‹ Histoire de la troisième république (volume 3)Chapitre 45 sur 230 · SUSPENSION DE L' UNION · texte numérisé non relu

SUSPENSION DE L' UNION

muaes et d*uae façoQ permanente, la moitié de la 4*eprésentation municipale aux personnes aisées, à ceux qu'on appelait les plus fort imposés. Ces deux votes enlevaient à la loi sur Télectorat municipal ses plus graves défauts : elle fut définitivement adoptée, dans la séance du 7 Juillet, à la grosse majorité de 452 voix contre 228.

C'est le lendemain de ce vote qu'eut lieu la discussion de Pinterpellation Lucien Brun, sur la suspension pour quinze jours du journal V Union, Dans son numéro du 4 Juillet, VUnion avait publié le Manifeste du comte de Chambord, daté du 2 Juillet. < Ce Manifeste fera la République, disait un membre du Centre Droit, comme la Lettre du 27 Octobre 1873 a fait le Septennat. > C'est sans doute cette perspective de rétablissement de la République, ce sont certainement les commentaires dont V Union avait accompagné le Manifeste, qui déterminèrent la mesure de rigueur prise par le Cabinet. La mesure était d'autant plus inopportune que le Manifeste du 2 Juillet, comme la Lettre du 27 Octobre, était le testament d'une cause et d'une dynastie. Le prétendant avait fait entendre à la France, politiquement parlant, ses novissiina verba. Devant le Parlement, la Monarchie de droit divin est désormais une solution négligeable. Dans sa réponse à M. Lucien Brun le Ministre de l'Intérieur cita, en effet, les paroles suivantes comme particulièrement délictueuses : « Si le Septennat penche vers la Monarchie, il doit céder la place ; s'il incline vers la Képublique, il est condamné à disparaître devant elle. Entre ces deux termes l'équilibre lui est impossible. » C'était l'évidence même pour l' Extrême- Droite, pour toutes les Gauches, pour les membres avisés du Centre Droit et il faut plaindre plus que blâmer un Gouvernement que ses origines et ses attaches condamnaient à sévir contre un journal, pour avoir émis ces vérités de sens commun, pour avoir énoncé ces truismes.

13î2 LE MINISTÈRE DE CISSEY (16 Mai 1874-10 Mars 1875)

£n«juslifiant la mesure prise, M. de Fourlou qui savait, quand il était nécessaire, adoucir sa rudesse naturelle, parla, d*un ton pénétré, de son émotion douloureuse, de sa vénération pour le comte de Chambord et menaça de poursuivre les Manifestes qui viendraient de Chislchurst comme ceux qui venaient de Frohsdorf. Il n'oublia pas de s'engager, pour tenter de réunir encore une fois toute la majorité contre les Gauches, à réprimer énergiquement les entreprises coupables du radicalisme. Cette diversion n'eut pas le succès qu'il en espérait. Après que l'ordre du jour de blâme, déposé par M. Lucien Brun, eût été repoussé, pur 37i voix contre 79, l'ordre du jour de confiance, déposé par M. Paris, et que le Ministère avait accepté, le fut par 368 contre 330 et l'ordre du jour pur et simple proposé par le général Changarnier fut accordé, comme par grâce, au Cabinet, par 339 voix contre 315.

A l'issue de la séance, les ministres remirent, pour la forme, leur démission au Maréchal, qui refusa de les accepter et adressa le lendemain à l'Assemblée, sans le faire contresigner par un ministre, le Message que nous avons cité et qui n'avait qu'un rapport éloigné avec la question discutée la veille. Un vote hostile détermine une crise quand le régime parlementaire est pratiqué sincèrement; les choses continuent, comme si de rien n'était, lorsque l'on n'a qu'une contrefaçon du régime parlementaire. Quarante-huit heures après avoir mis le Cabinet en minorité sur la suspension d'un journal légitimiste, l'Assemblée nationale lui donnait 90 voix de majorité, 330 voix contre 240, sur la double et très arbitraire suspension du Figaro et du XIX^ Siècle. Une doctrine, un esprit de suite, il faut renoncer à en chercher dans les décisions de l'Assemblée et dans la politique du dabinet.

Quelques lois utiles étaient votées, dans cette période à la fois si remplie et si vide : la loi sur le travail des enfants

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