas dans ses élus. Oui, l'on pouvait prévoir en 1885 que la prochaine consultation électorale, éliminant les modérés et mettant face à face les violents de Droite et de Gauche, rendrait bien difficile la constitution d'un parti intermédiaire dans la future Assemblée, d'un parti ne s'inspirant que des intérêts essentiels du pays, que de pensées patriotiques et libérales, écartant k la fois le péril monarchique, ressuscité huit ans après le 16 mai, et le péril révolutionnaire qui devait s'incarner dans un soldat inventé, protégé et poussé par le radicalisme inconscient.
La troisième Législature républicaine (1881-1885), qui avait excité tant d'espérances à ses débuts et provoqué tant de déceptions, s'était terminée au milieu d'une sorte de désar-
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roi. Le Gouvernement en trois circonstances importantes, le 4 Juin, le 6 Juillet et le 38 Juillet, s'était solidarisé avec le Gouvernement précédent, au grand mécontentement de l'Extrême Gauche. La plus grande partie des membres de la majorité avait reconnu la faute commise le 30 Mars 188S sans avoir le courage de la réparer. Les autres fractions parlementaires avaient donné le spectacle d'un émiettemenl qui ne présageait rien de bon pour les prochaines élections. Quand les représentants du peuple sont divisés et incohérents, il ne faut pas s'attendre à trouver dans la masse électorale beaucoup d'union et de Gxilé de vues.
Nous prendrons pour guide, dans l'exposé de la situation électorale après la séparation de la Chambre, l'auteur de V Année politique 188S, H. André Daniel (André Lebon). Son ouvrage' devient d'année en année plus nourri, plus substantiel, plus intéressant. On ne peut lui reprocher, car la critique ne perd Jamais ses droits, que de présenter parfois les faits avec une certaine confusion, sans les dater, ce qui oblige le lecteur à se reporter perpétuellement à la table chronologique, très soignée mais un peu sèche, qui termine chaque volume.
Les membres de l'ancienne majorité ferryste avaient songé à adresser un Manifeste collectif aux électeurs et, dans ce but, constitué un comité de rédaction composé de membres marquants du Sénat et de la Chambre. HM. Ranc, Paul Bert, Ribot, qui faisaient partie du Comité, ne purent s'entendre et le Manifeste ne fut jamais rédigé. Dans ce désarroi de ses anciennes troupes, M. Jules Ferry exposa seul la politique qu'il avait suivie et celle qu'il se proposait de suivre, dans ses discours de Lyon et de Bordeaux, dans sa profession de foi aux électeurs des Vosges. A Lyon, tout en s'affirmanl
(I) Paria, CharpeDlier el C", Editeur», IS86.
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opportuniste, il laissait libres ses auditeurs radicaux de voter pour des radicaux : il ne les metlait en garde que contre les intransigeants. A Bordeaux, il insista sur la nécessité de former une majorilé de gouvernement, sans laquelle, dit-il, ne pourraient subsister ni la République, ni la France même. Aux électeurs des Vosges, il indiqua que notre politique eoloniale devait désormais se borner à l'organisation et à l'exploitation des régions nouvellement acquises, «t la politique intérieure k la revision des lois militaires, à la réforme des circonscriptions administratives, à l'extension de la compétence des juges de paix, à la réduction des frais de justice, à l'introduction dans notre système fiscal du principe de l'impât sur les revenus, à l'économie la plus rigoureuse, à la présentation d'une loi équitable sur la responsabilité des accidents dans la grande industrie et au plus large développement de l'enseignement manuel technique et professionnel.
MM. Jules Ferry, Mëline, Brugnot, Bresson, Albert Ferry, et Frogier de Ponlevoy, inscrits sur la liste républicaine du département des Vosges, se présentèrent le 23 août devant les délégués des cantons réunis à Epinal. H. Jules Ferry commença par tracer un large tableau de l'œuvre accomplie Eous la Législature qui venait définir, par la République gouvernementale ; il rappela les 13.000 kilomètres de chemins vicinaux et les 12.000 kilomètres de chemins de fer construits, les 26.000 écoles bâties, le budget de l'Instruction Publique porté de 38 millions h. 136 millions, la frontière de l'Est refaite, le matériel militaire reconstitué. Après avoir souhaitéque la prochaine Législature fût vouée aux réformes pratiques et aux progrès réalisables, il protesta une fois de plus contre les réformes mal conçues, les phrases creuses et sonores, les utopies. M. Méline qui devait relever, dix ans après, le drapeau renversé le 30 Mars 1885, fut questionné
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par un délégué sur le régime économique des colonies. Il établit que le marché chinois, avec sa clientèle de 10 millions de consommateurs, suffisait & justifier Te^ipédition du Tonkin et il montra, avec beaucoup de force, comment les Anglais, hommes pratiques, comprenaient la politiquecoloniale. ( Si un cabinet Anglais, dit-il, avait Jamais apporté à l'Angleterre une colonie comme le Tonkin, il aurait était accueilli par un élan unanime d'enthousiasme. Amis et adversaires se seraient réunis pour l'acclamer. ■
M. Méline, comme son collègue et ami M. Jules Ferry, comme tous les républicains, faisait justice de la campagne de calomnies, de diffamations, de mensonges entreprise, non pas seulement contre les républicains modérés, mais contre la République parlementaire elle-même.
Le programme des républicains des Vosges, auquel l'immense majorité de la Chambre et du Sénat aurait pu et dâ se rallier, différait peu de celui que M. Brisson développa le a Septembre, à Paris, dans une réunion électorale. Il écarta la question de la séparation de l'Église et de l'État, parce que la majorité du pays n'y était pas préparée et M. Goblet ne devait pas tenir, dans la Somme, un autre langage que son collègue de la Seine. H. Brisson ne se distinguait de M. Ferry que par la déclaration faite par lui que le péril n'était pas à Gauche et par l'illusion conservée par lui qu'un Ministère de concentration était possible et pouvait durer ; sur le fond des choses l'ancien et le nouveau Président du Conseil pensaient et parlaient de même.
L'Alliance républicaine des comités 7-adicaux et progressistes de la Seine, que présidait M. Tolaia, avait adressé le 23 Juillet aux électeurs une Déclaration où elle conviait tous les républicains à une entente loyale. Après avoir insisté sur la nécessité de fonder la stabilité gouvernementale par la formation d'une majorité homogène, elle dressa un pro-
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gramme contenaat un trop grand nombre de questions et proposant sur les plus délicates, comme la séparation de l'Église et de l'État, la loi électorale du Sénat, les biens de main-morte, des solutions vagues ou contestables. L'Àllianee républicaine, après ces déclarations de principe, faisait de l'éclectisme politique en inscrivant péle-mële sur sa liste de 38 noms MM. Frédéric Paasy, Spuller, Brisson, Ranc, Lockroy et Floquet.
Les radicaux, dès le mois de Juin, avaient rédigé un long Manifeste où ils demandaient, entre autres réformes, la revision constitutionnelle, l'impôt sur le revenu, la revision des conventions, la séparation des Églises et de l'État, des lois de protection et d'émancipation du travail. Ce programme, que l'on appela le programme de la rue Cadet, portait les noms de MM. Barodel, Boysset, Clemenceau, Sigismond Lacroix, de Lanessan, Henry Maret, Camille Pelletan, Georges Perin et de "2 de leurs collègues. Bien qu'il condamnât la politique d'aventures et de conquêtes, sépar&t l'Église de l'État, réduisit le service militaire supprimât le volontariat d'un an et l'exemption des séminaristes, promit des lois de protection et d'émancipation du travail et l'abolition du sulîrage restreint, le programme de la rue Cadet n'était qu'un prélude.
Le Comité central des groupes radicaux socialistes de la Seine dressa un programme beaucoup plus complet qui réclamait simplement la suppression du Sénat, du Président de la République et des ministres, l'omnipotence d'une Assemblée unique, l'arbitrage international, l'autonomie communale, la suppression du budget des cultes, la magis* trature élective et temporaire, la revision égalîtaire des codes, la suppression des armées permanentes, la nourriture et l'entretien gratuits des enfants d'âge scolaire, l'instruction intégrale, l'amnistie, l'impôt progressif sur le capi-
lE COSIITÉ DE SEINE-ET-OISe 'à&^
tal et sur )e reveDU, la révision de lous les contrais ayant aliéné la propriété publique : canaux, mines, chemins de fer, l'assistance publique obligatoire pour la commune, le département et l'État. Le plus mortel ennemi, le plus perfide adversaire de la démocratie, s'mgéniant à rédiger un programme capable d'écarter de la République le plus grand nombre possible de Français, de lui aliéner des millions de sniïrages, n'aurait pas trouvé mieux que le Comité central des groupes radicaux soetalisles. L'exagération de ces revendications, reconnue par H. Clemenceau lui-même, ne trouva pourtant pas grâce devant les partisans de la révolution violente, qui reprirent leur liberté d'action et proposèrent aux sufTrages des électeurs parisiens une liste plus rouge que celle où figuraient M. Clemenceau et ses collègues de l'ancienne Gauche radicale.
Ce n'était pas seulement parmi les républicains avancés que régnaient ces divisions. Les modérés n'étaient pas plus unis. Pendant que d'tinciens membres du Centre gauche, comme MM. Ribot et Francis Charmes, se ralliaient au gros des forces républicaines, d'autres faisaient scission et, sous l'inspiration de MM. Léon Say et Barthélémy Saint-Hilaire critiquaient amèrement la politique à laquelle ils avaient participé et adressaient à la majorité de M, Ferry, qui était restée la majorité de M. Brisaon, des critiques aussi peu mesurées que celles de M. Clemenceau ou de M. Delafosse.
Le Manifeste du Comité de Setne-et-Otse traitait la Republique opportuniste « de gaspillage et de délicit en permanence, » exploitait les préjugés populaires contre les expéditions coloniales et qualiûaîl la revision de 18S4 de n revision ridicule, o L'inter>'ention inattendue de ces sénateurs, de ces fondateurs de la République dans ]a bataille électorale ne contribua pas médiocrement à porter le trouble et la division dans les rangs des républicains modérés, et le
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désordre dans l'espril des électeurs. M. Léon Say, qui avait réclamé la revision en Décembre 1881, avant les dernières élections sénatoriales, était mal fondé à critiquer l'œuvre du Congrès de 1884. Quant â ta politique de • gaspillage, > ne l'avait-it pas inaugurée en 1879, par l'approbation initiale du plan Freycioet?
Le Manifeste de la Droite, signé de 76 anciens députés, résumait en trois mots toute la politique de la Chambre élue en 1881 et des Ministères républicains : le déficit, les violences, la guerre, La Droite se contentait de criliquer le passé ; elle se gardait bien de formuler un programme d'avenir, dans la crainte de diviser les éléments variés qui la constituaient ; l'union des conservateurs ne pouvait se maintenir qu'au prix du silence sur la forme du Gouvernement. Mais il y avait dans la Droite des enfants terribles, comme dans la Gauche, et le 17 Septembre le prince Napoléon, violant la consigne dans une lettre à un ami, exprima son avis sur le spectacle édifiant qu'offraient les conservateurs. Dans l'union conservatrice, dit-il rudement, chacun cache son programme, chacun dissimule son drapeau. Et encore : « Cette monstrueuse alliance est faite de rélicences et de dissimulation. » Le prince refusait de prendre part h la mêlée électorale dont il n'avait rien à attendre et dont le pays n'avait rien à espérer. Sa protestation isolée fut sans écho : l'alliance monstrueuse subsista et l'on vit sur les mêmes listes figurer des impérialistes comme M. de Cassagnac, des royalistes comme M. Lambert'Sainle-Croix, des cléricaux comme M. de Mun. ■ En présence de ces partis sans franchise, d'un Gouvernement qui par scrupule de conscience, par excès de probité électorale, affecta de rester neutre et qui ne démentit même pas les fausses nouvelles, de fonctionnaires administratifs qui ne dissimulèrent pas toujours leurs sympathies pour les candidats hostiles aux institutions établies, les guides auto-
LE SCRini» DU 4 OCTOBRE .163
risés, les conducteurs de peuple faisant défaut, la France, ea possession d'un nouveau mode de scrutin dont elle ignorait l'emploi, allait, comme disent les Anglais, faire un saut dans la nuit.
Au premier tour de scrutin, le 4 Octobre, 116 réactionnaires furent élus et seulement iil républicains. Treize départements, où les forces républicaines étaient considérables, avaient entièrement passé à la réaction. Le Nord, le Pas-de- Calais, la Somme, le Calvados, l'Eure, le Finistère, les Landes les Basses-Pyrénées, les Hautes-Pyréûées, le Tarn-et-Garonne l'Aveyron, l'Ardèche, l'Indre étaient momentanément perdus pour la République. Que le mouvement contiouât et s'étendît le 18 Octobre, et la forme même du Gouvernement était en péril. Les plus optimistes espérances des réactionnaires étaient dépassées, comme aussi les prévisions les plus pessimistes des républicains. Le scrutin de liste n'avait rien donné de ce que l'on attendait de lui : à Droite comme h Gauche il avait écarté du Parlement les hommes les plus connus et il les avait remplacés par des candidats dont la notoriété ne s'étendait pas même jusqu'aux limites de l'arrondissement. A Droite MM. Caillaux, de Fourtou, Decazes, de Meaux et de Broglie étaient battus ; & Gauche MH. Ribol, Devès, Germain et Ranc. Le Ministère avait laissé 4 de ses membres sur le carreau : MM. Pierre Legrand, Hervé-Mangon, Hérault et Rousseau, et un cinquième, M. Goblet, en mauvaise posture pour le ballottage. Trois membres du Cabinet seulement étaient élus MM. Brisson, Sarrien etCavaignac. Paris n'avait pu faire sortir des urnes que 4 noms sur 38 : ceux de JKM. Lockroy, Floquet, Anatole de la Forge et Brissoo.
Les journaux royalistes, après le 4 Octobre 1885, étaient en droit d'affirmer que le parti conservateur avait doublé ses forces dans le pays, tandis que le parti républicain avait vu son armée diminuer d'un tiers.
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Une seule manifeslalion gouveroementale de quelque importance se produisît entre le 4 eL le 18 Octobre. Le 11 Octobre, le Président du Conseil adressa une lettre très sage, très politique à ses électeurs, où il faisait une fois de plus appel h la conciliation. Ses conseils seraient-ils entendus? Ils le furent, parce que les plus modérés parmi les républicains s'efTacërent patriotiquement devant les candidats d'opinion plus avancée, et le second tour de scrutin fut un triomphe pour les radicaux, comme le premier avait été un triomphe pour les monarchistes.
Dès le lendemain du 4 Octobre les journalistes radicaux avaient rappelé la règle républicaine qui veut que le candidat le moins favorisé au premier tour s'elTace au second tour devant le candidat de même nuance qui a obtenu le plus de voix. Cette procédure s'impose évidemment au scrutin d'arrondissement, quand il n'y a qu'un siège à pourvoir; mais au scrutin de liste quand le nombre des députés à nommer est multiple, l'équité comme l'arithmétique commandentde proportionner le nombre des candidats accordés & chaque fraction du parti républicain, au nombre des suffrages obtenusau premier tour par chaque liste républicaine. S'il s'agit, par exemple, de S5 sièges à pourvoir au second tour de scrutin, la liste radicale ayant obtenu 150.000 voix an premier tour et la liste républicaine 100.000, il conviendra d'accorder 15 sièges à la première liste eHO à la seconde. Les républicains n'ayant pas exigé qu'il en fût ainsi, la théorie de la liste la plus Favorisée tourna presque partout au profit des radicaux.
Le 18 Octobre, sur 269 sièges h pourvoir, 244 revinrent aux républicains et aux radicaux, io seulement aux réactionnaires. Après les élections coloniales, la Chambre nouvelle comprit 383 républicains et SOI réactionnaires. Les383répu< blicains se divisaient eu radicaux au nombre de 180 et en modérés au nombre de 200. Les réactionnaires se divisaient