‹ Histoire de la troisième république (volume 3)Chapitre 70 sur 230 · LE MINISTÈRE BUFFET (10 Mars 1875-10 Mars 1S · texte numérisé non relu

LE MINISTÈRE BUFFET (10 Mars 1875-10 Mars 1S

La première lecture de la loi électorale avait eu lieu au mois de Juin 1874 . La discussion s'était engagée, à cette époque, sur le rapport présenté au nom de Tancienne Commission des Trente que présidait M. Batbie. La nouvelle Commission avait désigné deux rapporteurs, MM. de Marcère et Ricard, et porté tout son effort sur un seul point : le maintien du scrutin de liste. Tous les Républicains, sauf MM. Dufaure et Léon Say, votaient pour le scrutin de liste ; tous les Réactionnaires, sauf une poignée de Bonapartistes, votaient pour le scrutin d'arrondissement. La controverse entre les deux scrutins remplissait les journaux, depuis plus de six mois. A la veille de la discussion, M. Bardoux, soussecrétaire d'Etat de la Justice, avait donné sa démission, afin de réserver sa liberté et de voter pour la liste. Le Centre Gauche lui avait témoigné sa confiance et sa gratitude en le portant, à l'unanimité, à la présidence du groupe.

La deuxième délibération commença le 8 Novembre ; elle continua le 10 et le 11. C'est le 10 que l'article 14, qui traitait du vote uninominal ou plurinominal, vint en discussion. Le premier jour, M. Lefèvre-Pontalis défendit le scrutin d'arrondissement, en reprochant au scrutin de liste de favoriser l'élection d'une foule d'inconnus, sous l'égide d'un seul candidat ayant quelque prestige^ Il appelait ce candidat, avec beaucoup de justesse, le candidat remorqueur. M. Luro aurait préféré la liste parce que, dans les circonstances où allait se produire l'élection, elle permettait l'alliance de tous les Constitutionnels, qui se feraient de mutuelles concessions. Le 11 Novembre le rapporteur, M. Ricard, défendit la liste, comme M. Luro Tavait fait la veille, en essayant de prouver qu'elle serait plus favorable aux modérés que le vote sur un seul nom. C'est M. Dufaure qui, le premier, mit la question sur son vrai terrain et présenta une apologie décisive du scrutin d'arrondissement : il

Page 1