LA SITUATION EXTÉRIEURE EN DÉCI^UBRE 1886 4IS
cèdent. Le prétendaDt conseillait à ses fidèles de ae pas suivre une politique inconstilulioanelle, d'éviter les coalitions parlementaires avec les radicaux et surtout les scènes déplorables comme celles doat ils avaient donné le spectacle au Congrès de Versailles, au mois d'Août 1884. Toute la Droite pouvait prendre sa part des reproches qui s'adressaient au passé ; une trentaine de membres devaient entendre les conseils qui ne pouvaient s'appliquer qu'à l'avenir : ils préréreront parfois l'abstention à la coalition avec les radicaux.
La situation parlementaire, èi la lin de 1886, était donc relativement favorable. La situation à l'extérieur ne semblait pas non plus trop sombre. Le Reichslag avait ajourné au mois de Janvier le vote sur la loi militaire qui devait avoir une si grande répercussion sur notre politique. Le Quirinal avaitdénoncé le traité de commerce franco-italien; mais cette guerre des tarifs, si guerre il y avait, n'était pas déclarée à la France seule ; Rome rompait commercialement avec l'Autriche-Hongrie en même temps qu'avec nous. Nos relations avec l'Angleterre, au sujet de l'Egypte, restaient dans le statu quo : pendant que la Porte demandait vainement l'évacuation au Cabinet de Saint-James, conformément à la Convention du 34 Octobre 1885, nous le saisissions de la question toujours pendante de neutralité du canal de Suez.
Toutallaitbieniians les pays de Prolectorat. AHadagascar les Hovas contractaient un emprunta noire Comptoir d'escompte et se préparaient à solder l'indemnité de guerre dont nous détenions le gage, Tamatave. Au Cambodge le roi Xorodom ae montrait satisfait des vestiges de pouvoir qui lui avaient été laissés. EnTin les relations s'amélioraient avec nos voisins du Tonkin et Li-Hung-Chang commandait & des ingénieurs français d'importants travaux qu'il faisait exécuter n Port-Arthur. Ces travaux devaient proiiler aux futurs
41t3 LE HlNlâTÈRK fiûBLEI <lt Uéc. ISMaO Uai 1887)
maîtreâ de Porl-Arthur, h. nos alliés les Russes, douze aas plus tard.
L'édileur des discours de Jules Ferry, M. Paul Robiquet, apprécie en ces lennes l'anuée 188C : • Ainsi se Lermina la trisle aanée 1886, année de marchandages, de compromissions, de coalilions dégradantes entre la Droile et l'Extrême Gauche ; de profond désarroi pour le parti républicain gouvernemental, tourmenté par le remordii de ses fautes, anxieui de l'avenir, parce qu'il avait honte d'un récent passé. ■ Ce jugement n'est pas injuste ; mais il faut se garder de rendre le Président du Conseil du 1 1 Décembre responsable de cette lamentable situation, H. Goblet n'eut pas de complaisances pour l'Extrême Gauche; il ne poursuivitpa^ la tâche impossible, paradoxale, de faire de 40 ou de oO révotuiionnaires autant d'hommes de Gouvernement; il renonça aux grandes ambitions et, sacrifice plus pénible, à la réalisation des idées qui lui étaient chères ; il sut exercer le pouvoir avec une certaine rudesse qui n'allait pas sans dignité. S'il se trompa, c'est dans l'opinion qu'il se fit du plus bruyant de ses collaborateurs, dans la conviction oii il resta si obstinément que sa présence & la tête du Cabinet suffisait k neutraliser l'homme autour duquel s'agitaient tous les mécontentements, tous les appétits, toutes les haines, toutes les envies, tous les rêves, tous les sophismes et toutes les intrigues. H. Goblet ne vit pas quelle lutte était engagée entre les partisans du respect de la Constitution et les partisans d'une Dictature militaire, ni que les factions vaincues et les régimes abolis avaient leur représentant dans son propre Cabiuet et qu'avec son passé irréprochable, ses sentiments libéraux, il était le paravent derrière lequel complotaient tous le» ennemis de la République. De plus il eut la mauvai^^c fortune d'êlre soutenu, justement parceque le général Boulanger était ministre do la Guerre, par des