‹ Histoire de la troisième république (volume 3)Chapitre 6 sur 230 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

si, de loin en loin, une question soigneusement limitée est posée à notre office des Affaires Étrangères : le ministre répond qu'il saura faire respecter Thonneur, la dignité et les intérêts de la France ; chacun se déclare satisfait, sinon éclairé, et, pendant de longs mois, il n'est plus question des affaires du dehors.

Cette réserve excessive de notre Parlement oblige Thistorien à se renfermer presque exclusivement dans le récit de la politique intérieure. Il faut reconnaître, d'ailleurs, que sous la Présidence du Maréchal, dans cette période de fondation, dans ce pénible enfantement de la République, l'intérêt de l'histoire intérieure prime celui de l'histoire extérieure. Le cruel traité de Francfort a fixé pour plusieurs années notre situation, en face de l'Europe, dans nos frontières réduites et borné notre influence au dehors. Les Constitutions provisoires de 1871 et de 1873 n'ont pas fixé notre situation politique ni € déterminé Têlre » que serait la France. Même à la suite du 25 Février 1875, il faut que la République conquière le Sénat après la Chambre, et la Présidence après le Sénat. C'est seulement au lendemain de la retraite du Maréchal que la Démocratie victorieuse est vraiment responsable des destinées de la France. La résistance des anciens partis, appuyés sur le cléricalisme, à ces progrès de la Démocratie résume toute l'histoire de la seconde Présidence. Elle a été un temps d'arrêt, entre la République conservatrice de M. Thiers et la République républicaine de M. Grévy.

La coalition monarchique et cléricale a retardé de près de six ans le triomphe des institutions que l'on peut nommer, comme les libertés, si bien définies par M. Thiers, les institutions nécessaires de la France moderne. Elle Ta retardé, en faisant vivre au jour le jour, sans dignité et sans grandeur, et durer au delà des limites raisonnables, sous la protection de l^épée d'un glorieux soldat, d'abord une Assemblée épuisée, ensuite

XU UTSTOIRE DE LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE

un Gouvernement équivoque, soutenu par un parti que Gambetta et M. Dufaure ont appelé, avec tant de justesse, < le parti sans nom ». Une sorte de Dictature occulte, exercée sous le contrôle illusoire du Chef de TEtat, par des fondés de pouvoir qui n'avaient ni sa franchise ni son prestige militaire, exercée d'abord contre la majorité de TAssemblée qui voulait la Monarchie, ensuite contre la même majorité qui se résignait au Septennat personnel, enfin contre la majorité de la Chambre qui voulait la République, et toujours contre la majorité de la nation qui voulait le repos et le libre développement de toutes ses facultés, dans la paix civile, telle fut la < Présidence du Maréchal ».

E. Zevort.

Cacn, le l" Octobre 1806.

DE LA

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