‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 63 sur 145 · M. GOBLET ET LES FONDS SECRETS · texte numérisé non relu

M. GOBLET ET LES FONDS SECRETS

Devact la Chambre il n'y eut de discussion que sur les articles où les partis se donnaient habituellement rendezvous pour se compter : ceux qui intéressaient les fonds secrets du ministère de l'Intérieur et les cultes subventionnés. L'opposition n'avait pas encore pris l'habitude de greffer, sur la discussion du budget des dépenses, des projets de résolutions qui sont de véritables interpellations ; elle était aussi moins portée qu'elle ne l'a été plus tard à opérer par voie budgétaire de graves changements administratifs. Les fonds secrets furent accordés à M. Goblet par S6S voix contre 313, après que le ministre de l'Intérieur se fût engagé à ne disposer de ces fonds que dans l'intérêt de la sûreté publique, engagement qui ne devait pas et qui ne pouvait pas être rigoureusement tenu. Le budget des cultes fut voté par 331 voix contre 173. Les 173 opposants étaient partisans de la dénonciation du Concordat. Un court échange d'observations eut lieu entre H^' Freppel et M. Berlhelot, au sujet de la surcharge des programmes scolaires. Évêque et ministre se trouvaient d'accord pour déplorer cette surcharge, que les progrès de la science rendaient à peu près inévitable. Une invention, une découverle qui tombent dans le domaine public doivent nécessairement figurer sur les programmes d'enseignement et particulièrement sur les programmes scientifiques. Quant aux programmes littéraires, n'est-il pas naturel qu'ils s'allongent et s'enrichissent des noms des écrivains et des poêles contemporains f

La Chambre acheva, le S Février, la discussion du budget des dépenses. Au budget des recettes, elle réduisit encore l'amortissement de 8 millions et elle porta le rendement de la taxe sur les sucres, qui n'avait donné que 133 millions pour 1886, à 168 millions pour 1887. Un vote, rendu à la majorité de 357 voix contre 238, invita le Gouvernement à préparer, pour 1888, un projet d'impdt sur le revenu.

iiO LE HINISTËHE GOBLET (Il Dec. IS8S-30 Hai 18S7|

Le Sénat dut siéger du 19 au tS Février, pour étudier hâtivement le budget de 1887. Le ministre des Finances exposa, ce que l'on savait de reste, que le budget de 1887 n'était pas son oeuvre ; il promit de di'poser pour 1888 un projet mieux équilibré et le Sénat, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, adopta les propositions de la Chambre, en rétablissant Ie3 crédits proposés primitivement par le Gouvernement pour le personnel de l'administration centrale des Finances el pour les sous-préfets: les uns et les autres étaient restés en fonctions depuis le 1" Janvier. Celte considération ne toucha pas la Chambre qui supprima déiinitivemcnt le crédit de un million et demi pour le personnel des Finances. La nécessité de promulguer le budget de 1887 avant le mois de Mars, pouréviter un nouveau douzième provisoire, détermina le Gouvernement à ne pas demander au Sénat le rétablissement du crédit supprimé. Le budget de 1887, après cette longue et pénible genèse, fui arrêté k 2.958 millions pour l'ordinaire, â 171 millions el demi pour l'extraordinaire. Aucune des optimistes espérances de M. Carnot ne s'était réalisée.

Les faits et gestes du général Boulanger tiennent une place à part, une place prépondérante el encombrante, dans l'histoire du Ministère Goblet. A distance sa personnalité éclipse celle de tous ses collègues et un récil complet de ces cinq mois doit souvent se confondre avec la biographie du ministre de la Guerre. Tanl que ses projets étaient simplement commentés et amplifiés par une presse ayant moins d'autorité qu'! de lecteurs, tant que ses visées ambitieuses étaient encouragées par des journalistes qui songeaient seulement à l'opposer à des adversaires poliliques, il n'y avait qu'à hausser les épaules. Mais l'indilTérence ou le dédain n'étaient plus permis quand la pairie était menacée comme les institutions, et le danger apparaissait menaçant de

POPULARITÉ DU GÉNÉRAL BOULANGER -'lH

l'aulre cûté des Vosges. Nos ennemis n'avaieal pas été les derniers à s'apercevoir de la popularité croissante du général Boulanger, et le prince de Bismarck n'était pas homme & négliger, dans sa lutte contre le ReichsLag, l'arme que lui fournissait à point notre patriotisme surexcité.

Il Taut se reporter aux premiers mois de l'année 1887 pour se rendre bien compte des sentiments qu'inspirait -à l'immense majorité des Français le ministre de la Guerre. La France < était folle de cet homme, car c'est trop peu dire amoureuse. > Dans la population civile, dans l'armée l'opinion était à peu près unanime. Bien rares étaient ceux qui avaient jugé le général à sa vraie valeur, bien rares aussi ceux qui se souvenaient et qui lui gardaient rancune de ses lettres au duc d'Aumale. Les civils étaient séduits par sa prestance, par son abord accueillant, par son air franc el ouvert ; les militaires n'enviaient pas sa rapide fortune, justiliée par vingt actions d'éclat ; tous ceux qui le voyaient de près étaient gagnés par sa gaité communicative autant que frappés par sa faculté d'assimilation, par sa prodigieuse mémoire, par son merveilleux talent de mise en scène. Tous aussi reconnaissaient qu'il avait fait vibrer la fibre nationale et qu'il inspirait au soldat une confiance sans borne.

Pendant douze ou treize ans la France avait travaillé sans bruit à son relèvement. Puis elle avait été lancée dans les expéditions coloniales, où elle avait remporté de glorieux succès. Elle s'était habituée à répéter les noms de ceux de ses enfants qui, en Tunisie ou au Tonkin, avaient fièrement porté sou drapeau. Faut-il s'étonner qu'elle se soit engouée de celui qui avait montré autant de bravoure que pas un autre ofticier et qui semblait devoir ajouter, sur d'autres champs de bataille, un nouveau lustre à ses armes? Bien ou mal placée la sympathie pour le général Boulanger était profonde ; il ne fallait pas être un observateur très perspï-

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cace pour le voir; il aurait fallu être un homme politique biea timide ou bien inexpérimenté pour ne pas tirer parti contre dous de celle renaissance du sentiment militaire.

Le chancelier de fer n'avait ni cette timidité ni cette inexpérience. Le 14 Janvier le Reichstag n'avait accordé que pour trois ans les augmentations de crédit et d efTectif: il avait été dissous et une campagne électorale dés plus violentes avait commencé en Allemagne. Avant la dissolution, pour obtenir le vote de la septennalilé, M. de Bismarck avait représenté notre ministre de la Guerre comme un grand général et comme un futur dictateur. Après la dissolution, pour obtenir un Reichstag plus docile, il le Qt représenter comme l'homme-lige des radicaux et comme aspirant à la revanche. En même temps, pour semer chez nous le trouble et l'inquiétude ; pour provoquer une imprudence, un simple mouvement d'impatience qui eussent admirablement servi ses desseins, il agit, ii la frontière, comme si la guerre eût dû éclater le lendemain : tous les déplacements de troupes, tous les essais de fusil se faisaient, pour ainsi dire, sous nos yeux en Alsace et en Lorraine. Les craintes, dans le monde des affaires, furent si vives que la rente, à la Bourse de Paris, baissa de plus de 3 francs pendant la durée de cette crise. A mesure qu'elle approchait de son dénouement le ton des journaux allemands, surtout celui des journaux ofQcieux, devenait de plus en plus agressif et le Gouvernement français attendait dans une sorte d'angoisse la journée du 31 Février, date fixée pour les élections au Reichstag. Fort heureusement et contre l'attente universelle la France, si nerveuse d'ordinaire, sut garder un calme parfait. La presse elle-même laissa tomber sans réponse les provocations des reptiles allemands. Le Cabinet, de son cdté, ne commit pas une faute : M. Goblet refusa formellement de faire une déclaration paciiique à la tribune, ses sentiments

L1£S ÉLECTIONS AU RIilCUSTAG 4â3

étant bien connus, et il poussa le scrupule jusqu'à interdire au ministre de diriger un seul soldat sur la frontière, encourant ainsi une terrible responsabilité pour le cas ob cette froatière eût été attaquée, comme elle avait failli l'être en i875. Ce sont peut-être ces souvenirs de 1875 qui inspirèrent au général Boulanger l'idée d'écrire au Isar ou au ministre de la Guerre de Russie. M. Flourens, qui fît preuve d'un tact et d'une habileté consommés dans ces graves circonstances, réussit à détourner son collègue de cette démarche, h laquelle il enleva d'avance tout caractère inquiétant en la révélant hardiment à l'ambassadeur d'Allemagne. La Russie d'ailleurs était bien décidée à n'intervenir en faveur de personne : un article de son organe officieux, le IVord, l'annonçait à l'Europe le 19 Février.

Quand les élections eurent ramené au Reichstag assez de conservateurs, de nationaux- libéraux et de députés du centre, dociles aux instructions politiques de Léon XIII, pour former une majorité favorable au septennal militaire,, l'accalmie espérée ne se produisit pas. H. de Bismarck, au milieu de ses succès, avait éprouvé des échecs qui lui avaient été particulièrement sensibles. L'Alsace- Lorraine, affirmant une fois de plus, avec une force invincible, sa fidélité & la France, avait nommé IS députés protestataires. Un seul parmi les députés sortants, M. Zom de Bulach, était septennaliste : le protestataire qui lui fut opposé à lu dernière heure réunit une majorité formidable. L'Alsace- Lorraine expia le touchant souvenir qu'elle avait donné èi la mère-patrie: les arrestations arbitraires, les visites domiciliaires, la persécution administrative sous toutes les formes s'y donnèrent libre carrière. En même temps que la police prussienne recherchait les criminels de lèse-majesté pour les déférer à la haute-cour de Leipzig, un redoublement de surveillance était exercé à la frontière. Cette surveillance

4â4 LE HIMSTÉBB OOBUfT (Il tiéc. IB«6-30 Uai t»8T,

même aurait dû ouvrir les yeux du (îouvernemeat frani;ais. Mais après le vot« du septennat, qui eut lieu le II Mars, le Gouvernement français, fort de ses intentions pacifiques, conscient aussi de son bon droit, avait oublié l'alerte du mois de Février. La France, avec sa mobilité d'imprestîîons, s'attendait encore moins à la provocation gratuite dont elle allait èlre l'objet.

Le a Avril une dépécbe de \' Agence Havas annonçait qu'un commissaire spécial de Pagny-sur- Moselle, M. Schn»belé. avait été arrêté sur le territoire allemand, à quelques pas de la frontière, conduit à Novéant, les menolles aux mains, et de là à Helz, où il avait été interrogé. La dépécbe de {'Agence Uavas ajoutait que M. Schnîebelé, que son service mettait en relations fréquentes avec M. Gaulsch, commissaire de police allemand â Ars-sur-Moselle, avait sans doute été victime d'un guet-apeus. Cette nouvelle produisit à Paris une émotion mêlée de stupeur ; la Bourse baissa comme au mois de Février et l'on se tourna anxieusement vers le Gouverne ment, pour avoir des renseignements. Port heureusement les Chambres étaient en vacances et il n'y avait pas à craindre que quelque irréparable parole fât prononcée à la tribune. D'ailleurs le Gouvernement n'était pas plus renseigné que le public et, dans l'incertitude où il se trouvait, il ne pouvait que faire demander à Berlin, par M. Ilerbette, les motifs de l'arrestation de M. Schnœbelé, que faire procéder à une enquête, à Pagny-sur-Mosellc, par les soins des ministres de l'Intérieur et de la Justice.

L'enquête fournit de précieuses indications. Deux ouvriers, qui travaillaient dans un champ voisin du lieu de l'arrestation, prétendirent que M. Schnu;belé, après avoir été assailli, était revenu sur ses pas, suivi par ses agresseurs, et les avait attirés sur le territoire français, où ils l'avaient terrassé. D'autre part, les papiers du commissariat spécial à Pagny-sur-

INCIDENT SCBN^BELÉ 4â&

Moselle renferin aient plusieurs lettres de M. Gautsch, assignant des rendez-vous à son collègue français. Muni de ces renseignements, M. Flourens put adresser au Cabinet de Berlin une note irréfutable. Si M. Schnaîbelé avait été arrêté en France, il y avait eu violation de" notre territoire. Si M. Schnœbelé avait été arrêté en Allemagne, muni d'une lettre de M. Gautsch équivalant à ua sauf-conduit, il y avait eu guet-apens.

A Paris, M. de Leyden, chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur d'Allemagne, avant même de connaftre l'opinion de son Gouvernement, considérait l'arrestation de H. Scbnu;belê, faite dans ces conditions, comme arbitraire et annonçait que si l'enquête allemande constatait ce vice de forme on rendrait M. Schnœbelé. La constatation aurait pu être faite dès le premier moment ; mais H. de Bismarck, se sentant dans son tort, voulut au moins gagnerdu temps et, le 35 Avril, il fit dire à M. Flourens par M. de Leyden que l'enquête n'était pas complète. Le i9 Avril, il remettait à M. Herbette une Note longue, embarrassée, pénible, qui concluait par l'annonce de la mise en liberté de H. Schnœbelé. Cet agent avait-il entretenu desrelatioas avec un Alsacien inculpé de haute trahison, comme le prétendait la Note allemande ? Ce point n'a pas été éclairci et n'avait pas besoin de l'être, du moment que M. de Bismarck nous donnait une satisfaction relative.

Les circonstances dans lesquelles s'était produite l'arrestation de M. Schnxbelé faisaient de cette mesure un véritable attentat au droit des gens. La presse indépendante, dans le monde entier, fut unanime à flétrir ces procédés d'un autre &ge. L'Europe blâma généralement le Gouvernement prussien. La France, qui était resiée aussi calme en Avril qu'en Février, ressentit vivement ce nouvel outrage, plus humiliant pour une nation libre et fière qu'une défaite ou qu'un

4â6 'LE MINISTÈRE GOULET (Il Déc. lS8«-30 Mai 1887)

tribut. Aujourd'hui encore on se demande & quel mobile a pu obéir le chancelier de l'Empire ; quelles raisons le poussaient, après le vote du 11 Mars, à nous imposer ce qui vive? perpétuel, à multiplier les incideots de frontière, à promener des torches à proximité de tous les barils de poudre.

Cet état d'esprit de l'homme d'État allemand commandait aux hommes d'État français la plus extrême réserve. Tous les collègues de M. Goblet étaient capables de cette réserve, sauf le généra] Boulanger. Lui seul ne pouvait remplir simplement son devoir, sans bruit, sans bravade et sans tapage, et i'oQ s'est demandé si le service des renseignements extraofUciel qui existait et qui fonctionnait au ministère de la Guerre,endehorsdu service régulier, n'a pas commis quelques imprudences. L'adresseetletacl n'ont jamais été les qualités maîtresses du ministre de la Guerre : il en a certainement manqué dans ses actes secrets, quand ses actes publics en étaient si complètement dépourvus.

Nous ne faisons pas ici allusion à quelques mesures étranges, comme le port de la barbe dans l'armée, rendu obligatoire pour les soldats et laissé facultatif pour les officiers ; mais aux procédés & la Louis XIV du général envers la Commission de l'armée. Les projets de réforme qu'il avait substitués à ceux de ses prédécesseurs étaient soumis à cette Commission. Elle s'était prononcée comme le ministre, sur le service de trois ans et sur le recrutement des sous-ofTiciers. Alais la suppression projetée de l'École polytechnique avait ' rencontré beaucoup moins de faveur. Le général Boulanger, qui tenait à son idée, s'était empressé d'écrire ab iralo au président de la Commission, M. de Mahy. Se posant en vrai défenseur des principes démocratiques, il reprochait & la Commission, dans une langue aussi bizarre que l'était le procédé, « ses errements monarchiques. ■ La Commission n'accepta pas cette leçon de démocratie ; elle exigea des

l'ordre du jour a L'ARHÉli 4â7

19, elle les obtiat et la réconciliation se fit, toute de surface, bien entendu.

Nous en aurons fini avec le général Boulanger, en rappelant qu'il a fondé le Cercle des officiers de Paria, qu'il aurait voulu célébrer l'inauguration de ce Cercle par une fête militaire dont le principal motif de décoration eût été " Un grand bal au camp le soir d'une victoire » et qu'il quitta le Ministère la veille du jour fixé pour cette fête. I! ne le quitta pas comme tout le monde. Imitant les généraux qui abandonnent un commandement de corps d'armée, il adressa un ordre du jour aux officiers, sous-officiers et soldats. 11 leur rappelait que le respect des lois constitutionnelles devait, dans leurs cœurs, dominer tous les antres sentiments et il s'engageait personnellement & donner l'exemple de la double discipline militaire et républicaine. De même, Louis-Napoléon Bonaparte, en Décembre 1848, avait prêté serment à la Bépublique, avec un accent de sincérité qui avait frappé tous les représentants du peuple.

La discussion des deux budgets, avec les incidents de la politique extérieure, remplit l'histoire du Ministère Goblet. Nous rappellerons ici les événements peu nombreux qui se placent entre le vote du budget de 1887 et la discussion du budget de 1888. Hn dehors du Parlement les élections législatives partielles furent fréquentes dans les quatre premiers mois de l'année. Les électeurs s'étaient ressaisis et, même dans les départements qui s'étaient prononcés pour les monarchistes en 1885, le scrutin fut favorable aux républicains. ï)ans la Manche, l'Aveyron, les Basses-Pyrénées, le Pas-de-Calais, l'Eure, ils l'emportèrent sans peine sur leurs concurrents. Un revirement s'élait-il produit ? Le suffrage universel prétendait-il blâmer ses élus de 1885 de leur alliance avec l'Extrême Gauche, de leur politique révolutionnaire ? Les causes du succès des républicains étaient autres.

W« LE mmSTÈHB GOBLET (H Me. 1886-30 Mal 1887)

Le personnel politique n'est pas inépuisable dans noire pajs, et les monarchistes, après leur victoire da 4 Octobre, ne trouvaient plus d'hommes assez qualiflés pour soutenir la lutte avec quelque chance. C'est ainsi que M. Ribot l'emporta dans le Pas-de-Calais et M. Milliard dans l'Eure, où il fut élu après la mort du fondateur de la Droite républicaine, Raoul-Duval. H. Ribot était un vétéran des Assemblées parlementaires et un des maîtres de la tribune. M. Milliard était un nouveau venu dans la vie politique, où il devait se faire une place importante, après avoir préludé aux grandes discussions par un obscur el utile travail dans les Commissions.

L'attitude deU. Goblet, beaucoup plus nette que ne l'avait été celle de H. Allain-Tragé, expliquait aussi ces succès. Le minisire de l'Intérieur n'hésitait pas à recourir & la mesure extrême de la dissolution d'un Conseil municipal, quand la loi était complètement violée. Le 18 Mars, le Conseil municipal de Marseille avait levé sa séance en l'honneur et en commémoration de la Commune ; il fut dissous pour cette manifestation contraire ii la Constitution elà l'ordre public, et les électeurs le remplacèrent par un Conseil plus sage, qui eut fort à faire pour remettre un peu d'ordre dans les finances municipales. L'assemblée municipale de Saint-Ouen avait approuvé celle de Marseille : M. Goblet la traita comme celle de Marseille ; mais les électeurs de ta Seine n'imitèrent pas ceux des Bouches-du-Bhône. Ils restèrent fidèles à l'assemblée dissoute.

Paris dut également réélire son Conseil, arrivé an terme de son mandat, les 8 et 15 Mai 1887 : il nomma 45 autonomistes, 13 républicains, 11 socialistes et 11 conservateurs. Les républicains sans épithète rentrèrent très affaiblis au Conseil. Le Gouvernement avait espéré un instant que les élections municipales de Paris se feraient au scrutin de liste par arrondissement el que le Conseil municipal de Paris

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