CHAPITRE IX
LE TilOISlÈHE MINISTÈRE DE FBEYCINET Dn 7 JaoTier an 11 Décombre 1888.
M. de Freycinat — La combinaison du 7 Janvier. — Prépondérance des radicaux. — Le Message du 14 Janvier. — La Déclaration du 16 Janvier. — L'Iirgence sur l'amnistie. — Les interpellations. — La grève de Decaieville. — L'alfaire de Chftteauvillain. — Les tarifs des chemins de Ter. — L'abus des interpellations. — Les propositions Duché et Rivet. — Les trois majorités. — La t&le du i5 Mai. — La loi d'expulsion h la Chambre. — La loi d'expulsion aw Sénat. — Les princeS'OfDciers, — Le général Boulanger en 1886. — La revue du 14 Juillet. — L'œuvre législative de la session ordinaire. — Ln loi sur les Caisses de reiraile pour In vieillesse. — Les Élections départementales des 1" et 8 Aolit. — Le Parlement hors session. — La grève lie Vierzon et la séance du 18 Octobre. — Le budget de M. Sadi-Carnot. — La Commission du budget de 1887. — L'œuvre de M. Goblet en 1N6S. — L'enseigneiuent supérieur. — L'enseignemenI secondaire moderne. — La loi du 30 Octobre en première délibération au Sénat. — La seconde délibération au Sénat. — La nomination des instituteurs par les préfets. — La loi sur l'enseignement primaire à la Chambre, — La politique coloniale de M. de Preycinet : les Protectorats. — La politique extérieure. — Les derniers actes de M. de Freycinet à l'extérieur. — L'évolution de Léon XIII. — L'amendement de M- Coiravru. — Chute du Ministère du 7 Janvier.
Il fallait que le parti républicain fût biea pauvre e» hommes pour qu'après la retraite de M. Brisson, en l'absence de tout principe et de toute direction, l'on soit retombé presque fatalement à H. de Freycinet. Son plan de travaux publics, si onéreux pour le Trésor, son attitude en face des congrégations en 1880, les fautes de sa politique extérieure en 1882, auraient dû le tenir longtemps éloigné du pouvoir. D'autres en ont été écartés à tout jamais pour de moindres eireurs. Ils n'avaient pas la merveilleuse souplesse de M. de Freycinet ; ils n'excellaient pas comme lui & se diriger au
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milieu des écueils parlementaires, à faire dévier les coups, à embrouiller les contradicteurs, à sortir sains et saufs des plus confuses mêlées, k obtenir, dans une seule séance, deux et jusqu'à trois majorités différentes, faisant voter pour le Cabinet d'abord la Droite et l'Extrême Gauche, ensuite la Gauche modérée et la Gauche radicale, ea dernier lieu toutes les Gauches. Seul il était capable de ces exercices de prestidigitation parlementaire, dans une Assemblée où coexistaient trois minorités d'égale force. Hais aussi il était parfaitement incapable d'exercer une action durable sur les 300 membres de la Gauche modérée et d'attirer à eux, pour en faire une vraie majorité de gouvernement, les 60 ou 80 membres de la Gauche radicale qu'il eût été possible de retenir, avec un peu de fermeté et de caractère.
Gambetta avait prédit une ère des difficultés : c'est l'Ère des périisqui availcommencé et M. de Freycinet n'était pasde taille à les conjurer. On s'en apergut dès le 7 Janvier 1886, quand l'on connut l'étrange combinaison h laquelle il s'était arrêté. Prenant avec la Présidence du Conseil les Affaires Étrangères et les pays de Protectorat, H. de Freycinet gardait de l'ancien Ministère M. Goblet à l'Instruction Publique, H. Sadi-Carnot aux Finances, M. DemAle qui passait des Travaux publics & la Justice et M. Sarrien qui échangeait les Postes et Télégraphes pour l'Intérieur. Les nouveaux ministres étaient M.. Baïbaut aux Travaux Publics, M. Develle à l'Agriculture, M. Granet aux Postes et Télégraphes, M. Lockroy au Commerce, augmenté par déci'ct de l'Industrie, l'amiral Aube, un spécialiste, à la Marine, et enfin à la Guerre, un général encore peu connu en dehors de l'entourage de M. Clemenceau, qui allait se faire connaître dans une spécialité, heureusement rare, celle du soldat politicien. Les sous-secrétaires d'État étaient M. Peytralaux Finances, M.Bernard (du Doubs) à l'Intérieur, M. Turquet aux Beaux-Arts et H. de la Porte aux Colonies,