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ministres avec les fonctionnaires qui avaient été présenter leurs hommages au Comte de Paris, alors en villégiature à Saint-Hélier. Le Gouvernement était si peu de connivence avec les fonctionnaires coupables qu'il les avait révoqués, même les maires qui avaient fait le pèlerinage incriminé. M. Rouvier répondit aux înterpellateurs qu'il ne pouvait être ni contre eux, membres de l'Extrême Gauche, ni contre un autre c6té de la Chambre. Il ajouta que le véritable crime du Cabinet n'était pas dans sa présence au pouvoir, mais dans l'absence d'un nom sur la liste des ministres, celui du général Boulanger. ■ Si le pouvoir civil avait reculé d'une semelle, dit-il, c'en était fait de lui. > M. Sigismond- Lacroix sépara sa cause de celle du général Boulanger qu'il avait, en elTet, toujours combattu dans le Radical. M. Clemenceau éprouva lui aussi le besoin de jeter le général par-ilessus bord; mais il prétendit que la Chambre, qui n'avait su faire aucune réforme, était responsable de cette popularité inquiétante et il somma le Cabinet, s'il voulait obtenir la confiance de la démocratie, de présenter des lois que la Droite fût obligée de combattre, t
Dans une réplique d'une vigueur remarquable < M. Rouvier se refusa i. entamer la guerre contre une partie de la représentation nationale. H. Clemenceau lui-même ne pourrait pas le faire, s'il était le Gouvernement. Le Cabinet du 30 Mai s'adresse & tous ceux qui veulent l'aider à accomplir les réformes, h faire les affaires du pays, & le pacifier, en se plaçant sur le terrain des institutions républicaines. Il ne réclame pas le concours de la Droite, mais il ne le refuse pas non plus et il lui suffit d'avoir avec lui la majorité des républicains. « Soyez 200 contre nous, dit-il crânement & M. Clemenceau, et nous abandonnerons le pouvoir & l'ina-
|1) Voir AppeoJîce XII.
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tant même. > Des dMarations très franches, des réponses très nettes k des questiona captieuses portent toujours bonheur & un Ministère. H. Rouvier en fit l'expérience le 11 Juillet. MH. René Laffon, Hérisson et Ménard-Dorian avaient déposé un ordre du jour de défiance, afSrmant que la Chambre était décidée « à ne soutenir qu'une politique clairement républicaine, ne s'appuyant & aucun degré sur le concours de la Droite monarchiste. » L'ordre du jour pur et simple, réclamé par le Ministère, fut adopté par 357 voix contre llf . Ce fut là le grand succès remporté parle Cabinet du 30 Mai, dans la seule discussion un peu sérieuse à laquelle sa politique intérieure ait donné lieu.
Le 19 Juillet suivant, l'interpellation de M. Rivet sur la nomination comme desservant de l'abbé Guillaud, condamné en Cour d'Assises pour les troubles de Cb&leauvillain, aboutit au vote d'un ordre du jour de conQance dans le ministre des Cultes, M. Spuller, l'ami de Gambetta et de Paul Bert, que certains républicains traitaient déjà de cléi'ical, plusieurs années avant qu'il ne se fût réclamé de « l'esprit nouveau ». La lettre de ce clérical & M" Fava, évéquc de Grenoble, qui fut communiquée à la Chambre, était l'œuvre d'un défenseur convaincu des droits de l'Èlat, d'un laïque respectueux de toutes les croyances. Le 27 Juin précédent, l'urgence demandée par H. Labordère, sur une proposition d'élection du Sénat par le suffrage universel, avait été repoussée, à la suite d'une intervention de MH. Raynal el Rouvier. Les séances du 31 Mai, du 27 Juin, des 11 et 19 Juillet furent donc les seules où s'agita la question politique ; presque toutes les autres furent consacrées & la discussion des lois d'affaires que le Ministère Rouvier avait seules annoncées dans sa Déclaration.
Du S Juin au iZ Juillet, date de la clôture de la session, la Chambre consacra la majeure partie de ses séances aux
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projets de réforme militaire qui avaient été déposés par le généra) Boulanger. Dans l'impossibilité d'aborder de front toute la légiatalion militaire, la Commission de l'armée avait détacbé les litres 1 et II, coocernant le service de trois ans et le recrutement des sous-ofriciera. Nous ne reviendrons pas sur le service de trois ans que la Gbambre avait déjà adopté en 1885 ; transmis au Sénat au commencement de Juillet, le projet de 1887 ne devait être étudié que longtemps aprts. 11 avait fallu de longues séances pour la discussion du titre 1 : le titre II, beaucoup moins important, fut volé en trots jours. Le ministre de la Guerre, sans se désintéresser de ces débats et de ces votes, qui étaient surtout des votes de principe, attachait plus d'intérêt à des projets plus modestes et qui purent être appliqués sans délai. Il fit voter l'organisation de la 6' division de cavalerie indépendante, le renforcement des compagnies d'infanterie par la suppression des compagnies de dép6t de 144 régiments d'infanterie et de 30 bataillons de chasseurs. Dix-huit régiments supplémenlaîres d'infanterie territoriale furent créés. Des avantages matériels furent accordés, des positions civiles furent réservées aux sous-ofliciers réengagés. Enlinla mobitisation d'un corps d'armée du sud-ouest, bien que l'utilité de cette opération très onéreuse ait été contestée par M. Cavaignac, fut votée par 3â9 voix contre iH.
Héritant du projet de budget pour 1888 que lui avait légué M. Dauphin, M. Bouvier réussit & y introduire une écoQomie de 1^9 millions, tout en renonçant à 100 millions d'impôts projetés par H. Dauphin. Cette réduction dans les dépenses étant insuffisante pour établir de l'équilibre, le Gouvernement reprit les projets du précédent Cabinet concernant la revision de la loi sur les sucres. Dans l'exercice 1H86-1887, les quantités de sucre railiné exempté de droit s'étant élevées à 135 millions de kilogrammes, le Trésor
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avait perdu, à raison de 50 francs par quintal, 67 millions. Pour les premiers mois de 1887, les sucres avaient donné un mécompte de 2t> millions. Dans ces coadilioDs, il était légitime de se départir de la rigueur des principes protectionnistes, ddt-on abaisser un peu les bénéfices des rafiineura. Le projet de loi, relevant le taux légal de rendement des betteraves prises en charge, vivement combattu par les protectionnistes, ifH. Dellisse, Ribot et Héline, non moins vivement défendu par les libres échangistes, HH. Sans Leroy, rapporteur, Daupbin et Rouvier, fut adopté à la Gbambre par 367 voîz contre 1^2, au Sénat par 176 voix contre 127.
La loi sur les contributions directes, dont le vole était nécessaire avant la réunion des Conseils généraux, fut adoptée sans difQcullés, mais non sans discussion, puisque trois jours lui furent consacrés du 15 au 18 Juillet. Le rapporteur, H. Yves Guyot, proposait, au nom de la Commission du budget, de réformer la contribution foncière des propriétés bâties et celle des portes et fenêtres. Le Président du Conseil promit d'étudier la réforme et les conclusions de la Commission furent rejetées par 341 voix contre 168.
Plusieurs autres projets et quelques propositions de lois furent discutés par ta Chambre dans cette On de session. Nous citerons parmi les projets celui qui concernait le métropolitain de Paris: il fut repoussé; parmi les propositions, celle qui intéressait les victimes du â4 Février 1848 : elle ne fut pas adoptée, parce que la Chambre ne se trouva pas en nombre quand elle vint en discussion, te M Juillet, jour de la clôture de la session.
Quelques jours après son entrée au pouvoir, H. Rouvier avait eu à se prononcer sur quelques mesures prises io extremis par te Cabinet précédent, ou sur des dépenses faites en dehors des crédits régulièrement alloués. L'ancien ministre de