‹ Histoire de la troisième république (volume 3)Chapitre 34 sur 230 · CARACTERES DE LA TROROGATION · texte numérisé non relu

CARACTERES DE LA TROROGATION

ignorée vous n'avez pas donné une preuve de clairvoyanco : si vous Tavez connue et secondée, vous ne sauriez rester It; ministre d'un Régime qui est la négation de la Monarchie. > Le retour au pouvoir des ministres démissionnaires n'était de nature, suivant l'ancien chef de la Gauche ouverte, ni à prévenir les crises, ni à rassurer le pays. La France ne comprendrait pas que les complaisants des tentatives de restauration monarchique fussent justement chargés d'imposer h tous les partis une abdication de sept ans. Si le Septennat avait la prétention d'être un Gouvernement sérieux et sincère, il devait se faire représenter par des minisires étrangers à toute arrière-pensée dynastique, c Je n'ai pas sollicité l'ordre du jour de confiance, déclare le duc de Broglie, et ceux qui nous disputent les marques de cette confiance sont ceux qui ne nous Tort jamais donnée. » — c Je vous demande pardon, vous l'avez eue, réplique ErnestPicard,vous avez représenté la Répuolique en Angleterre. » Que pouvait répondre le duc de Broglie à cette riposte? Qu'il n'avait consenti à représenter la République en Angleterre que pour la discréditer? Qu'il ne restait au pouvoir que pour retarder son établissement? C'est à cette seconde alternative qu'il s'arrêta, en essayant de démontrer que ceux qui prenaient le parti de la Prorogation étaient justement ceux qui avaient voté contre elle et que ceux qui, comme lui et son collègue M.Depeyre, l'avaient défendue, étaient seuls à en connaître la véritable nature. « Si quelqu'un redit, comme l'a fait M. Grévy le 20 Novembre, que cette loi est sans portée et sans valeur, il devra être considéré comme rebelle à la loi de son pays. » La Prorogation, outre ce caractère légal, a un caractère moral ; elle est une grande trêve entre les partis, parce que c le soldat qui nous gouverne, unique en son espèce, aura l'honneur d'apaiser nos discordes, par la seule force de son autorité morale et de l'intégrité de son caractère ». — c Vous £oG. Zevort. — Troisième République. ii. — 6

8â LE SECOND MINISTÈRE DE BROGLIE (26 Nov. 1873-16 Mai 1874)

n*empêcherez pas le pays, répondit M. Raoul Duval, de se demander si ce pouvoir septennal est autre chose qu'une fiction, qu'une apparence qui s'évanouira, le jour où Ton croirait pouvoir faire la Monarchie. » La majorité l'entendait bien ainsi et l'habileté du duc de Broglie consistait à donner, du pouvoir septennal, une définition telle que tous les partisans de la Monarchie pouvaient s'y rallier.

Dès le 11 Janvier, le journal du comte de Chambord, r Union, avait précisé les conditions du concours que la Droite Extrême consentait encore à donner au Cabinet. A la suite de l'entrevue de ses chefs avec le Maréchal, entrevue où la théorie du Septennat impersonnel, soutenue par les ducs Decazes et d'Audiffret-Pasquier, avait été énergiquement combattue par la Droite, il avait été convenu que l'on ne ferait pas « de la septennalité un dogme nouveau ». Rassurée par les explications du Maréchal, comme elle l'avait été avant le vote du 20 Novembre, l'Extrême Droite avait encore une fois été complice des équivoques soigneusement entretenues « par les meneurs du Centre Droit >. Ces meneurs formaient la droite du groupe, MM. de Goulard, Decazes, d'Audiffret-Pasquier se rapprochant plutôt du Centre Gauche le plus modéré, de MM. Cézanne, Malhieu-Bodet, Vacherot et Waddington.

Mais il apparaissait clairement, dès le 12 Janvier, que du moment où l'on ferait la lumière sur les véritables caractères du Septennat, du moment où les Monarchistes sincères s'apercevraient que l'on voulait c faire attendre le roi sept années à la porte du Septennat », le duc de Broglie resterait seul, avec ceux qui n'ayant pu faire la Monarchie, n'auraient d'autre politique que d'empêcher la République de se faire.

En dehors de l'Assemblée, le Cabinet était sans action contre les manifestations des Bonapartistes qui poussaient de formidables cris de c Vive l'Empereur • sur les marches de Saint- Augustin, au sortir de la messe anniversaire de Napoléon III.

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