LE MINISTÈRE BUFFET. — LA FIN DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Du 10 Mars 1875 au 10 Mars 1876.
La crise ministérielle. — Négocialions en partie double. — ReTus du duc d'AudilTret-Pasquier. — Le nouveau Cabinet. — M. Bu(Tet. — La Déclaration du 12 Mars. — Le duc d'AudilTret-Pasquier président de la Chambre. — Du 12 Mars à la prorogation. — La proposition Courcelle. — Les nouveaux ministres et la Constitution. — Le cléricalisme.
— La situation extérieure. — Gambetta pendant les vacances. — Lois utiles; vote de la proposition Courcelle. — Déchéance de la seconde Commission des Trente. —La liberté de renseignement supérieur. — Première délibération sur le projet relatiTaux pouvoirs publics (21 Juin).
— Trosiëme délibération et première de la loi sénatoriale le 16 Juillet.
— MM. BufTet et Christophle. — L'élection de la Nièvre, 13-15 Juillet. — M. BulTet et Gambetta. — Dernières délibérations sur les deux premières lois organiques. — La prorogation. — Le budget de 1876. — L*œuvre législative de la session d'été. — Les dernières vacances de TAssemblée. — Les réservistes et la situation de Tarmée en Septembre 187.). — Le Parlement hors session. — L'incident La Roncière.
— Dissentiments ministériels. — M. Thiers à Arcachon. — Le scrutin de liste. — Le Conseil Supérieur de l'Instruction Publique. — Le ministère des AfTaircs (étrangères. — La dernière session de l'Assemblée, 4 Novembre. — Deuxième lecture de la loi électorale, — La loi des maires. — L'état de siège. — La liberté de la presse. — Election des inamovibles. — Intolérance et écrasement du Centre Droit. — Dernières lois votées par TAssemblce. — Les Bonapartistes à Belleville.
— Violentes discussions à propos de la loi sur la presse. Allocution finale du président. — Jugement sur l'Assemblée nationale. — Nouveaux dissentiments ministériels. — La candidature ofOcielle. — Election des délégués, 16 Janvier. — Elections sénatoriales. — Les partis avant les élections législatives. — Scrutin du 20 Février. — Retraite de M. BufTet le 23. — Démission de M. de Meaux. — Jugement sur M. Buflet.
Pour la formation du ministère BufTet, comme pour celle du ministère de Cissey, nous prendrons pour guide l'auteur des Souvenirs de la Présidence du Maréchal de Mac-Mahon^ M. Ernest Daudet. Le président de TAssemblée nationale,
186 LE MINISTÈRE BUFFET (10 Mars 1875-10 Mars 1876)
appelé dans les Vosges par une grave maladie de sa mère, avait été désigné, en son absence et sans avoir été consulté, pour la vice-présidence du Conseil et pour la formation du Cabinet. Nous avons cité la note extraordinaire qui avait été publiée par le Journal officiel du 26 Février. Pour un homme aussi soucieux de la correction parlementaire que M, Buffet, la note du 26 et l'initiative prise par le Maréchal étaient d'un mauvais augure ; elles expliquent la réserve presque défiante qu'il montra, pendant toute la durée de la crise. Les Républicains, au contraire, qui savaient le plus grand gré au président de l'Assemblée de la vigueur avec laquelle il avait dirigé les débats, pendant le vote, des lois constitutionnelles, accueillirent sans défaveur le choix de M. Buffet et le \^^ Mars, lors du renouvellement du bureau, leurs suffrages contribuèrent à le reporter à la présidence de l'Assemblée : il obtint 479 voix. De retour à Paris, le lendemain de ce vote, il avait une première entrevue avec le Maréchal et se montrait fort hésitant. Le 2 Mars, au soir, il s'entretenait avec MM. de Broglie et Decazes, d'Audiffret-Pasquier et Dufaure ; il cédait à leurs instances et, le lendemain matin, il allait porter au Maréchal son acceptation résignée. Les négociations s'engagèrent aussitôt, en partie double, entre M. Buffet et ceux qu'il voulait prendre pour collaborateurs, entre le Maréchal et ceux que le Maréchal désirait voir entrer dans le futur Cabinet. Cette nouvelle incorrection n'était pas faite, on le comprend, pour faciliter la tâche de M. Buffet, ni pour lui donner la confiance, qui est un élément indispensable de succès dans ces sortes de missions.
M. Buffet avait de prime abord accepté de conserver le duc Decazes aux Affaires Étrangères, le général de Cissey à la Guerre et il voulait prendre pour collègues aux Sceaux et à l'Instruction Publique deux des principaux artisans des lois constitutionnelles, M. Dufaure et M. Wallon. Le Maréchal,