‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 58 sur 145 · ANTÉCÉDENTS DU GÉNÉRAL BOULANGER · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS DU GÉNÉRAL BOULANGER

il avait pu étudier toutes les réformes qu'il essaya de réaliser comme ministre. Le âS Mai 1884, il déposa un projet de réorganisation de l'armée qui supprimait le volontariat d'un an et réduisait le service à trois ans; il créa les sections techniques; il établit un nouveau système de propositions pour l'avancement et pour les Dominatione et promotions dans la Légion d'honneur. Il s'était donc montré un administrateur actif et bien renseigné, comme il s'était montré un admirable soldat, quand survinrent les deux interpellations de la Chambre et du Sénat sur la radiation des princesoniciers des cadres de l'armée. Que le ministre de la Guerre ait appliqué aux princes l'article 4 de la loi du 22 Juin 1834, personne ne pouvait s'en étonner ; mais les victimes de ces mesures furent un peu surprises de l'àpreté que le général Boulanger avait montrée contre son ancien chef du Vil'Corps, le duc d'Aumale, et elles répandirent des lettres où le colonel Boulanger traitait Son Altesse Royale avec des formules et une alTectation de courtisanerie que le respect hiérarchique ne commandait pas. Si le général Boulanger avait loyalement reconnu ses lettres tout eût été dit : il eut la mauvaise inspiration d'en nier l'authencité, fut forcé ensuite de les avouer et dès lors tous les esprits sérieux, tous les hommes tin peu droits le tinrent en déQance. Cette défiance ne fit qu'augmenter, quand des amis maladroits compromirent le général par l'exagération de leurs éloges ; quand des journaux, qui prenaient le mot d'ordre dans son cabinet, le représentèrent & la fois comme un dictateur possible et comme le futur général de la revanche ; quand Y Intransigeant et la Lanterne, qui avaient brisé tant d'idoles, en élevèrent une nouvelle.

La revue du 14 Juillet 1886 eut un éclat exceptionnel ; quelques détachements quiavaientparticipéà < l'épopée > du Tonkin, y figuraient avec le lieutenant-colonel Dominé, le

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héros de Tuyeo-Quan. Leur présence nejuslifiait pas l'extraordinaire enlhousiasmedontle miDistre de la Guerre fut l'exclusif objet. Il n'était plus question ni des héros de la fête, ni du Président, ni des représentants, ni de la République. La foule en délire n'avait de regards que pour le cheval noir, de cris et de vivats que pour celui qui le montait. De Longchamps au ministère de la Guerre ce fut une longue ovation. Quelques personnes qui avaient conservé leur sang>froid disaient, avec tristesse, en rentrant à Paris : < Nous avons un maître. ■ C'était en vain que pendant seize ans ou avait travaillé au relèvement de la patrie, & la guérison de ses blessures, à la réforme de ses mœurs. Tout ce travail n'avait profité qu'à un homme. Le vieil esprit renaissait. De nouveau les destinées du pays dépendaient d'un soldat de fortune. Bien aveugles ceux qui ne le virent pas ce jour-là. Bien coupables ceux qui, le voyant, fermèrent les yeux h. la lumière.

La session ordinaire de ltiS6 fut close le IS Juillet : nous n'avons & retenir de l'œuvre législative accomplie dans cette session, en dehors d'une loi d'enseignement sur laquelle nous reviendrons, que le vote de la loi sur les sucres qui fut discutée du 7 au 24 Juin à la Chambre et adoptée le 8 Juillet au Sénat. Le système de la loi du 29 Juillet 1884 en changeant l'assiette de l'impôt, qui pesa non plus sur les produits fabriqués mais sur la betterave entrant chez les fabricants, avait fait perdre au Trésor, depuis l'application de la loi, une somme de 40 millions, chiffre du bénéfice réalisé par les fabricants. Le Gouvernement, pour atténuer la perte du Trésor, aurait pu augmenter un peu le rendement du taux légal; il en fut empêché par les protectionnistes et dut consentir à un remaniement de taxes demandé par les colonies sucrières françaises et à la propagation de la surtaxe sur les sucres étrangers.

La loi sur la Caisse nationale des retraitespour la vieillesse,

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adoptée par la Chambre avec lea modîlications que le Sénal y avait introduites, fut promulguée le 29 Juillet. La Caisse des retraites est gérée par l'administration de la Caisse des dépôts et consignations. Son capital de rentes viagères est formé par les versements volontaires des déposants. Le maximum de rentes viagères que la Caisse est autorisée à inscrire sur la même tête est de 1.200 francs. L'entrée en jouissance de la pension peut commencer à cinquante-cinq ans; plus tôt, en cas de blessures ou d'infirmités.

Les vacances parlementaires de 1886 qui durèrent trois mois, du 15 Juillet au 14 Octobre, n'offrirent à l'intérieur qu'un événement d'intérêt général : les élections départementales du 1" et du 8 Août. Après leur succès de 188S les conservateurs fondaient de grandes espérances sur les élections départementales : ces espérances furent déçues puisqu'ils ne gagnèrent que 15 sièges. C'était un recul pour les républicains sur les élections précédentes, mais un recul insignifiant. Les conservateurs avisés se rendirent si bien compte de l'indifférence du pays à l'égard des monarchistes qu'ils constituèrent, au lendemain de ces élections, une Droite républicaine : le premier article du programme du nouveau groupe, fondé par MM. Raoul-Duval et Lepoutre, fut l'accord avec les républicains sur le terrain de la Constitution.

Il semblait que H. Raoul-Duval, en s'interdisant toute atteinte contre la forme du Gouvernement, eût entendu les remarquables paroles que Jules Ferry avait prononcées k l'ouverture de la session du Conseil général des Vosges : < En dehors de la République, franchement et résolument acceptée, il n'y a plus, pour les conservateurs dignes de ce nom, ni rôle politique sérieux & prétendre, ni action efficace k exercer sur les grands intérêts nationaux. Il faut à une République bien constituée un parti conservateur. Tempérer

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la démocratie, la modérer, la contenir, c'est ud noble rôle. Mais, pour le remplir, il ne faut pas se séparer d'elle. > Cette action sociale à exercer sur les grauds intérêts nationaux, H. Waldeck- Rousseau la précisait avec une force saisissante, dans un comice agricole d'IlIe-et-Vilaine. L'ancien ministre de l'Intérieur traçait tout un programme de gotivemement et semblait, en même temps, faire la critique amëre du système politique suivi par le Cabinet du 7 Janvier, quand il exposait les vœux, les volontés du pays réclamant plus de décision, plus de travail effectif, moins d'agitation et surtout une certitude et une persistance d'orientation sans lesquelles rien n'est possible. 11 faut faire plus de place aux préoccupations économiques et aux réformes pratiques; il faut poursuivre l'œuvre de défense qui ne s'impose pas seulement sur le terrain militaire, mais sur le terrain industriel où nos positions sont menacées, aussi bien que dans le domaine commercial. Il faut aussi rendre l'instruction plus variée, plus appropriée & une culture et h un développement professionnels. Il faut enfin chercher une conciliation pacifique entre le capital et le travail, parce que le moindre progrès social est d'un plus haut intérêt que ce que M. Waldeck-Rousseau appelait < des problèmes de scolastique et de théologie républicaines. >

M. Waldeck-Rousseau , dans l'Ille-et-Vilaine , parlait comme Frédéric-Charles, après Hetz. Nous venons, disait le prince à ses officiers, de combattre et de vaincre sur le ler-

in militaire; il s'agit maintenant de combattre et de ncre sur le terrain industriel. Pour les Allemands, ces paroles ont été tout un programme et l'on a pu dire qu'après le Sedan militaire, ils nous ont infligé un Sedan industriel. M. Waldeck-Rousseau voyait clairement ce danger en 1886 et il indiquait les moyens les plus propres èi le conjurer; malheureusement il ne dépendait pas de lui de supprimer

LA GRÈVE DE VtBRZON S9r>

les vaines querelles de parti, de substituer les combats du travail aux combats de la parole, de susciter chez les Français inertes l'esprit d'entreprise, de les pousser hors de leurs frontières où ils étouffent et surtout de refaire l'éducation économique d'une bourgeoisie foncièrement honnête mais pusillanime et paresseuse.

Pendant que MM. Ferry et Waldeck-Rousseau envisageaient la situation avec cette hauteur de vues M. de Freycinet, dans la Haute-Garonne, était comme hypnotisé par sa politique de concentration; il ne songeait qu'& demander aux membres de l'Extrême Gauche, à ceux qu'il appelait les éclaireurs d'avant-garde, de ne pas aller trop vite, et ft la masse gouvernementale, à son corps d'armée principal, de h&ter unpeu le pas, de faireencoreet sans cesse, aune union impossible entre les groupes les plus disparates, des sacrifices qui ne sont jamais payés de retour.

On le vit bien dès l'ouverture de la session extraordinaire. Une grève avait éclaté à Vierzon, au mois d'Août, parmi les ouvriers de la Société française de matériel agricole. Elle était restée pacifique, parce que les meneurs de la grève n'avaient pu décider les députés socialistes et les rédacteurs des journaux révolutionnaires à venir tout envenimer. Quand la Société rouvrit ses ateliers, au commencement d'Octobre, les grévistes voulurent empêcher leurs camarades de rentrer; ils les attaquèrent & coups de pierre et de bâton et ils en blessèrent plusieurs. La gendarmerie et l'infanterie firent plusieurs arrestations, parmi lesquelles celles d'un conseiller général et d'un conseiller municipal qui furent condamnés à la prison et déchus de leurs droits civiques.

Le Gouvernement qui venait de gracier M"^ Louise Michel, après MM. Duc-Quercy et Roche, condamnés eux aussi pour leur intervention dans les troubles de Decazeville, n'était pas suspect d'animosité contre les grévistes, non plus que

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contre leurs protecteurs. Il n'en fut pas moins rudement interpellé à propos des incidents du 5 Octobre à Vierzon, par UH. Maret, Millerand, Camelinat et Basiy. MM. Sarrien et Demôle justifièrent la conduite du Gouvernement et acceptèrent un ordre du jour déposé par M. Steeg. C'était une approbation, avec la confiance que l'énergie du Gouvernement saurait maintenir la tranquillité publique et la liberté des travailleurs. L'ordredu jour pur et simple ayant été adopté sans scrutin, M. Sarrien considéra ce vote comme un blâme et quitta la séance en annonçant qu'il allait remettre sa démission; H. Sadi-Carnot dont les projets financiers étaient mal accueillis par la Chambre, l'aiirait suivi; MM. Baïhaul et Develle se seraient probablement joints à leurs collègues et le Cabinet du T Janvier, privé de tous ses éléments modérés, se serait dissous.

Celte perspective inquiéta vivement le Président de la République : il fit un pressant appel à tous les ministres et Je Cabinet resta aux affaires. Ce replâtrage fut annoncé au public par une note ainsi conçue : * Le Conseil a été d'avis que le débat du 18 Novembre soulevait une question de politique générale, engageant la responsabilité du Cabinet tout entier et qu'il était impossible de considérer le vote de ' l'ordre du jour pur et simple comme un vote de désapprobation soit pour cette politique, soit pour le ministre de l'Intérieur. > Cette déclaration n'était pas très fière; elle assura au Cabinet du 7 Janvier cinq semaines de plus d'une existence très marchandée. Seul, M. Balhaut, trouvant humiliantes les conditions faites aux modérés et à l'Union des Gauches, se retira le 4 Novembre et fut remplacé par M. Ed. Millaud, sénateur du Rhône. M. Grévy avait redouté l'explosion d'une crise qui l'aurait mis dans un réel embarras, vu l'état de division des partis et qui serait survenue bien mal b propos, en pleine discussion budgétaire. Radi-

LE BL'DGtT SADI-CARNOT HHl

eaux et modérés conlinuërent à vivre cùte à c6te durant quelques jours, sous la Présideoce de M. de Freycinet, sans plus de solidarité ni d'union intime que par le passé.

En 1886 comme en 1883 H. Sadi-Carnot présenta un budget sincère et courageux. Il parvint à réaliser sur tous les départements ministériels une économie de 50 millions qui devait profiter au budget de 1887, mais qui était insuffisante pour couvrir le déficit. Les recettes de 1885 sur lesquelles il fallait se baser, depuis l'abandon du système d'évaluation de H. Léon Say, donnaient 37 millions de moins-value par rapport aux évaluations budgétaires cl 5 millions de moinsvalue par rapport à 1884 ; les deux premiers mois de 188t> avaient donné 23 millions et demi de moins-value par rapport aux évaluations budgétaires et IS millions et demi par rapport à 1885. 11 fallait donc, au moment oii fut préparé le budget de 1887, parer b. une insuffisance de recettes de 206 millions et le GouvernemeiH s'était engagé, par la Déclaration ministérielle du 16 Janvier, ^ ne pas contracter d'emprunt, & ne point créer d'impôt nouveau et à fondre le budget extraordinaire dans le budget ordinaire.

H. Carnot proposait de réformer l'impAt sur les boissons en doublant le prix de la licence et en portant de 156 k 216 francs par hectolitre la taxe de l'alcool. Cette réforme ne devant donner qu'une somme insuffisante, il trouvait un supplément de ressources dans une combinaison assez simple. L'Assemblée nationale avait inscrit au budget du ministère des Finances un chapitre intitulé : amortissement des obligations sexennaires. Il existait 466 millions d'obligations sexennaires que l'on aurait transformés en Dette perpétuelle par une émission de rentes. Cette émission, que M. Carnot voulait faire de 1.466 millions en 3 p. 100, aurait permis de couvrir 1$12 millions d'obligations & court terme destinés à pourvoir aux dépenses extraordinaires de 1886, 105 millions

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(le dépenses nécessaires pour la réfection ou le complëmenl de l'armement, et enfin 7S0 millions destinés k rembourser la Caisse des dépôts et consignations. La Commission du budget, moins hardie que le ministre, n'autorisa qu'un emprunt de 500 millions qui eut lieu le iO Mai. L'État offrait près de 19 millions de rentes, on souscrivit plus de iO Tois cette somme. L'emprunt réussit donc ; mais la principale combinaison financière de H. Carnot avait re^u une sérieuse atteinte : elle en rejut d'autres, quand la Commission refusa de supprimer le budget extraordinaire, de convertir en rentes perpétuelles les obligations sexennaires et d'admettre la surtaxe sur l'alcool. Plusieurs fois le ministre fut sur le point de se démettre. 11 ne consentit que par patriotisme & garder son portefeuille, h suivre les évolutions d'un budget qui n'était plus le sien. La Commission, en effet, évaluant à 1S4 millions environ le déficit, proposait de le couvrir par la suppression du privilège des bouilleurs de cru (40 millions), la majoration des droits sur les céréales (près de 10 millions), les économies à réaliser (15 millions), le quadruplement des licences (:26 millions), l'impôt sur le revenu (53 millions) et autres ressources aussi éventuelles. Le dissentiment subsista entre le Gouvernement et la Commission, la Chambre soutenant tantôt l'un tantôt l'autre, jusqu'à la chute du Cabinet. La discussion générale, du 4 au 15 Novembre, n'avait été signalée que par des débats politiques. Celle des articles aboutit, au bout de deux jours, au renvoi du budget tout entier h la Commission et à des réductions sur le personnel des Qnances, sur les pensions de la marine, sur les frais de justice criminelle, sur les trésoriers généraux et les receveurs particuliers, réductions opérées malgré le ministre des Finances par une Commission loute-puissanle, en présence d'un Gouvernement inerte, dont les finesses et les hésitations exaspéraient tout le monde, même les membres du Cabinet

l'enseignemkht sëcokdaibe spécial 399

dont les aous-secrétaires d'État démissioonèreat, parce que leurs traitements étaient mis eu question et ne reprirent leurB foaclions, pour vingt-quatre heures, qu'& leur corps défendant (2 Décembre.)

Si M. Sadi-Garnot, mal soutenu par le Président du Conseil, ne put faire accepter par la Commission, où MH. Rouvier et Wilson lui furent également hostiles, son projet de budget, le ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, laissé entièrement libre dans son département, y réalisa l'œuvre la plus utile de cette administration. Il put même donner un commencement d'exécution à son projet de séparation des Églises et de l'État. Dans la discussion qui s'engagea le \" Juin, k la Chambre, sur l'abrogation du Concordat, M. Gobletse montra favorable à la prise en considération, afin de permettre ultérieurement une étude approfondie de cette grave question. La prise en considération fut votée mais l'heure de l'étude approfondie ne sonna pas : les partisans de la séparation n'ont, comme présomption favorable, que le vote, sans doute périmé, du 1" Juin lt)86.

En matière d'enseignement les résultats obtenus par U. Goblet et dus à son énergique initiative furent beaucoup plus importants. Dans l'enseignement supérieur nombre de circulaires très nettes, très impératives facilitèrent l'appUcalion des décrets de Juillet et de Décembre 1885 et habituèrent les Conseils généraux de Facultés & la pratique d'une liberté très nouvelle pour eux.

Par un décret du 8 Août 1886 furent mis en vigueur les nouveaux programmes de l'enseignement secondaire spécial que le Conseil supérieur avait adoptés dans sa session de Juillet. L'enseignement devait comprendre deux langues vivantes au lieu d'une, et durer six années au lieu de cinq. La méthode générale du nouvel enseignement fut maladroitement calquée sur celle de l'enseignement classique : elle

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consistait à dODoer, autant que possible, aux élfeves qui ne se destinent pas aux carrières libérales, une culture aussi littéraire, aussi désintéressée qu'à leurs camarades de l'enseignement classique.

Dans une circulaire du 29 Septembre 1886 M. Goblet exprimait l'espoir que ces réformes détourneraient beaucoup d'élÈves de l'enseignement classique, qui ne convient qu'à une minorité, pour les ramener à l'enseignement spécial. Cet espoir ne s'est pas réalisé. La grande majorité de la population scolaire continua d'encombrer l'enseignement classique, parce que les parents continuèrent à s'engouer de l'enseignement classique : pour eux, faire des études c'est apprendre du grec et du latin. Les autres réformes introduites dans l'enseignement spécial, la suppression du certillcat d'études délivré après la troisième année et l'établissement d'une sixième année n'étaient pas faites non plus pour retenir une clientèle plus pressée, ayant moins d'argent et moins de temps à consacrer à la culture générale et qui se fera d'autant plus rare qu'on voudra la retenir plus longtemps.

H. Goblet aurait voulu donner à l'enseignement secondaire spécial le nom d'enseignement classique français : il ne fut pas suivi par le Conseil Supérieur et l'ancien nom fut con* serve. H. Goblet eut le mérite de bien comprendre que la révolution économique et sociale de ce siècle en entraine d'autres après elle, que le système d'éducation d'un État aristocratique, gouverné par une élite élégante et riche, ne saurait convenir à une grande démocratie, obligée de lutter pour gagner sa vie de chaque jour, pour garder sa place dans la concurrence universelle. Si le type d'enseignement adopté par le Conseil supérieur en 1886 n'était pas de nature & donner satisfaction à tous les besoins d'une démocratie laborieuse, le ministre ne doit pas en être rendu seul responsable; il avait indiqué la voie : les partisans des éludes gréco-

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