LE SECOND MINISTÈRE DE BROGLIE
LE SEPTENNAT
Dn 26 NoTembre 1873 aa 16 Mai 1874.
Le GouTernement de Péquivoque. — Les nouveaux ministres. — Les sous-secrétaires d'Etat. — La seconde Commission des Trente. — Rôle de M. Decazes. — Rôle de M. Magne. — L'Instruction Publique, les Beauz-Arls et les Cultes, sous M. de Fourtou. — Les fortincations de Paris, l'administration de l'armée et M. du Barail. — L'interpellation Lamy. — Elections de TAude, du Finistère et de Seine-et-Oise. -— Le projet de loi sur les maires. — La séance du SJanvieretM. deFranclieu.
— Lasèancedu 12 Janvier et M. Ernest Picard. — La discussion de la loi des maires. — L'interpellation Ricard. — La circulaire aux prérets.
— Discussions de la presse sur le Septennat. — Elections du 8 Février.
— Les Bonapartistes. — Circulaires du 19 et du 24 Février. — L'Académie Française et M. Emile Ollivier. — Interpellation de M. Christopble. — Interpellation de M. Challemel-Lacour. — Les élections du 29 Mars. — La prorogation des Conseils municipaux. — Les derniers votes de la session d'hiver. Nouvelles discussions sur le Septennat. ~ La circulaire aux procureurs généraux. — Le Maréchal à Tours et 4 Sanmur. — La session d'Avril des Conseils généraux. Beulé, Rochefort et Francis Garnier. — La rentrée de l'Assemblée. — Les séances do 13 et du 15 Mai. — I<a séance du 16 Mai : chute du ministère de Broglie. — Jugement sur le ministère et son chef.
Le duc de Broglie refit, au lendemaiD du 20 Novembre, ce qa*il avait fait au lendemain du 24 Mai ; sa politique fut la même, si Ton peut qualifier ainsi un système qui consistait justement dans Tabsence de toute politique.
Gouvernement de combat, Gouvernement de Tordre moral, Gouvernement de réaction, on a donné tous ces noms à son premier ministère. Un seul nom convient au second : il a été par excellence le Gouvernement de Téquivoque et, par une juste punition, le seul jour où le duc de Broglie a parlé avec une demi-franchise, demandé à FAssemblée de tenir les
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engagements qu'elle avait pris et d'organiser un Septennat orléaniste, il est resté en minorité, avec 317 voix contre 381.
L'équivoque et la contradiction étaient partout, à la Présidence, au ministère et dans la majorité. A la Présidence, le Maréchal, voulant rester fidèle à tous les Conservateurs qui Pavaient élu, ne pouvait poursuivre et réaliser l'organisation de ses pouvoirs qu'en trompant les espérances de ceux qui avaient voté pour lui le 20 Novembre et en acceptant le concours de ceux qui avaient voté contre lui. Au ministère, sans parler des Bonapartistes qui auraient préféré le Prince impérial au Maréchal, des membres de la Droite pure qui lui auraient préféré le comte de Chambord, il n'était pas jusqu'aux inventeurs et aux défenseurs nés du Septennat, qui n'eussent vu avec plaisir un c accident » favorable k l'un des princes de la famille d'Orléans. Dans la majorité, enfin, où toutes les solutions, sauf une, la République, avaient des partisans, on comptait 70 Légitimistes et Bonapartistes, tout prêts à faire défection, et qui n'attendaient qu'une occasion pour brûler ce qu'ils avaient fait semblant d'adorer le 20 Novembre.
Le Cabinet du 26 Novembre comprit le duc de Broglie à l'Intérieur, avec la vice-présidence du Conseil,. M. Octave Depeyre à la Justice, le duc Decazes aux Affaires Étrangères,^ M. de Fourtou à l'Instruction Publique, aux Cultes et aux Beaux-Arts, M. de Larcy aux Travaux Publics, M. Deseilligny à l'Agriculture et au Commerce. Les autres portefeuilles restaient entre les mains de ceux qui les occupaient depuis le 24 Mai. La nouvelle combinaison était caractérisée, beaucoup moins par l'avènement de MM. Decazes, Depeyre, de Fourtou et de Larcy, que par le départ de MM. Ernoul, de la Bouillerie, Batbie et Beulé, surtout des deux premiers. Dans ce que Ton appelle les milieux parlementaires, c'est-à-dire dans les coulisses du théâtre de Versailles, la nomination de