‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 8 sur 145 · SESSION DES CONSEILS GÉNÉRAUX SH · texte numérisé non relu

SESSION DES CONSEILS GÉNÉRAUX SH

pastorale ; il fut décrété d'abua pour avoir excédé les limites assignées par les lois à son pouvoir ; sa lettre pastorale fut et demeura supprimée. Le clergé du diocèse d'Aix 'àl les catholiques coasidérërnut que cetle déclaration d'alnis était pour l'archevêque « une gloire de plus ». L'archevêque mît le comble à sa gloire en se plaignant de n'avoir été informé de la déclaration d'abus que par l'Officiel et en formulant cetle plainte en des termes plua dignes du rédacteur d'un journal charivarique que d'un prélat.

Les assemblées départementales, dans leur session de PAques, ae pouvaient manquer de s'occuper de la question & l'ordre du jour. Le Gouvernement, qui n'avait pas prévu l'émission de voeux par les Conseils généraux sur les lois universitaires, n'avait pas donné d'instructions à ses préfets et l'on ne put tirer aucun proiiOstic sur le sort de ces lois des décisions incohérentes qui furent prises. Pendant que 31 Conseils émettaient un vote hostile, 15 en émettaient un favorable, M passaient à l'ordre du jour et 21:1 ne se prononçaient ni dans un sens ni 'Jans l'autre. Deux lois avaient été proposées le 15 Mars ; l'une de ces deux lois, celle qni concernait les Conseils universitaires, offrait peu d'inlérél pour les personnes étrangères à l'Université. L'autre touchait, par l'article 7, à des intérêts plus nombreux, religieux et politiques à la fois et, à ce double titre, elle ne pouvait élre livrée aux discussions des Conseils généraux. Le Gouvernement eût dû le comprendre et interdire une consultation qui ne lui apporta aucune force. Hais le Gouvernement était dirigé par H. Waddinglonqui aurait craint, en faisant interdire toute discussion sur les lois scolaires, de paraître aller contre la politique de son collègue de l'Instruction Publique. Il le craignait d'autant plus que dans ce Cabinet Dufaure, sans M. Dtifaure, le véritable Président du Conseil était le ministre de l'Instruction Publique, bien plus que celui des Affaires f'^trangëres. Eoc. Zivonr. — Troisièroe République. :ii. — 3

34 LK MIHISTÈRB WABBINGTOIt (» F(^ï.-28 Décembre 1879}

Commencée à la Chambre le 16 Juia la discussion du projet de loi se prolongea jusqu'au 9 Juillet: 347 voix contre 143 approuvèrent le projet du Gouvernement, y compris l'article 7. Les deux séances capitales furent celles du 26 et du 27 Juin, eutièremeut occupées par le discours du ministre de l'Instruction Publique. li avait été précédé à la tribune par quelques-uns des partisans de la loi, par tous ses adversaires et par quelques républicains d'Extrême Gauche qui auraient voulu interdire l'enseignement même aux congrégations autorisées et au clergé. H. Paul de Cassagnac s'était attiré la censure et l'exclusion temporaire en qualifiant d'nifâmes M. Ferry et ses collègues. Paul Bert refusa la tolérance aux intolérants, la liberté d'enseigner à ceux qui voulaient s'en faire une arme pour apprendre à hiûr toutes les libertés. H. Spuller, l'ancien rapporteur du projet de loi de 1876, redevenu rapporteur du projet de 1879, justilîa l'article 7 par des raisons politiques et rappela le mot de Tbiers, l'auteur converti de la loi de 1850, avant cette conversion : a Pour que la République vive, il faut la confier résolument à la démocratie ; il faut rogner les ongles du cléricalisme, m H. Lamy, se plaçant au point de vue libéral pur, demanda que la liberté d'association fût accordée pleine et entière aux membres du clergé comme & ceux des congrégations, et contesta que l'Église, vaincue au 16 Mai, malgré son alliance avec l'État, fût aussi dangereuse que le prétendaient les auteurs et les approbateurs du projet.

Jules Ferry démontra fort bien que la liberté d'enseigner n'était pas un droit naturel, mais une liberté particulière, subordonnée à des garanties préalables. L'État ne doit pas se croiser les bras en présence du conflit des doctrines. Il intervient dans l'enseignement pour y maintenir une certaine unité et certains principes qui importent à sa conservation. Après avoir rappelé à l'appui de ces Idées l'opinion

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