LES ÉGAUX DE HONTHARTRE
chercher U. Andrieux ; celui-ci aurait bien conseoli à lutter avec les radicaux contre les opporlunistes, mais il déclara qu'il ue prendrait pas le général Boulanger h la Guerre. Dès lors, toute négociation était rompue. Le 30 Novembre au matin MM. Laguerre et Granet rendirent compte au PrésidcDt de la République de l'inutilité de leurs efforts. La seconde nuit historique avait enlevé & M. Grévy sa dernière chance de salut.
Pendant ces réunions nocturnes le parti révolutionnaire s'agitait et les Egaux de Montmartre, représentés par M, Maxime Lisbonne, président de la Commission, et par quatre délégués MM. Chevalier, Penaud, Vaillant et Valmy, faisaient placarder dans tout Paris une affiche ainsi conçue -.
« Peuple de Paris !
« La République est en dangerl
« Le Congrès de Versailles va nommer le successeur de Grévy et c'est Ferry-Famine, c'est Ferry-Tonkin, Ferry le valet de Bismarck, & qui une coalition monstrueuse veut livrer la République. Républicains de toutes nuances, socialistes, révolutionnaires, laisserons-nous commettre un pareil crime t Non, mille fois nonl Le sang ne doit pas couler inutilement; mais nous ne reculerons devant aucun sacrifice, pour empêcher que ta France ne soit représentée par le dernier des lâches.
« Citoyens, préparons-nous et veillons.
« La République est en danger. »
Beaucoup plus graves que ces attaques passionnées furent les réflexions d'hommes sérieux et de politiques avisés, comme H. Ranc, écrivant dans le /'e<i(A'a<tona/ que bien que l'impopularité de M. Ferry fût > absurde, .injuste et bête, > il fallait en tenir compte et faire un autre choix. Quant h M. J. Ferry, M. Ranc l'exhortait < à se grandir en
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refusant de se jeler dans une lutte, où il risquait de perdre la République de gouvernementeUe-mëme. 'Des adversaires pluB habiles prétendaient qu'un pacte avait été conclu entre Miï' Freppel etBf. Jules Ferry, que l'évëque invitait ses amis de la Droite k voter pour M. Ferry, parce qu'il était le candidat du Valican !
Ces bruits parvenaient jusqu'à l'Elysée et ils y produisaient un effet contraire à celui que leurs propagateurs avaient espéré. Le Président, qui semblait décidé à se retirer le 29 Novembre, s'était piqué au jeu et ne songeait plus qu'à gagner du temps, quarante-huit heures aprës. Il y était poussé par son entourage familial, par son entourage politique, peut-être même par quelques-uns de ceux qui, le premier jour, avaient été les premiers & lui conseiller de se démettre. HH.Andrieus, Proal, Lockroy, Granet, Itocliefort, Deroulëde, Clérneaceau l'incitaient, sinon & rester, au moins à faire treiner les choses en longueur, parce que le succès de la candidature Ferry leur semblait assuré.
Pendant que la province assistait, stupéfaite et muette, à ces événements extraordinaires, Paris avait pris l'aspect extérieur des moments de crise, qu'il conserva pendant les trois premiers jours de Décembre, Le Jeudi (1" Décembre), la place el le pont de la Concorde se couvrirent de monde. On vit sortir du Palais Bourbon et se précipiter au-devant de la foule un homme de haute taille : M. Deroutëde engageait les assistants & unir dans une même acclamation M. Grévy et le général Boulanger. Cet éclectisme provoqua des manifestations diverses, et M. Deroulëde voulut rentrer dans le Palais Bourbon. Il en fut empêché par les questeurs. La séance, venait du reste, d'être suspendue. Quand elle fut reprise, le soir à ti heures, H. Dcroulède recommença l'agitation dans la rue et se fit arrêter pour avoir crié : « A. bas Ferry! » En même temps M"" Louise Michel, qui chantait