‹ Histoire de la troisième république (volume 3)Chapitre 149 sur 230 · DISCOURS DE GIIALLEMEL-LACOUR · texte numérisé non relu

DISCOURS DE GIIALLEMEL-LACOUR

avec la durée du Septennat que M. Le vice-président du Conseil... ( Vive approbation et applaudissements à gauche. Réclamations à droite,)

M. LB MARQVis DE Plœuc. — Voulez-vous Supprimer le droit de pétition?

M. LE BARON DE Barante. — Est-ce qu*on n'a pas déposé des pétitions demandant la dissolution? Vous réservez-vous ce droit à vous seuls?

M. Ciiallemel-Lacour. — Je dis qu'ainsi l'ont entendu un grand nombre des auxiliaires dont le vice-président du Conseil a eu besoin pour faire voter la loi de Prorogation, et je dois ajouter qu'il n'avait, jusqu'au 22 Janvier, rien fait pour les détromper.

J'ajouterai encore que M. le vice-président du Conseil n'a pas le droit de s'étonner si aujourd'hui ces auxiliaires, ces partisans sous condition de la Prorogation, viennent en donner une interprétation qu'il répudie, en tirer des conséquences qu'il repousse. Personne parmi eux n'a certainement eu la pensée de le river au pouvoir pour sept ans. (Sourires à gauche. — Murmures au centre,) Mais il devait savoir, et c'est pourquoi il ne doit pas s'étonner s'il trouve aujourd'hui ses auxiliaires difûciles, chagrins et, qu'il me passe le mot, un peu ingouvernables ; il devait savoir qu'ils professent un principe devant lequel tout autre principe doit fléchir ; quand ils agissent ou qu'ils parlent^ c'est en vertu d'un droit absolu auquel nul autre droit ne peut ni s'opposer, ni faire équilibre, et à côté duquel tout est expédient secondaire, tout est procédé transitoire et contingent, la Prorogation comme tout le reste.

Ils ne sont point disposés à accepter pour sept ans la suspension de ce droit, car pendant ces sept ans peut sonner pour eux l'heure qu'ils attendent depuis si longtemps, l'heure de la victoire. (Bruit,)

On parle de mandat impératif, et nous avons vu, dans un projet déposé et distribué récemment, qu'on ne le comprend guère, et qu'on tend à le proscrire.

A droite. — A la question î à la question I

M. Cuallemel-Lacour. — Eh bien, plusieurs des auxiliaires de M. le vice- président du Conseil, au 20 Novembre, ont un mandat bien autrement impératif que celui qui peut être donné par des électeurs... (Rumeurs à droite,)Cesi le mandat qu'ils tiennent, qu'ils croient tenir de la Providence qui les a envoyés ici. (Bi*uyantes interruptions à droite, — Vives marques d'assentiment à gauche,)

48t) APPENDICE

M. Gaslonde. — Parlez donc de la circulaire et de la loi des maires I

A DROITE. — Oui! oui! à la question ! à la loi des maires!

M. GiiALLEifEL-L\couR. — Je suis surpris, en vérité, que ces Messieurs ne voient pas que je suis au cœur de la question. {Mais non! mais non! à droite,)

Et maintenant, Messieurs, s'il m*était permis de m^adresser à ces royalistes inflexibles qui n'admettent pas que le droit monarchique puisse être ni diminué, ni suspendu, ni prescrit, je leur dirais qu'il y a un peu de leur faute, s*ils se sont trompés sur la Prorogation.

Dès le 5 Novembre, l'honorable M. Grévy les avait avertis que rheure du repentir pourrait venir bientôt pour plusieurs, et cette heure est venue.

A DRorre. — Ah ! ah !

M. Tailhamd. — Qu'en savez-vous?

M. LE marquis de Dampierre. — Vous voyez donc dans toutes les consciences? (Rires ironiques à gauche.)

M. Ghalleuel-Lacour. — Je n'ai garde. Messieurs, de mettre en question leur bonne foi ; mais l'égoïsme des convictions politiques a ses calculs secrets qui se dérobent dans les replis de la conscience.

Eh bien, ce jour-là, en votant ainsi la loi du 20 Novembre, en instituant un pouvoir si long, si exceptionnel, qu'ib comptaient armer d'une autorité plus exceptionnelle encore, ils ont cru fonder quelque chose d'assez semblable à un établissement monarchique, pour accoutumer la France à la royauté, de telle sorte que, non pas dans sept ans, mais bien avant, la France convertie gliss&t pour ainsi dire d'elle-même et sans s*en apercevoir dans la Monarchie. (Exclamations et mouvements divers.) Et ils ont cru, d'autre part, en établissant ainsi, au pied levé, d'une manière expédilive, en une soirée...

M. LE marquis de Git\MM0NT. — Le 4 Septembre?...

M. Ghallemel-Lacour. — ... à quelques voix de majorité, un pouvoir limité dans sa durée, et en le confiant à un homme dont les idées, peu connues ou neutres, étaient à leurs yeux un des mérites éminents, ils ont cru faire quelque chose d'assez semblable à la République, pour que le passage de ce qui existait à ce qui se faisait ne provoquât pas dans le pays un soubresaut redoutable. ( Très bien très bien! à V extrême gauche.)

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