M. DE FOURTOU
félicilations, que Pie IX avait adressé à son rédacteur en chef. La reconnaissance < des faits accomplis » n'en restait pas moins la règle politique de M. Decazes et du Gouvernement français.
Les relations avec TAlIemagne furent dominées par la question religieuse et regardèrent moins le ministre des Affaires Étrangères que celui des Cultes. Mais il faut signa* 1er, à la date du 21 Avril 1874, la lettre que le comte d'Arnim écrivit au chanoine Dœllinger, et qui fut reproduite par la Gazette cTAugsbourg du 23 Avril : « Si Ton avait réussi, disait Tambassadeur, à étouffer dans leur germe les plantes pullulentes qui ont été cultivées par le Concile de 1870, nous ne nous trouverions pas aujourd'hui engagés dans un gâchis incompréhensible, qui remet en question ce qui semblait devenu depuis longtemps le bien conlmun de la Chrétienté. » Cette lettre explique les divergences de vue entre M. de Bismarck et M. d'Arnim, sur la question des lois ecclésiastiques en Allemagne, aussi bien que sur la question du régime gouvernemental en France. A la fin du mois d'Avril, le prince de Holenlohe fut nommé ambassadeur en France : à peine arrivé, il constata, dans les archives de l'ambassade, des lacunes qui devaient donner lieu au retentissant procès d'Arnim«
M. de Fourtou, dans son triple département de l'Instruction Publique, des Beaux-Arts et des Cultes, par l'incertitude de ses opinions, les variations de sa doctrine politique et son scepticisme, fut vraiment l'homme du Septennat, qu'il devait personnifier dans l'administration suivante. A l'Instruction Publique, il alla, dans la persécution contre les personnes, plus loin que n'avait fait M. Batbie. Sans parler des professeurs sacrifiés, comme MM. Alglave et Duvaux, on vit des administrateurs universitaires, comme le recteur de l'Académie de Bordeaux, M. Ch. Zevort, déplacés et disgraciés, parce
C8 LE SECOND 1I1NISTÊIŒ DE DROGLIE (26 Nov. 1873-16 &lai 1874)
que leur oulorilc, leur influence sur le corps académique et les sympathies unanimes qu'ils rencontraient dansTopinion, apparaissaient comme la plus amère critique des actes d*un administrateur comme M. Pascal. Ce préfet, selon le cœur de Tordre moral, arriva dans la Gironde comme en pays conquis et y obtint le même succès qu'au soussécrétariat de rintérieur, succès que la croix de la Légion d'honneur ne tarda pas récompenser.
Au point de vue pédagogique, l'acte le plus important du ministère de Fourlou fut le changement d'appellation de l'un des grands lycées de Paris : Fontanes, considéré sans doute comme plus septennaliste, remplaça Condorcet.
Au ministère des Beaux-Arts, M. de Fourtou fut encore plus mal inspiré qu'à rinstruclion Publique. Il avait trouvé, comme directeur des Beaux-Arts, un remarquable écrivain, l'auteur de la Grammaire des arls du dessin, le futur membre de l'Académie française. M. de Fourlou n'admettait pas que le premier de nos critiques d'art pût remplir des fonctions exclusivement artistiques sous le Septennat : un décret du 23 Décembre 1873 remplaça Charles Blanc par le marquis de Chennevières. Celui-ci signala son administration par de fastidieux rapports au ministre. Charles Blanc occupa ses loisirs en composant VArt dans la parure et dans le vêtement, les Artistes de mon temps et le Voyage de la Haute- Egypte, Entre temps, son discours à l'Académie française, où. il remplaça M. de Carné, fut un modèle de verve, de finesse et d*esprit. La destitution d'un homme comme Charles Blanc juge un Gouvernement.
Cette révocation du frère de Louis Blanc et le rétablissement de la Commission d'examen des ouvrages dramatiques furent les deux actes principaux de l'administration de M. de Fourtou, comme ministre des Beaux-Arts (1*^ Février 1874). Cette administration ne montra un peu d*initiative qu'en donnant