LE MINISTÈRE DE CISSEY. — LES LOIS CONSTITUTIONNELLES
Du 16 Mai 1874 an 10 Mars 1S75.
La crise ministérielle du 16 au 21 Mai. — MM. de Goulard et d'Audiftret- Pasquier. — MM. de CumoDt et Tailhand. — Le Cabinet du Maréchal.
— M. de Ciiipont à rjnstruction Publique. — MM. Tailhand et Bnragnon. — Lcleclion de la Nièvre. — Réunion du Centre Gauche, le 6 Juin. — L'agitation bonapartiste. — La proposition Casimir-Périer.
— Protestation du général Changarnier. Adoption de l'urgence. — Manifeste du comte de Chambord. — Message du Maréchal. — Première délibération de la loi électorale. — Défense du suffrage universel par Louis Blanc. — Troisième délibération de la loi sur Télectorat municipal. — Suspension de VVnion, — Feinte démission du Cabinet.
— Retraite de MM. Magne et de Fourtou. — M. de Chabaud-Latour. — Rejet de la proposition Casimir-Périer, 23 Juillet. — Rejet de la proposition de Malleville. — Longues vacances. — Réformes pédagogiques : le baccalauréat. — Traité avec TAnnam. — Voyages présidentiels. — Elections législatives, départementales et municipales.
— Suspension de VVnivers. — Politique extérieure : Kspagne; procès d'Arnim; conférence de Bruxelles. — Message du 3 Décembre. — La )it>erté de renseignement supérieur. — Le rapport Savary. — Les conférences de l'Elysée. Le Message de Janvier. — Nouvelle démission du Cabinet. — Menaces de guerre. — Discussion des lois constitutionnelles, 2! Janvier. — Loi sur le Sénat, 25 Janvier. — 29 Janvier, article additionnel Laboulaye repoussé. — 30 Janvier, amendement Wallon présenté. — 3 Février, adoption en deuxième lecture de la loi des pouvoirs publics. — 11 Février, loi sur le Sénat. — 12 Février, communication du Gouvernement. — Nouvelle demande de dissolution. * Discours de Gambetla. — Négociations renouées.
— Projet Wallon-Luro. — Vole définitif de la Constitution, le 25 Février. — Dernière démission des ministres. M. BufTet. — Le Bonapartisme. — L'alerte, — La crise ministérielle.
Du 16 Mai, dale de la chute du duc de Broglie, au 24 Mai, date de la eonstitulion du nouveau Cabinet, la crise ministérielle dura huit jours. M. Ernest Daudet, très renseigné par sa situation ofDcielle, l'a racontée dans le volume qui
116 LE MINISTÈRE DE CISSEY (16 Mai 1874-10 Mars 1875)
porte ce titre : « Souvenirs de la Présidence du Maréchal de Mac-Mahon, ^
Le soir du 16 Mai et les jours suivants, tous les journaux avaient été unanimes à reconnaître que Taxe de la politique avait été dévié ; qu*il fallait aiguiller, non pas dans une direction opposée, mais dans une direction inclinant un peu vers la Gauche. Le Français proclamait la nécessité d*un rapprochement des Centres. Le Joui^nal de Paris et son très avisé rédacteur, M. Hervé, reconnaissaient que le centre de gravité du pouvoir s*était déplacé ; que la majorité du 24 Mai 1873 était morte, tuée par les Bonapartistes et par les Chevau-légers. Cette vérité était si évidente qu'elle avait fait impression dans un milieu, bien formé pourtant aux vues politiques simples et nettes, et que MM. de Goulard et d'Audiffret-Pasquier, appelés à la préfecture de Versailles, avaient été chargés, sur le refus de M. Buffet, de reconstituer le Cabinet. M. Buffet avait refusé la mission que lui offrait le Maréchal, pour ne pas compliquer la crise ministérielle d'une crise présidentielle et parce que l'on craignait que, lui parti, M. Dufaure ne fût élevé à la présidence de l'Assemblée, par la coalition des Gauches et de l'Extrême Droite.
MM. de Goulard et d'Audiffret-Pasquier, ce dernier surtout, avaient entrepris avec courage la tâche qui leur était conCée et décidé en principe l'entrée dans le- Cabinet de quelquesuns des membres les plus modérés du Centre Gauche : MM. Mathieu-Bodet, Cézanne et Waddington. L'entrée de M. Waddington dans le ministère eût été particulièrement signiQcative, l'honorable député de l'Aisne étant qualifié de bleu, parce qu'il avait voté bleu au 16 Mai et contribué, par ce vote, à la chute du duc de Broglie. Trois autres ministres, MM. Decazes, de Lavergne et de Cissey, devaient être choisis dans la partie du Centre Droit la plus voisine du Centre Gauche, trois aussi, MM. de Cumont, Tailhand et de Mon-