‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 68 sur 145 · POUTIQOE EXTÉRIEURE DE M. FLOURENS · texte numérisé non relu

POUTIQOE EXTÉRIEURE DE M. FLOURENS

la H&rine, l'amiral Aube, qui aurait voulu assurer la défense de nos côtes par des flottilles de torpilleurs et de canonniët'cs à grande vitesse, avait dépassé ses crédits de 19 millions. Celui des Postes et Télégraphes avait, au mépris des règles de l'avancement, nommé un grand nombre d'employés. Celui du Commerce et de l'Industrie avait créé des emplois et accordé des traitements sur les fonds de l'Exposition du Centenaire. Forcé de faire reviser ou régulariser ces mesures, M. Rouvier, quand il fut questionné par un député à ce sujet, s'exprima avec tact et convenance, en homme de gouvernement, toujours un peu solidaire de ses prédécesseurs. C'est, du reste, l'impression que donna constamment de lui H. Rouvier pendant les quelques mois de son Ministère : celle d'un homme de gouvernement et, en même temps, celle d'un administrateur des plus actifs. I) réprima énergiquement les fraudes fiscales, sans se laisser arrêter par les considérations de politique électorale. Il supprima un certain nombre de perceptions, comme avait commencé de le faire H. Dauphin, au fur et à mesure des extinctions. Il nomma une Commission extra-parlementaire pour reviser le régime des alcools, à la suite du vote du Sénat qui avait renvoyé au ministre des Finances le rapport de M. Claude.

Notre politique extérieure, sous H. Rouvier, fut dirigée par H. Flourens, avec la même prudence que sous M. Goblet. A la suite des condamnations prononcées par la Haute-Cour de Leipzig, de Français arrêtés en Allemagne ou d'Alsaciens affiliés à la Ligue des Patriotes, H. Flourens estima sagement que les circonstances obligeaient la France h garder le silence et à s'abstenir des interventions que la Ligue réclamait un peu impérieusement. Dans nos colonies du Tonkin et de Madagascar, oii la tranquillité continuait de régner, des résultats importants étaient obtenus, gr&ce à notre envoyé extraordinaire à Pékin, H. Constans, et à notre rési- Hdg. Zevort. — Troisième République. lu. — 29

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dent général, H. Le Hyre de Villers. Le 26 Juin, M. Constant arrachait à la Chine des modiAcations très avantageuses pour nous au traité de commerce de 1886. Trois mois plus lard, M. Le Myre de Villers, en rompant les relations avec les Hovaa, obtenait en trois jours qu'ils soumissent à son approbation l'exequatur des consuls étrangers.

Jamais le Parlement hors session ne fut aussi actif qu'en 18B7 et la première manifestation, nous pourrions dire le premier Manifeste, fut celui de Jules Ferry. Parlant h Epinal le 24 Juillet, au lendemain de la revue du 14 Juillet, où le Président de la République et le ministre de la Guerre avaient été accueillis aux cris de • Vive Boulanger ! » el « A bas Ferry!; » au lendemain dujour où des députés de l'appel au peuple avouaient cyniquement avoir poussé le général h un nouveau Deux Décembre, H. Jules Ferry flétrit avec une éloquancc indignée les entrepreneurs de dictature militaire. Il définit, en traits înelTaçables, le faux patriotisme qui n'est que la honteuse caricature du vrai ; le patriotisme qui semble avoir pris pour programme de diviser et d'exciter les citoyens contre les citoyens ; le patriotisme qui recrute ses adhérents parmi les revenants de la Commune et qui se rue avec eux derrière le char d'un « Saint-Arnaud de café-concert; •> le patriotisme des ambitions mauvaises, des vanités affolées el maladives. El le grand homme d'Élat terminait sa belle harangue par celle phrase qu'il faudrait inscrire partout et répéter aux Frani^ais b toutes les époques Iroublées, à tous les moments où semblent renaître des passions qu'on pouvait croire éteintes : i< Pour être prêt, il ne faut pas seulement & une nation des canons et des soldats, il faut encore el surtout cette grande préparation morale qui unit toutes les ômes et tous les cœurs dans la résolution des communs sacrifices. »

Le 18 Août, c'était le Président du Conseil qui prenait la parole dans un banquet que lui offrait le commerce parisien.

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