‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 69 sur 145 · LE HROCRAHHB DE H. JOFFRIN · texte numérisé non relu

LE HROCRAHHB DE H. JOFFRIN

Avec un bon sens suprême il demandait à son auditoire d'hommes pratiques si la suppression des octrois n'était pas autrement pressante que la séparation de l'Église et de l'Ëlat, si elle ne devait pas avoir sur la situation des masses laborieuses un eiïel plus direct et plus fécond. Il y a onze ans que M. Bouvier tenait ce langage : l'Église et l'État sont moins sépares que jamais, et la réforme des octrois commence à peine. Passant sur le terrain politique H. Rouviei' se défendait, comme se défendra tout Cabinet qui ne sera pas inféodé à l'Extrême Gauche, en afQrmant qu'il était lui-même, qu'il ne recevait les inspirations de personne, qu'il n'était le prisonnier de personne, qu'il n'avait emprunté son programme à personne, qu'il n'avait déclaré la guerre à aucune personnalité du parti républicain. Notre majorité, disait-il, est ouverte aux deux ailes, y entre qui veut. Et il ajoutait propliéliquement : Le péril serait dans une politique qui créerait des divisions si profondes, qu'il ne serait plus possible de refaire l'unité française, le jour où il deviendrait nécessaire d'appeler toutes les forces vives du pays.

M. Rouvier, d'accord avec Jules Ferry dans sa préoccupation de maintenir l'unité morale de la France, voulait rapprocher tous les citoyens sur le terrain des institutions républicaines. Pendant que les cliefs de la Gauche modérée travaillaient à cette œuvre de réconciliation, à ce rapprochement nécessaire, le parti ouvrier socialiste révolutionnaire, sous la direction de M. JolTrin, publiait un programme dont l'article 1" était la lutte des classes ; entreprise contre toutes les fractions de la bourgeoisie, cette lutte devait être poursuivie jusqu'au jour du triomphe dénntlif de l'égalité politique et économique. Le parti ouvrier terminait par un conseil k la classe ouvrière ; elle devait, si elle voulait en finir avec l'exploitation de l'homme par l'homme, entrer résolument dans la voie révolutionnaire.

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En suivanl l'ordre chronologique des manifeslations hors session, nous trouvons une lettre que M. Lepoutre, député du Nord, adressait au rédacteur en chef du Temps, pour se féliciter des résultats obtenus par la Droite républicaine et accentuer son adhésion & la politique « équitable et modérée »de M. Rouvier, Au contraire le duc d'Audiffrel-Pasquîer, dans une lettre à un ami, affirmait sa foi monarchique et restait fidèle à ses principes, qui étaient ceux « des grands parlementaires de la Reslauratton. » Au moment même où le duc d'AudifTret-Pasquier vantait à son correspondant les mérites de la libre discussion, de la publicité et de la lumière, le Comte de Paris passait au Césarîsme et, dans une Instruction aux représentants du parti monarchique en France, se déclarait prêt à tenir le pouvoir d'un plébiscite. C'est M. Jules Ferry qui répondit au Comte de Paris, dans un discours prononcé à Epinal, le 27 Septembre, où il montra la dégénérescence du principe monarchique, où il fit voir l'héritier des Bourbons accomplissant une évolution vers l'Impérialisme et où il conclut que la lutte n'était plus entre la République et la Monarchie, mais entre la ftépublique et le pouvoir personnel, entre la République et l'une des formes variées de la Dictature qui ne sont que la parodie de la Monarchie.

C'est encore M. Jules Ferry qui prît la parole à Saint-Dié le 2 Octobre, et le programme politique qu'il exposa une fois de plus est bon & consulter pour deux raisons : il est fort sage et il fut la dernière indication fournie & l'opinion par le puissant homme d'État, avant que ne fût posée sa candidature à la Présidence de la République. Jules Ferry s'élève contre la prétention des membres de la Gauche radicale qui n'acceptent la concentration avec les opportunistes qu'à la condition que ceux-ci admettront la suppression immédiate du budget des Cultes et l'élection du Sénat par le suffrage universel. Parti-

DISCOURS DB M. 1. FEBRV A SALNT-DIÉ 453

San (iéterminé du Concordat, il répèle que la suppression du budget des Cultes provoquerait un ébranlement général, une irritation des consciences dont un Gouvernement sérieux ne doit pas se faire un jeu, et il rappelle la parole de GambeUa après la victoire sur le 16 mai l n Je ne vois que deux choses qui puissent désormais exposer la République : une guerre européenne et la suppression du budget des Cultes. » El la suppression du Sénat, car son élection au suffrage universel équivaut à sa suppression, serait-elle plus prudente ? Faut-il exposer les institutions républicaines à ces sautes de vent du suffrage universel, qui sont passagères et réparables avec trois pouvoirs, qui seraient mortelles avec une Assemblée unique et souveraine? La concentration, que l'on proposait alors aux opportunistes, était « une opération de chimie politique, consistant à mettre les modérés et les radicaux dans un même alambic et à chauffer le tout, de façon h ce que les modérés s'évaporent et que le radicalisme reste seul au fond. » El H. Jules Ferry réclamait pour la République un Gouvernement qui gouverne, seul capable, jk son avis, d'extirper le Ccsarisme, de détruire les germes de la vieille maladie nationale qui, deux fols en cent ans, a livré notre pays à la Dictature.

Le â3 Octobre un aspirant César, le prince Victor, reprenait le mot du prince impérial : « Le plébiscite, c'est le droit et c'est le salut » et affirmait à un député, son correspondant, que le régime parlementaire s'était effondré dans le mépris. Le président de VUtiion des Droites, M. de Hackau, dans un discours prononcé avant la réélection du bureau de ce groupe, le 26 Octobre, séparait la cause de la Droite de celle des adversaires du régime parlementaire, et se maintenait sur le terrain dea économies et de la défense sociale. Quanta son alliance avec le Cabinet Rouvier, il n'allait pas jusqu'à la dénoncer, mais il mettait à néant les oritiques vio-

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bodge relevaient désormais du gouverneur généra), au lieu de relever d'un ministère éloigné ou, pour mieux dire, des bureaux de ce ministère.

Le Times publiait, le 2 AoAl, une circulaire que H. Floui-ens adressait à notre ambassadeur à GonsLantinople. Le minisire y exprimait son sentiment sur la mission de Sir H.-D. Woirr auprès du Sultan. L'opinion de H. Flourens ne Tut pas étrangère à la résolution que prit Abdul-Hamid de maintenir intacte sa suzeraineté sur l'Egypte, sans consentir à la partager avec l'Angleterre. Et comme un langage sincère et franc vaut mieux, même en diplomatie, que les détours qui masquent mal l'incertitude des résolutions, l'Angleterre consentit, le 24 Octobre, à régler avec nous les questions encore pendantes de la neutralité du canal de Suez, des Nouvelles-Hébrides et des Iles Sous-le-Vent. Les concessions que fit M. Flourens au Cabinet de Londres ont été critiquées. Quelle que soit la convention relative h la neutralité du canal, un belligérant pourra toujours la tourner ou la violer, surtout s'il est le plus fort, et la supériorité maritinie de l'Angleterre était incontestable. Pour les Nouvelles-Hébrides et les lies Sous-le-Vent, les concessions faites étaient compensées par l'avantage d'en finir avec des objets d'importance minime, ce qui permettait ft notre office des Affaires Étrangères d'étudier un objet d'une bien autre valeur : le rapprochement de la France, de la Russie et de l'Angleterre, pour faire échec à la Triple Alliance.

La Triplice s'était rappelée au souvenir de ceux qu'elle menaçait par l'entrevue de M. Crispi et de M. de Bismarck, le â Octobre, et celte entrevue se produisait en même temps qu'une nouvelle alerte, provoquée encore une fois par un incident de frontière. Aux limites du canton de Raon-l'Etape, ft Vexaincourt, deux Français, en territoire français, avaient été visés et atteints par un forestier allemand tirant du terri-

LlXUVIlli DU GÉNÉRAL FERRON 43'

toire allemand. L'un élait mort du coup, l'autre était blessé. L'incident s'était produit le 24 Septembre ; les excuses du chancelier étaient arrivées le 30 Septembre et, après les excuses, une Note de Berlin avait été reçue à Paris le 7 Octobre, confirmant les excuses et promettant une sérieuse indemnité à la famille de la victime. Pas un instant on ne put croire que les relations entre la France et l'Allemagne seraient troublées par suite de ce déplorable accident; mais aussi, U. Flourens avait pour collègue le général Perron et non plus le nii7es gloriosus des Cabinets de Freycinet et Goblet.

Après l'essai de mobilisation partielle, qui eut lieu du 31 Août au 18 Septembre, et qui donna d'excellents résultats comme rapidité de concentration des troupes, comme organisation du service des chemins de fer et comme rapidité de dislocation, le ministre de la Guerre, sans fanfare, sans jeter à tous les échos son nom et ses actes, travaillait à la défense nationale sur la frontière des Alpes, en préparant la création de régiments d'artillerie de forteresse et de bataillons de chasseurs de montagnes. Les reproches que lui adressa l'Extrême Gauche, d'avoir interrompu la fabrication des fusils par mesure d'économie, étaient dénués de tout fondement : il se justifia aisément en faisant savoir qu'une somme de 78 millions, destinée à l'armement et non employée en 1887, élait reportée sur l'exercice i»SS.

Certes les économies étaient nécessaires, mais on pouvait compter sur H. Rouvier pour les assurer. Nous avons dit dans quelle mesure il avait réduit les dépenses ordinaires de 1888. 11 ne demandait que lOO millions de dépenses extraordinaires pour le même exercice et il proposait la conversion du 4 l/i p. 100 ancien et du 4 p. 100 qui devait assurer à l'État une ressource supplémentaire de 165 millions. La discussion du projet de conversion occupa les pre-

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miëres séances de la Chambre, après la rentrée. Adoptée le 3 Novembre par la Chambre, le 7 Novembre par le Sénat, la loi fut immédiatement promulguée. Nous citerons dans le même ordre d'idées la prorogation, jusqu'au 29 FévrierlSSS, de la surtaxe de 70 francs sur les alcools étrangers et nous signalerons une révélation, faite le S Novembre par M. Rouvier à la Chambre, qui ne fui peut-être pas très remarquée ce jour-là, mais qui revint certainement & la mémoire des membres du Congrès, le 3 Décembre suivant, à Versailles. Le ministre des Finances déclara que M. Sadi-Carnot avait refusé la restitution des droits d'enregistrement réclamée par la société Dreyfus, que M. Wilson avait exonérée, lorsqu'il était sous-secrétaire d'État.

L'intérêt des autres travaux législatifs du mois de Novembre : loi sur la liberté des funérailles, discussions sur les agents commissionnés des chemins de fer et sur le traitement des instituteurs, interpellation sur la mobilisation partielle, tout disparaît devant l'intensité des sentiments variés, espérances factieuses ou angoisses patriotiques, soulevés par la grosse question qui pouvait être pour la République une question de vie ou de mort.

Malgré le revirement qui commençait à s'opérer dans l'attitude de la Droite, malgré les attaques de l'Extrême Gauche et de la Gauche radicale qui redoublaient de violence el d'injustice, les vacances semblaient devoir s'achever dans un calme relatif, quand survinrent, au commencement d'Octobre, des incidents dont la gravité n'apparut pas tout d'abord, mais qui devaient avoir une influence considérable sur notre politique intérieure et au dehors le plus déplorable retentissement. Le fossé qui séparait les deux grandes fractions du parti républicain apparut comme un abtme impossible à combler et l'étranger, à voir nos convulsions et nos désordres, se demanda si le Régime républicain prendrait jamais la

l'incident caffarel 4Kfl

ligure d'uD établissemeot sérieux, bien assis et pouvant aspirer à former des projets durables.

Le 7 Oclobre, la nouvelle se répandait que le général de brigade CafTarel, sous-chef d'élat-major général au ministère de la Guerre, avait été mis en non-aclivilé par retrail d'emploi. La nouvelle était exacte. Cinq jours après, le 12 Octobre, un Conseil d'enquête, réglementairement convoqué, proposait la mise & la retraite du général pour fautes contre l'honneur. Une vive émotion s'empara de l'opinion, très soupçonneuse pour tout ce qui louchait & la défense nationale et toujours prompte h croire à des indiscrétions commises, h des pièces livrées, & des trahisons essayées sinon consommées. Quand il fut démontré que l'on se trouvait en présence d'actes indélicats et non pas d'actes de trahison, de fautes contre l'honneur, comme avait dit le Conseil d'enquête, et non pas de crimes contre la patrie, la politique vint tout compliquer et envenimer.

C'est sous le ministère du général Boulanger que le général Caffarel avait été appelé au poste de sous-cbef d'étatmajor général. Les journaux qui faisaient campagne pour le général Boulanger, non contents d'insinuer que le Cabinet, en frappant le général CalTarel, avait voulu atteindre un adversaire politique, envoyèrent leurs correspondants auprès du commandant du XIII' corps. Avec sa légèreté habituelle le général Boulanger dit à qui voulut l'entendre qu'il considérait la poursuite contre le sous-chef d'élatmajor comme une manoeuvre dirigée contre lui par son successeur. Le Cabinet ne pouvait tolérer qu'un commandant de corps d'armée s'exprimât ainsi sur le compte du minisire de la Guerre ; il y avait là une intolérable atteinte à la discipline : on demanda au général Boulanger s'il acceptait la responsabilité des propos qui lui étaient prêtés et, sur sa réponse affirmative, il fut puni de trente jours d'arrêts de

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rigueur, punition bénigne, si on la compare à la Taule, qui n'en souleva pas moins les protestations indignées de la Lanterne, de V Intransigeant et du XiX° Siècle.

L'intervention de la presse avait donné de vastes proportions h l'afTaire : elle changea complètement de caractère quand la Tamille du Président de la Republique s'; trouva mêlée. Le général CalTarel avait été arrêté le lendemain de sa mise en non-activité : l'enquête judiciaire ouverte contre lui fit découvrir ses relations avec une aventurière, la Limouzin, qui tenait, avenue de Wagram, une véritable agence pour le trafic des décorations et des places. La saisie opérée chez la Liinouzin mit la police d'abord, la justice ensuite, en possession de lettres co m promettantes pour le général comte d'AndIau, sénateur, qui réussit à se dérober aux poursuites, et pour M. Wilson, ancien sous-secrétaire d'État aux Finances, ancien président de la Commission du budget et gendre de M, Grêvy depuis 1881.

M. Wilson était depuis longtemps suspect. Dès l'année 1888 la presse avait divulgué ses « (iéfaillances morales,» comme dira plus lard laCourd'appel de Paris, mais personne n'aurait pu supposer quecesdéfaillances allassent jusqu'àla vente des décorations et des places, ni que le nom du chef de l'État pût être mêlé à ces répugnantes afTaires. La correspondance saisie avenue de Wagram ne laissait aucun doule è cel égard. Ce n'était pas une correspondance banale, comme lous les hommes publics peuvent en avoir. Dans une lettre datée de 1883 M. Wilson assurait la Limouzin de l'intérêt qu'attachaient le Préaident de la République et lui-même à la nomination du général Thibaudin au commandement d'un corps d'armée. Kous avons dit dans quelles conditions H. Jules Ferry avait dû se séparer du général Thibaudin, après le voyage d'Alphonse XI[ à Paris et quel rôle avait joué M. Wilson dans les incidents qui avaient précédé l'arrivée du roi d'Espagne & la gare du Nord.

lE VOTE DE l'enquête 461

Le Président de la République était donc parfaitement renseigné, h la fin du mois d'Octobre, sur la complicité do son gendre dans Taffaire Limouzin-Caffarel. S'il avait, à ce moment, obligé M. Wilson à choisir un autre domicile que l'Elysée ; s'il avait de plus envoyé sa démission aux Présidents des deux Chambres, parce que le premier magistrat de la République ne doit pas même être effleuré par le soupçon, 11 est à peu près certain que l'opinion se fat contentée de cette satisfaction, et que le parti républicain, dans les deux Chambres eût renouvelé sans hésitation les pouvoirs du Président. Malheureusement M. Grévy qui avait souvent fait preuve d'une rare perspicacité dans la vie politique, se montra moins clairvoyant dans la vie privée. Il crut que l'affaire, étant personnelle h son gendre, ne l'atteindrait pas. Une vil pas que les éclaboussures allaient en rejaillir sur lui, sur l'institution présidentielle, sur la République ellemême et il attendit la réouverture des Chambres fixée au io Octobre. Son sort dépendait désormais d'un incident de séance ou d'audience, de la discrétion d'un juge d'instruction, de l'adresse d'un policier et de la répercussion qu'aurait dans le Parlement et au dehors cette étrange et déplorable aventure.

Le jour même de la rentrée M. Cunéo d'Ornano, député de l'appel au peuple, déposa une proposition tendant à la nomination d'une Commission d'enquête sur a les faits de trafic des fonctions publiques et des décorations. » II demandait le vote de l'urgence. Le Président du Conseil combattit mollement l'urgence, en faisant remarquer à la Chambre que la justice était saisie. L'opinion l'était également ; de plus elle était inquiète ou indignée des révélations faites depuis le 7 Octobre et elle n'eût pas compris que la Chambre parût ignorer ce que tout le monde savait. L'enquête fut votée par 338 voix contre 130.

'Mi LE MINISTI^JIE BOUVIER [30 Uai-11 Dec. \mij

Onze jours se passèrent, du 23 Octobre au B Novembre, enlre le vote d'urgence et la discussion de la proposition, qui semblenl avoir été employés par les habites du parti avancé ou par les amis personnels de H. Grévy à la recherche d'une diversion. Si l'enquête, au lieu de porter exclusivement sur M. Wilson, était étendue « à tous les faits touchant l'administration qui paraîtraient mériter un blâme ou une répression, » ce vaste procès politique ferait certainement oublier M. Wilson et ses défaillances. L'extension de l'enquête, proposée comme amendement par un député radical, M. Colfavru, fut votée par2fi4 voix contre i37 ; la Commission d'enquête reçut les pouvoirs les plus étendus par 299 voix contre 177 et 436 voix contre S't adoptèrent l'ensemble de la proposition. Le ii Novembre, la Commission fut élue par les bureaux : elle se composait de 10 membres de l'Extrême Gauche, C de la Gauche radicale, 3 de l'Union des Gauches et 3 de la Droite. La Gauche avancée disposant de 18 voix :^emblait donc maîtresse de donnera l'enquête la direction qui lui conviendrait : elle allait avoir une action prépondérante dans la politique intérieure et le Gouvernement serait forcé de compter avec elle. Telles étaient les prévisions dans le monde parlementaire. Elles ne se réalisèrent pas. La Commission n'eut aucune influence sur les faits ultérieurs et, jusqu'à la fin de la crise, nous n'aurons plus fc nous occuper de ce qui a pu s'y passer.

L'attention du public se détournaiL, en effet, du Palais Bourbon pour se reporter au Palais de Justice, où le procès Calîarel-Limouzin avait commencé le 7 Novembre, devant la 10" Chambre, au milieu d'une curiosité surexcitée. Les généraux CalTarel et d'Andlau, tes femmes Ratazzi et Limouzin étaient cités en police correctionnelle. L'audience du 9 Novembre fut particulièrement fertile en incidents qui produisirent une vive sensation. Il fui démontré que le préfet

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