LES ÉLECTIONS D'OCTOBRE-NOVEMBRK
sanle du Gouvernement. M. Maillé remplaçait M. Beulé, Fun des coryphées et Tune des victimes de Tordre moral.
Dans les élections du 18 Octobre, qui eurent lieu dans trois déparlements, les ministériels ne remporlèrent un dangereux succès qu'en votant pour un Bonapartiste non militant, M. Delisse Engrand, à Arras. En Seine-et-Oise et dans les Alpes-Maritimes trois Républicains furent élus, malgré Tappui que le préfet des Alpes-Maritimes avait donné aux candidats réactionnaires et séparatistes. Trois nouveaux scrutins, le 8 Novembre, aboutirent encore à Télection d'un Bonapartiste, le duc de Mouchy-Murat, dans 1 Oise ; à celle de deux Républicains, MM. Madier de Montjau dans TArdèche et Parsy dans le Nord.
Les élections départementales et municipales ne furent pas moins favorables aux Républicains, ni par conséquent moins contraires aux Monarchistes, surtout aux Monarchistes honteux. Au renouvellement par tiers des Conseils généraux, qui eut lieu, pour la première fois, le S Octobre 1874, les Républicains obtinrent 666 nominations sur 1.426, les Monarchistes 604 et les Bonapartistes 156. Les électeurs qui avaient porté leurs suffrages sur les Monarchistes et les Bonapartistes avaient choisi les plus accentués d'entre eux et non pas les faux Conservateurs qui se couvraient le visage du masque du Septennat. Tout le monde eut donc sa part dans ces élections cantonales, moins le Gouvernement. L'incident le plus ramarqué de la lutte fut l'élection, en Corse, du prince Charles Bonaparte. Soutenu par le Prince Impérial, le prince Bonaparte passa contre le prince Napoléon, conseiller sortant, lequel, ayant cessé de plaire à son cousin, cessa de plaire aux électeurs. Quand les nouveaux Conseils généraux eurent à renouveler leurs bureaux, 43 mirent à leur tète des présidents républicains, complétant et conOrmant ainsi la manifestation significative du 3 Octobre.
14i LE MINISTÈRE DE CISSEY (16 Mai 1874-10 Mars 1875)
Le pays ne se lassait pas plus d'exprimer sa volonté que le Gouvernement de la méconnaître. Le 22 Novembre, quand il dut renouveler les Conseils municipaux, il laissa en dehors des Conseils la plupart des maires et des adjoints que MM. de Broglie et de Fourtou lui avaient imposés. M. Baragnon lui-même devait reconnaître, à Tuser, qu'il était moins facile qu'il ne l'avait pensé de faire c marcher la France >. Elle marchait bien, mais à l'opposé de ses conducteurs.
Il faut rendre à l'honnête et insufûsant ministre de l'Intérieur, M. de Chabaud-Latour, cette justice que, s'iln'empécha pas partout, parce qu'il manquait d'autorité, les scandales de la candidature officielle, il he la pratiqua sciemment nulle part. Ce brave et savant soldat avait des pudeurs que MM. de Broglie et de Fourtou ignoraient. Le Cabinet était d'ailleurs trop occupé à la polémique avec les journaux et à la répression de ce qu'il considérait comme des délits de presse, pour prêter une grande attention à ce qui n'était pas la critique directe ou détournée du Septennat.
Le Journal officiel du 18 Septembre publia un communiqué sévère à l'adresse du Journal des Débals pour avoir affirmé, après M. Rouher, qu'il n'y avait que deux régimes possibles en France : la République ou l'Empire. Evidemment le Journal des Débals ne prenait pas le Septennat au sérieux. Après la lecture du communiqué, ce fut le ministère que le public dut cesser unanimement de prendre au sérieux. Nous ne raconterons pas les elTorts vraiment puérils faits par les ministres en voyage pour donner une définition acceptable
du Septennat- trêve, du Septennat-ajournement; pour faire croire que le régime qu'ils servaient et qu'ils avaient tant de peine à déterminer, offrait toutes les garanties de stabilité et de durée que pouvait désirer la France. Nous ne rappelons ici que leurs actes. C'est à la presse surtout qu'ils en veulent. Au commencement de Septembre, V Univers est de nouveau